XXVI INTRODUCTION
Les Itinéraires du VIP siècle peuvent être considérés comme la clef des catacombes romaines. Malgré la date tardive de leur composition, ils nous ont conservé de précieux renseignements sur l'origine des catacombes, les tombeaux des martyrs ; ils nous permettent, non seulement d'établir la topographie, mais encore de reconstituer l'histoire des anciens cimetières, d'en faire une classification chronologique, de distinguer dans chaque catacombe les régions plus anciennes et celles qui sont plus récentes. On connaît, par exemple, la haute antiquité du cimetière de Priscille quand on sait qu'il avait reçu les corps de Pudens, Pudentienne, Aquila et Prisca. Au VI I^ siècle, les catacombes étaient encore bien conservées et très visitées : les pèlerins ont donc pu remarquer et enregistrer beaucoup de détails qu'il serait impossible de relever aujourd'hui.
Le plus connu de ces Itinéraires, le plus récent comme rédaction, puisqu'il est du XII« siècle, est celui qui porte le nom de Guillaume de Malmesbury ; cet écrivain le donne dans ses Gesta reguni A^igloruvi. Il fut rédigé, peut-être pour l'usage des croisés, sur un Itinéraire beaucoup plus ancien ; aussi mentionne-t-il toutes les catacombes, quoique la plupart, au XII^ siècle, fussent bien oubliées. Avec une exactitude irréprochable, il indique toutes les portes de Rome, les voies qui en sortent, et donne assez justement la position de chaque cimetière (f). C'est le seul Itinéraire qu'ait connu Bosio ; il semble même qu'il l'ait étudié assez tard, et il s'en est peu servi.
Un second Itinéraire, trouvé dans la bibliothèque du monastère d'Einsiedeln, a été publié par IMabillon (2); c'est Vltinéraire d'Einsiedehi ou Ano7iyme de Mabillon.W a pour auteur un pèlerin de l'époque de Charlemagne qui a visité Rome personnellement, copié plusieurs inscriptions chrétiennes et païennes, et qui fait même la description des principaux monuments et des cérémonies romaines de la Semaine Sainte. Un autre Itinéraire, le De locis SS . Martyrum quae siint foris