‹ Éléments d'archéology chrétienneChapitre 70 sur 334 · Serm. 134 (P. L., t. LU, col · texte numérisé non relu

Serm. 134 (P. L., t. LU, col

orna d'inscriptions. On a trouvé la dédicace placée sur celui de S. Janvier « BEATISSIMO MARTYRI lANVARIO DAMASVS EPISCOPVS FECIT. » Le texte des deux inscriptions composées en l'honneur de la mère ne nous est connu que par les anciens manuscrits. Le tombeau de Ste Félicité, ignoré jusqu'à ces dernières années, a été découvert en 1884. Une petite basilique souterraine avait été construite à l'époque de la paix ; au fond de l'abside, une peinture du VII^ siècle, très endommagée, représente Ste Félicité avec ses sept fils, et donne leurs noms (^).

A la seconde phase de la persécution de Marc-Aurèle (177) se rattache le martyre de Ste Cécile.

Les Actes de Ste Cécile ont été publiés par Bosio au commencement du XYII^ siècle et par Laderchi dans la première moitié du XYIII^. Ils présentent, il est vrai, une forme légendaire, et leur texte actuel n'est pas antérieur au V^ siècle; mais ils ont certainement été rédigés sur un texte plus ancien. Ste Cécile était une grande dame romaine, de famille sénatoriale, appartenant à la noble « gens Caecilia ». Elle fut instruite de la vraie religion dès son enfance : la branche à laquelle elle appartenait était donc déjà chrétienne, comme plusieurs autres familles nobles de cette époque. Mariée cependant à un païen, Valérien, contre sa volonté et malgré son vœu de virginité, elle convertit son époux et son beau-frère, et fit de sa nouvelle famille une famille de martyrs. Valérien et Tiburce furent mis à mort et déposés au cimetière de Prétextât. Bientôt après, elle-même fut accusée, condamnée à mourir étouffée dans sa salle de bain, que l'on voit encore au Transtévère, et finalement décapitée. Les chrétiens transportèrent son corps au cimetière de sa famille, sur la via Appia. Les Actes ne donnent pas le nom de l'empereur alors régnant, mais ils parlent d'un «Urbanus papa » qui baptisa Valérien et enterra Ste Cécile. On a cru qu'il s'agissait du pape S. Urbain, et que par conséquent le martyre de Ste Cécile avait eu lieu sous Alexandre Sévère.

I. Cf. de Rossi, Bulleltino, 1863, p. 20-22, 41 sq. ; — 1884, p. 149-185.

M. de Rossi (i) le fait remonter plus haut, à la persécution de Marc-Aurèle. En effet les Actes parlent d'une grande persécution ; or il n'y en eut pas sous Alexandre Sévère, qui fut au contraire favorable aux chrétiens. Ils parlent de deux empereurs ; or Alexandre Sévère régna seul, tandis que Marc-Aurèle régna avec Commode. Le texte des rescrits impériaux qu'ils citent est identique au rescrit de Marc- Aurèle au gouvernement de Lyon, rescrit qui a été conservé par Eusèbe (2). Enfin le martyrologe d' Adon dit positivement : « Passa est autem beata virgo, Marci Aurelii et Commodi imperatorum temporibus. » Ste Cécile aurait donc subi le martyre en 177, et l'évêque Urbain dont il est question ne serait pas le pape S. Urbain, mais un autre évêque du même nom, celui qui fut ensuite enterré au cimetière de Prétextât. Le cimetière où fut déposé le corps de Ste Cécile était une propriété funéraire privée, qui, donnée à l'Église, allait devenir bientôt le grand cimetière papal de la voie Appienne (3).

Les martyrs de Lyon moururent la même année que Ste Cécile. La Lettre des Églises de Lyon et Vienne aux Églises de l'Asie Mineure, dans laquelle est rapporté cet épisode, compte parmi les monuments les plus précieux de la littérature chrétienne primitive (4), On voit que l'Église de Lyon était déjà constituée et entretenait des relations avec l'Orient.

Les Actes de S. Épipode et de S. Alexandre se rapportent aussi à cette persécution, mais leur authenticité est douteuse.

Les martyrs africains de Scillium (5) ont été mis à mort à la fin du règne de Marc-Aurèle (179) ou au commencement du règne de Commode (180). Cet empereur en effet continua la persécution ; c'est en Afrique qu'elle fut le plus cruelle. A Rome il y eut un martyr célèbre, le sénateur Apollonius,

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