ApoL, I, 65, 67 {P. G., t. VI, col
l'eucharistie. 285
■TCTWjJLaxa 'J[xwv, OTitoç xaGxpà y, Ouo'ia 'juiwv r, (XIV, i). Les prières eucharistiques devaient donc être récitées après l'agape : c'est l'indice d'une haute antiquité ; car l'usage de célébrer l'agape liturgique (^) en même temps que l'Eucharistie, usage auquel S. Paul fait allusion (2), était tombé en désuétude au 11^ siècle. En effet, la lettre de Pline à Trajan parle de deux réunions différentes que les chrétiens faisaient chaque dimanche, et dont l'une avait pour but de prendre le repas en commun (3). S. Ignace d'Antioche dit que l'Eucharistie pouvait être célébrée en l'absence de l'évêque, non l'agape : « Valida Eucharistia habeatur illa, quae sub episcopo peragitur, vel sub eo cui ipse concesserit... Non licet sine episcopo neque baptizare neque agapen celebrare. » (4) On sent la même distinction dans la i'^ Apologie de S. Justin. Donc vers l'an 1 10, dans plusieurs Églises au moins, l'Eucharistie était séparée de l'agape. Donc la A'.oayV, est tout au plus de la fin du I^"^ siècle. La hiérarchie ecclésiastique n'était pas encore très développée ; on parie seulement de l'évêque, des diacres, et de ceux qui prophétisaient.
La célèbre Apologie de S. Justin fournit une description plus complète de la liturgie eucharistique telle qu'elle se pratiquait vers 155 (5). L'Eucharistie est appelée la nourriture céleste du corps de Jésus-Christ. Il est question du mélange de vin et d'eau, le /épao-iJ-a, S. Justin parle de la consécration à peu près dans les mêmes termes que S. Paul ; la loi du secret devait être un peu relâchée dans les périodes de tranquillité. Les prières qui précèdent et suivent la communion sont mentionnées, ainsi que le baiser de paix. La communion ne l'est pas, mais elle est rappelée dans d'autres documents,
1. L'agape funéraire, qui est une institution toute différente, se maintint jusqu'au IV^ siècle et même au V*^.