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PERSÉCUTION DE VALÉRIEN

les arcosoles qui l'entourent, est partagé en deux par une pierre, comme pour recevoir deux corps; à l'intérieur on voit des peintures du IV^ siècle représentant les apôtres. De plus si l'autel du milieu de la basilique était sur le tombeau de S. Pierre et de S. Paul, il devrait y avoir une confession ; or à cet endroit, sous le pavé de la basilique, on ne peut trouver que les anciennes galeries de la catacombe. Cet autel était sans doute un autel secondaire, qui contenait quelque souvenir des SS. apôtres.

Les reliques restèrent à la Piatonia un an environ. Elles furent transportées ensuite, celles de S. Pierre au .Vatican, celles de S. Paul sur la voie d'Ostie. Cette nouvelle translation eut lieu probablement sous le règne dé Gallien (i).

L'Église d'Afrique ne fut pas moins éprouvée que l'Église de Rome. Elle perdit l'illustre évéque de Carthage, S. Cyprien. Les Actes de S. Cyprien sont authentiques, ils se composent d'extraits du procès-verbal du jugement, réunis par un témoin, le diacre Pontius. Les chrétiens de Carthage firent une grande procession pour honorer les restes des martyrs : « Cum cereis et scolacibus. . ., cum voto et triumpho magno (2). » On avait donc, malgré la persécution, toute liberté de transporter les corps des chrétiens. Toutefois S. Cyprien fut déposé dans un cimetière privé, « in area Macrobii Candidiani » : le cimetière commun avait été confisqué comme à Rome. L'expression « cum voto » est une allusion au rite des funérailles ; elle se retrouve dans plusieurs inscriptions, par exemple, dans celle de Januaria, qui est au Vatican :

lAWARIE BIRGINl BENEMERENTI IX PAGE ROTIS DEPOSITA

Le souvenir de S. Cyprien est resté très célèbre. A Rome, on avait ce martyr en grande vénération, surtout dans lecime-

1. M. Duchesne (Liber pont., I, p. civ) la retarde jusqu'à l'époque de Constantin.

2. P. L., t. III, col. 1505. — Cf. Ruinart, Acta sincera primoruiii wartyruvi.

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tière de St-Calixte, où reposaient les papes avec lesquels il avait été en relation. Au VI<^ siècle, on y représenta même son image auprès de celle de S. Corneille, ce qui fit croire à un pèlerin que les deux saints étaient dans le mênne tombeau. En 260, Valérien fut fait prisonnier par Sapor, roi de Perse. Gallien, son fils et son successeur, fut un empereur lâche et cruel. La période de son règne est celle qu'on appelle des trente tyrans. L'empire se morcela en plusieurs gouvernements, dont un des principaux fut l'empire gallo-romain, avec Trêves pour capitale. Mais, à l'exemple de Commode, Gallien se montra favorable aux chrétiens.Peut-étre le dut-il à l'influence de sa femme Salonina, gagnée elle-même à la vraie foi ('). Un édit, cité par Eusèbe (2), arrêta la persécution et restitua aux chrétiens leurs cimetières. Le pape Denys, qui avait été élu un an après la mort de S. Sixte II, fit alors une nouvelle organisation des titres et des cimetières communs : « Hic presbyteris ecclesias divisit et cimiteria constituit, » dit le L ibe rpon tificalis.

% V. Persécutions de Claude et d'Au rélien.

Claude II le Gothique, successeur de Gallien, fut, comme Dèce, un prince vaillant, passionné pour la grandeur de Rome, et ennemi des chrétiens. Une nouvelle persécution commença, qui dura un an et demi (269-270). Pagi (3) et M. Aube ("^) l'ont niée ; D. Ruinart la passe sous silence; M. AUard (5) l'admet, et non sans motifs. Nous avons, en effet, outre le témoignage des Actes et des Martyrologes, cette affirmation des Actes des martyrs grecs, signalée par M. de Rossi C^), que la persécution recommença treize ans après celle de Valérien, c'est-à-dire en 269. Elle eut pour prétexte

1. Du moins les médailles de Salonina portent un mot qui semble l'indiquer : SALONINA AVG • IN PAGE.

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