‹ Éléments d'archéology chrétienneChapitre 65 sur 334 · LES PERSECUTIONS DU 11^ SIECLE · texte numérisé non relu

LES PERSECUTIONS DU 11^ SIECLE

§ I. Persécution de Trajan.

ON pouvait attendre d'un prince comme Trajan plus de justice envers les chrétiens que n'en avaient montré Néron etDomitien.Et en effet au commencementde son règne, il ne s'occupa pas d'eux. Mais quand, en m, Pline le Jeune, gouverneur de la Bithynie, lui demanda des instructions sur la conduite à tenir envers les chrétiens, très nombreux dans cette province (^), l'empereur répondit par ce singulier rescrit : « Conquirendi non sunt ; si deferantur et arguantur, puniendi sunt : ita tamen ut qui negaverit se christianum esse idque re ipsa manifestum fecerit, id est, supplicando diis nostris, quamvis suspectus in praeteritum fuerit, veniam ex poenitentia impetret. Sine auctore vero propositi libelli, nullo crimine locum haberedebent: nam et pessimi exempH, nec nostri saeculi est. »

C'est le premier acte officiel que nous possédions. Le rescrit suppose une loi déjà existante ; mais le texte de cette loi est perdu. Sans doute Néron avait défendu aux chrétiens d'exister comme société, promulguant le premier le principe qui devait être invoqué si souvent au temps de Tertullien : « Non licet esse vos {-). » Quoi qu'il en soit, la lettre de Trajan constitua le droit à l'égard des chrétiens, jusqu'à son

1. Epist. X, 97, 98. Cf. J. Variot, Les lettres de Pline le Jeune, dans la Rev. des Questions historiques, t. XXIV, p. 80-153.

2. ApoL, IV [P. L., t. I, col. 285). — M. Mommsen (Der Religionsfrevel nack roetniscken Recht, dans la Historische '/.eitschrift, t. LXIV, p. 389) nie qu'il y ait jamais eu de loi spéciale contre les chrétiens. D'après lui, les anciennes lois suffisaient pour les condamner. Ainsi, en refusant de jurer par le génie de l'empereur, ils otïensaient la « majestas imperatoris», ils se rendaient coupables du crime de lèse-majesté; en professant une religion étrangère, ils tombaient sous le coup des lois qui punissaient la forfaiture à la patrie, et des gouverneurs souvent trop zélés ne manquèrent pas de les leur appliquer. — Cf. Duchesne, Les origines chrétiennes, c. IX.

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