Bosio, Ronia sotterranea, 1. II, c
5. Tout récemment Mgr lMg2.r\, Le lieu du crucifiement de S. Pierre (Tours, 1898), a repris et développé les arguments favorables au Janicule. Son livre, s'il témoigne du talent et des recherches consciencieuses, ne réussit cependant pas à réfuter l'opirùon contraire. Je reviendrai sur cette question à propos de la description du cimetière du Vatican.
Quant à l'histoire de la séparation des deux Apôtres sur la voie d'Ostie, elle est purement légendaire et invraisemblable. Celle du « Domine quo vadis » (i) n'est guère plus solide, au moins dans ses détails.
L'apostolat de S. Paul s'exerça à Rome dans le même temps que celui de S. Pierre.
L'Epître aux Romains est de l'an 58. L'Apôtre lui-même la suivit de près, peut-être en septembre ou octobre 61. Accusé par les Juifs devant le gouverneur Faustus, il en avait appelé à César (-). Il s'embarqua donc pour Rome ; son voyage a été raconté par S. Luc en détail et avec une grande exactitude (3). Après un naufrage, il aborda à Pouzzoles, d'où il se dirigea immédiatement vers la capitale. Il a sans aucun doute suivi la Via Appia. Les y^^/^i" mentionnent deux points situés sur cette voie: le « Forum Appii » et les « Très Tabernae ». Les fouilles exécutées sous Pie VI ont permis de reconnaître l'emplacement du « Forum Appii » entre Velletri et Terracina ; d'autre part Nibby a pu déterminer la position géographique des « Très Tabernae », qui devinrent dans la suite une localité importante et même, au V* siècle, une ville épiscopale.
L'Apôtre est donc entré dans la ville par la Porte Capène. D'après les Actes, il demeura pendant deux ans dans une maison particulière qui lui servait comme de prison et où on lui laissait toutefois une certaine liberté. S. Luc ne précise pas davantage. On a prétendu conserver à S. Maria in via Lata le souvenir de ce séjour de S. Paul ; mais aucun document ancien n'appuie cette opinion. Les ruines que l'on voit dans le souterrain de l'église sont plutôt celles des murs des Comices, *i Septa Julii ». On construisit au milieu de ces ruines un oratoire dédié à S. Martial et orné de peintures au VII' ou au VI II" siècle. En mémoire des relations que l'on pensait avoir existé entre ce Saint et les Apôtres, on représenta dans son oratoire les images de S. Pierre et de S. Paul : de là naquit la tradition du séjour de S. Paul en cet endroit. Le premier récit dans lequel on la trouve consignée ne remonte