‹ Éléments d'art et d'histoire militairesChapitre 10 sur 91 · COMPAGNIES · texte numérisé non relu

COMPAGNIES

D'élite. De fusiliers,

f Capitaine 1 1

Lieutenant 1 1

^ Sous-lieutenant 1 1

/ Sergent-major 1 i

' Serseuts 2 3

Caporal-fourrier 1 1

Troupe. . . < Caporaux 4 6

J Appointés 4 6

f Soldats 48 67

V Tambours 2 2

Total 65 89

On voit que la compagnie d' élite avait un plus faible effectif tjuela compagnie de fusiliers; mais devant l'ennemi l'égalité se rétablissait bientôt, parce que les grenadiers ou carabiniers tués ou faits prisonniers pouvaient se remplacer sur place en tirant des bommcs des autres compagnies, tandis que ces dernières ne pouvaient ainsi réparer leurs pertes.

La demi-brigade devait en outre comprendre une compagnie de canonniers composée de o officiers et 72 hommes de troupe, destinée à .servir six pièces de quatre. Il en résulte que la force totale de la demi-brigade montait à 2,/i3/i hommes. Cette artillerie régimentaire ne dura pas au reste au delà de 179Zi, et les canonniers des demi-brigades retournèrent aux régiments d'artillerie.

L'organisation de chaque demi-brigade en trois bataillons semble mieux se prêter aux évolutions et aux attaques vives, puisque le chef de brigade dispose ainsi d'un centre et de deux ailes bien déterminées et indépendantes : c'était alors une nouveauté dont on attribue l'idée à Guibert.

Les guerres que la France eut à soutenir donnèrent successivement lieu à l'augmentation du nombre des demi-brigades de ligne, qui alla jusqu'à. 230. Le Directoire le réduisit à 110 et porta la force du bataillon à 1,066 hommes, au lieu

PREMIÈRK PÉRIOOR RÉPURLICAINE. 67

•de 781 qu'elle eomplait dans l'organisalion de 170î^. Le Ijut de cet accroissemenl d'efleolif était de mettre le bataillon à même de présenter assez de consistance à l'ennemi après les réductions ([u'y opéraient naturellement les maladies et les blessures rendues fréquentes par nos guerres continuelles. Dans l'organisation du Directoire, il ne figure plus d'appointés dans les compagnies.

Le Premier Consul rétablit les dénominations de colonel et de régiment, qui remplacèrent celles de chef de brigade et de demi-brigade. L'infanterie française telle qu'il l'organisa comprenait, en 180^, 90 régiments d'infanterie de ligne et 27 régiments d'infanterie légère, chaque régiment ayant Il bataillons dont 3 en campagne et 1 de dépôt, et chaque bataillon se composant de 9 compagnies, dont 1 de grenadiers ou de carabiniers. Il existait un adjudant-major par bataillon. Un décret du 13 mars 1804 (22 ventôse an xii) créa une compagnie de voltigeurs dans chaque bataillon d'infanterie légère; un autre décret du 24 septembre suivant institua une semblable compagnie dans chaque bataillon d'infanterie de ligne. Les voltigeurs, choisis parmi les hommes de h pieds 11 pouces (1 ",63), devaient être armés de sabres et de fusils légers, et exercés au tir le plus juste et le plus prompt.

§ 6. Cavalerie. — Les régiments de cavalerie quittèrent en 1791, comme ceux d'infanterie, leurs anciens noms pour ne plus être distingués que par des numéros. Vers la fin de 1792 surgirent plusieurs corps de troupes légères à cheval, tels que les hussards de la liberté, les hussards de la mort, les hussards noirs. Ces corps improvisés furent promptement fondus dans divers régiments de l'arme.

Au mois d'octobre 1793, la cavalerie française se composait de :

{ 2 régiments de carabiniers.

Grosse cavalerie. } 1 régiment de cuirassiers. \^ 26 régiments de cavalerie.

!20 régiments de dragons.

23 régiments de chasseurs.

11 régiments de hussards.

68 PiîÉCIS DES INSTITUTIONS .MILITAIRES.

La composition de ces régiments fut fixée par un décret du 10 janvier 179h , qui établit un chef d'escadron et un adjudant sous-officier pour 2 escadrons.

Les 29 régiments de grosse cavalerie étaient chacun à h escadrons, Fescadron comprenant 2 compagnies de 86 hommes chacune. ïolal de l'escadron, 172 hommes, 16() chevaux; complet du légiment, 70/i hommes, 30 chevaux d'officier, 657 chevaux de troupe; force entière de la grosse cavalerie, 20,/il6 hommes.

