‹ Éléments d'archéology chrétienneChapitre 80 sur 334 · Epitom · texte numérisé non relu

Epitom

3. Aiirelian., 42. — \J Historia auousta est aujourd'hui l'objet de nombreuses études critiques. Plusieurs auteurs allemands la regardent comme apocryphe ; M. Dessau ne veut y voir qu'une falsification du V^ siècle. On s'accorde généralement à rejeter cette opinion extrême. Toutefois il est vraiment démontré qu'au.x faits proprement historiques sont mêlés des documents légendaires, à peu près comme dans les Actes des Martyrs.

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temps que celle de S. Sébastien, qui appartient à une autre année: « Fabiani in Calixti, Sebastiani in catacumbas», dit-il. L'inscription de S. Fabien existe encore dans la chapelle des Papes: <Ï>ABIA>Î0C GIII M^. Le monogramme W est postérieur au reste de l'inscription ; il est visiblement d'une main différente ; sans doute il fut ajouté lorsque l'Église reconnut officiellement le martyre de Fabien, le déclara «martyr vindicatus », et permit de lui rendre un culte public. Il y avait, dès le III^ siècle, une sorte de canonisation ; plusieurs fois on reprocha à des chrétiens d'avoir honoré des défunts dont le martyre était supposé, mais non encore prouvé (i).

Après la mort de S. Fabien, l'Eglise romaine resta sans pasteur pendant plus d'un an, probablement jusqu'en juin 251. Dans cet intervalle, il y eut beaucoup de martyrs. Les plus illustres sont S. Calocère et S. Partène, esclaves du consul Aemilianus et éducateurs de sa fille Anatolie. Leur histoire a des analogies avec celle des SS. Nérée et Achillée, esclaves de Ste Domitille. Les Actes mentionnent leur mort à la date de 250, « Decio et Grato conss. » Le calendrier libérien donne au contraire la date de 304, « Diocletiano IX et Maximiano VIII conss. )) Cette seconde date doit rappeler une translation des reliques des deux martyrs dans le cimetière de Calixte (2). Leurs noms se lisent tracés à la pointe sur une paroi de la chapelle où ils furent déposés.

La persécution se répandit partout, en Italie, en Sicile, en

1. « Ce n'était point sans de longues enquêtes, sans un sérieux concours de témoignages, que l'on inscrivait , aux temps antiques, un nom sur la liste des martyrs. Lorsqu'un fidèle mourait dans les supplices, condamné par le juge païen, une information s'ouvrait ; était-ce bien pour la seule foi du Christ qu'il avait été mis à mort ? Avait-il su trouver la force de persister jusqu'à son dernier souffle ? X'avait-il pas par quelque violence défié ses persécuteurs ? C'étaient là autant de points que l'Eglise s'appliquait à élucider, avant d'appeler sur un de ses fils la vénération de tous. Plusieurs causes rendaient indispensable une telle enquête : l'erreur ou le mauvais vouloir des païens, celui des hérétiques, la simplicité des fidèles.... Devancer le jugement de l'Eglise dans la vénération d'un mort était chose grave et condamnée; et S. Optât nous dit l'histoire d'une femme que réprimanda le diacre Caecilianus, pour le culte qu'elle rendait aux rehques d'un homme peut-être mort martyr, mais qui n'avait pas encore été déclaré tel : « Nescio cujus hominis, et si martyris, sed nondum declarati. » Le Blant, Les perséciitettrs et les martyrs aux premiers siècles de notre ère, c. X.

2. Le jour est encore plus incertain que l'année. Le Martyrologe hiironymien les nomme cinq fois : m id. febr. , xiiii kal. mai., xvi et xiiii kal. jun., Xiii kal. aug.

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Espagne, dans les Gaules, où il faut mentionner, parmi les martyrs, S. Saturnin, évêque de Toulouse. Plusieurs chrétiens apostasièrent, même des prêtres et des évêques. Nous savons par S. Cyprien (^) que Basilide, évêque de Léon sacrifia aux idoles ; que Martial, évêque d'Emerita, eut des relations avec les païens et laissa enterrer son fils dans un de leurs collèges funéraires. L'horreur qu'inspira ce dernier fait montre combien les chrétiens craignaient de mélanger leurs tombeaux à ceux des païens.

