‹ Éléments d'archéology chrétienneChapitre 69 sur 334 · ApoL, 5. (P. L., t. I, col · texte numérisé non relu

ApoL, 5. (P. L., t. I, col

3. Nous n'avons plus l'original de cette lettre, mais seulement une recomposition postérieure.

portait déjà; peut-être l'empereur proclama-t-il que la Légion, dans cette circonstance, l'avait honorablement justifié.

La persécution de Marc-Aurèle fut longue et cruelle. Dans sa première phase (vers 164), se place le martyre de SteFélicité et de ses sept fils. Les Actes qui le relatent figurent dans la collection de Ruinart ; MM. de Rossi (i) et Doulcet les considèrent comme authentiques ; Tillemont les juge très anciens ; d'autres auteurs, comme M. Fuhrer (2), prétendent qu'ils sont seulement du VI^ siècle. Quelle que soit d'ailleurs la valeur de ces Actes, les principaux traits de la passion de Ste Félicité s'établissent sur des données épigraphiques, liturgiques et archéologiques, d'une autorité incontestable. Les Actes parlent de deux empereurs romains, dont un seul était présent à Rome, et du préfet de la ville appelé Publius. Or Publius Salvius Julianus a été préfet de Rome en 162 ; cette même année, Marc-Aurèle et Lucius Verus étaient empereurs, Marc-Aurèle résidant à Rome, et son collègue en Orient. Les sept frères furent martyrisés sous les yeux de leur mère et enterrés par groupes. S. Pierre Chrysologue a fait d'eux un éloquent éloge : « Discurrebat laetior inter confessa cadavera quam inter cunabula cara filiorum, dit-il de Félicité : quia internis oculis tôt cernebat bravia quot vulnera, quot tormenta tôt praemia, quot victimas tôt coronas (3). » Le calendrier Philocalien indique les groupes des martyrs : Félix et Philippe, enterrés à Priscille ; Martial, Vital, Alexandre, «in coemeterio Jordanorum », au cimetière de Thrason ou de Saturnin ; S. Janvier, l'aîné, au cimetière de Prétextât, sur la voie Appienne ; Silanus, le dernier, enterré avec sa mère au cimetière de Maxime, sur la via Salaria. Rome professa une très grande vénération pour ces martyrs. Le jour anniversaire de leur mort (10 juillet) était appelé simplement « dies Martyrum ». Sur les tombeaux des sept fils furent érigés des monuments que S. Damase

1. Cf. Bullettino, 1863, p. 19'; — Doulcet, Essai sur les rapports de T Église chrétienne avec l'État romain pendant les trois premiers siècles, p. 187 sq.

2. Fuhrer, Ein Beitrag zitr Loesnng der Felicitasfrage, 1890. M. Duchesne [Liber pontif., t. I, p. ci) professe une opinion semblable.

Page 1