‹ Éléments d'archéology chrétienneChapitre 56 sur 334 · Hist, V · texte numérisé non relu

Hist, V

l6 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.

arrêtés, puis une vraie multitude (') ; les condamnations se multiplièrent contre ces prétendus « incendiaires et ennemis du genre humain ». Alors commencèrent des fêtes horribles dont le cirque et les jardins du Vatican furent le théâtre : on vit des chrétiennes exposées aux bêtes sous des déguisements mythologiques, des chrétiens revêtus de peaux et chassés comme un gibier par des chiens, puis enduits de poix, crucifiés et allumés en guise de flambeaux.

Plusieurs auteurs font allusion à celte persécution. S. Clément, peut-être témoin oculaire, parle de « l'exemple admirable donné au milieu de nous par une foule nombreuse d'élus,... par ces nobles femmes, ces Danaïdes et ces Dircées )) (2), Il semble bien que S. Pierre lui-même ait en vue ces circonstances terribles quand il exhorte les fidèles de l'Asie- Mineure à la force, à la patience dans les épreuves, et date de Babylone la lettre qu'il écrit de Rome (3). Le mot -ùpwo-'.ç, dont il se sert, ne serait-il pas, suivant la remarque de M. P. AUard ('^), comme « un reflet des torches vivantes du Vatican »? — Sénèque, le maître de Néron, doit aussi penser aux premiers héros du christianisme, lorsqu'il fait l'éloge de ces hommes que l'on a vus mourir au milieu des tourments avec sérénité, même avec joie et en souriant (5).

Il est vraisemblable que la persécution s'étendit à tout l'empire. L'incendie de Rome n'était qu'un prétexte. En réalité les chrétiens étaient considérés comme les ennemis du genre humain, « odio humani generis convicti ». Cette im-

1. « Primum correpti qui fatebantur, deinde indicioeoram multitudo ingens, haud période in crimine incendii quam odio humani generis convicti sunt. » Tacite, Ann., XV, 44. — Nous ne croyons pas avoir besoin de défendre l'authenticité de ce récit contre les négations de M. Hochart. Cf. Douais, La persécution des chrétiens de Home en Fannée 6/, dans la Kev. des questions historiques, t. XXXVIII,

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