C'est en Afrique, à Carthage, que les apostats furent le plus nombreux. S. Cyprien a écrit à leur occasion son traité De lapsis. Ces faibles chrétiens ne péchèrent pas tous de la même manière. Les uns, les « sacrificarii », immolèrent aux idoles ; les autres, les « thuriferarii », offrirent de l'encens ; d'autres, les « libellatici », se contentaient d'acheter une déclaration attestant qu'ils avaient sacrifié, bien qu'ils ne l'eussent pas fait réellement. Parmi les nombreux papyrus coptes, grecs, latins, recueillis récemment en Egypte, on a découvert un fragment d'un de ces « libelli » ; M. Krebs l'a publié en 1893 (^)- Ce papyrus a 20=^ sur 8^^ ; il est écrit en grec. C'est une instance par laquelle Diogenos Aurelios, fils de Satibos, demande à la commission des sacrifices de la petite ville d'Alexandrounesos l'attestation qu'il a sacrifié aux dieux et mangé la chair de la victime ; la date, indiquée d'après l'ère locale, correspond au 6 juin 250.

Cet important document rend bien compte des expressions : « libellum accipere, libellum tradere ».

En Egypte, oià il nous transporte, la persécution sévit avec une grande intensité. Alexandrie en fut le centre. On rencontrait dans cette ville un mélange de superstitions grecques, romaines, égyptiennes ; ces dernières avaient peut-être été relevées, à l'époque de Dèce, pour faire opposition, aux chrétiens : cet empereur en effet est jusqu'à présent le dernier dont le nom se lise dans les hiéroglyphes. Les chrétiens

r. Ep. de Basilide et Mart. (P. L., t. III, col. 1029-1030).

2. Dans les Sitzuti gsberichte der kôniglichenAkademieder Wissetischaften de Berlin, 1893, p. 1007-10014. Cf. P. Franchi de' Cavalieri, Due hbelli originali di libellatici, dans le Nuovo bulleltino di archeologia crisiiana, 1895, p. 68-73.

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s'enfuirent en grand nombre. C'est alors que S. Paul fonda la vie érémitique.

L'an 251, comme les Goths avançaient toujours, Dèce alla les combattre en personne. Il montra un grand courage, et mourut dans cette guerre. Son successeur, Gallus, associa à

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LIBELLUS DE DIOGENOS AURELIOS.

l'empire Volusien. La persécution continua. Au mois de juin 251, les chrétiens élurent pape S. Corneille, un membre ou un affranchi de la « gens Cornelia », si célèbre dans l'antiquité. C'est le premier pape qui porte le nom d'une ancienne famille romaine ; car la parenté de S. Clément avec les Flavii

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Clémentes est douteuse. L'élection de S. Corneille fut troublée par le schisme des partisans de Novatien. Cette secte devait bientôt former une vraie communauté à part ; elle posséda à Rome des cimetières, et pour les consacrer ne craignit pas de voler les restes des martyrs, entre autres le corps de S. Silanus, dernier fils de Ste Félicité. Le pontificat même de Corneille fut court. Pendant la persécution de Gallus, le pape fut exilé à Centumcellae (Civita-Vecchia), où il mourut (253). Ses cruelles souffrances le firent honorer comme martyr. Son corps, rapporté au cimetière de Calixte, ne fut pas placé dans la chapelle des papes, mais dans un autre caveau, probablement celui de sa famille ; son inscription funéraire est en latin, tandis que celles des autres papes du même cimetière sont en grec. Un fragment de cette inscription, trouvé près de la voie Appienne, fit soupçonner à M. de Rossi le voisinage du cimetière de St-Calixte. C'est alors que l'illustre archéologue commença les fouilles qui devaient aboutir à tant de merveilleuses découvertes.

§ IV. Persécution de Yalérien.

Pendant les premières années du règne de Valérien, l'Église recouvra un peu de tranquillité. Avec l'autorisation de l'empereur, le pape Lucius revint de l'exil ; il ne quitta plus Rome jusqu'à l'année 254, qui fut celle de sa mort. Il fut enterré à St-Calixte, où l'on a retrouvé,brisée,son inscription funéraire. On l'a considéré comme martyr, à cause des souffrances de sa captivité, mais il ne semble pas qu'il soit mort de mort violente.

La persécution ne tarda pas à reprendre, aussi cruelle que jamais.Valérien promulgua deux édits.l'un en 257,rautre l'année suivante, ainsi que l'attestent les Actes de S. Cyprien (j-). Il confisquait les cimetières chrétiens et défendait aux fidèles d'y pénétrer. Malgré cette prohibition, jusque-là sans exemple, ceux-ci continuèrent à fréquenter leurs cimetières,

!■ P. L., t. III, col. 14971506.

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