Les bli régiments de cavalerie légère étaient chacun à 6 escadrons , l'escadron comprenant 2 compagnies de 116 hommes chacune. Total de l'escadron, 232 hommes, 22Zi chevaux; complet du régiment, 1,/ilO hommes, 56 chevaux d'olïicier, l,3Zi8 chevaux de troupe; force entière de la cavalerie légère, 76,1/iO hommes.

Le 8 janvier 1796, un arrêté du Directoire réduisit ;'i 51 le nombre des corps de cavalerie, savoir :

Cavalerie de bataille 20 régiments.

Dragons 12 —

Chasseurs 11 —

Hussards 8 —

Total 51 —

L'année 1803 vit une nouvelle création, celle d'une compagnie de guides interprètes pour Farmée d'Angleterre, com[)Osée d'hommes sachant parler et traduire l'anglais, et comptant 5 officiers et 112 hommes de troupe.

A la fin de 180/i, les 12 premiers régiments de cavalerie furent transformés en autant de régiments de cuirassiers qui prirent le casque et la cuirasse. Le nombre total de nos régiments de cavalerie fui alors porté à 78, savoir :

Carabiniers (de nouvelle création). 2 régiments.

Cuirassiers 12 —

Dragons 30 —

Chasseurs 24 —

Hussards 10 —

Total 78 —

pnKMiK!*." PKRionr, rkpi:blicvim:. GO

Chacun de ces réginicnls comprenait h escadrons do 2 compagnies.

§■ 7. Arlillerie. — Deux: créations nouvelles et accessoires de l'arme de l'artillerie signalent la première période républicaine : ce sont les pontonniers et le train d'artillerie.

Jusque-là les armées l'rançaises ti'ainaient à leur suite des ponlons, des chevalets, des radeaux, des pilotis, matériel fort lourd et embarrassant; les ponts nécessaires aux opérations étaient construits avec ce matériel par les soldats de l'artillerie qu'aidaient des paysans pris, moyennant réquisition, dans les villages voisins. Il en résultait que les travaux, à peine surveillés, se trouvaient mal exécutés et compromettaient le succès des marches. Pour remédier à cet inconvénient, on créa, le 7 mai 1795, un bataillon de pontonniers pour l'établissement et l'entretien des ponts de bateaux ; les autres ponts durent à l'avenir être construits sur place au moyen de matériaux tirés du pays.

A cette date de 1795, voici la composition de l'arme de l'artillerie, dans laquelle les régiments ont quitté le nom de la ville oij ils tenaient garnison pour être désignés par un simple numéro :

8 régiments d'artillerie à pied, de 20 compagnies chacun, la compagnie comprenant 5 officiers et 88 hommes de troupe;

8 régiments d'artillerie légère ou à cheval, forts de 6 compagnies chacun, la compagnie comprenant 3 officiers et 80 hommes de troupe;

12 compagnies d'ouvriers composées chacune de h officiers et 61 hommes de troupe ;

1 bataillon de pontonniers fort de 8 compagnies, chaque compagnie ayant 2 officiers et 72 hommes de troupe ;

13 compagnies de canonniers vétérans formant ensemble un effectif de 076 hommes ;

Un état-major de 226 officiers employés dans les places et les directions, savoir : 8 généraux de division, 12 généraux de brigade, 29 chefs de brigade, 33 chefs de bataillon, iMi capitaines;

Plus de 1,900 ouvriers artistes, dénominalion qui correspond à peu près au litre actuel d'ouvrier d'Etat ;

Enfin un grand nombre de compagnies de canonniers volontaires levées pour la défense des côtes.

Cette organisation de l'artillerie éprouva peu de modifications pendant la première période républicaine, sauf pour les pontonniers, qui furent successivement augmentés et portés au nombre de 16 compagnies, groupées en 1803 en deux régiments de pontonniers de 8 compagnies chacun. Ces régiments prirent. Tannée suivante, la dénomination de bataillons de pontonniers (1).

Voici comment fut amenée la création du train d'artillerie. Avant la Révolution, les charrois nécessaires aux armées se faisaient à l'entreprise et au moyen de marchés passés au moment d'entrer en campagne : c'est assez dire qu'ils offraient peu de certitude. Surprise et attaquée par de nombreuses et puissantes coalitions, la Convention manqua de temps pour organiser ce service, auquel le système des réquisitions les plus impérieuses fut chargé de pourvoir. C'est dans les expéditions d'Egypte et de Saint-Domingue qu'eurent lieu les premiers essais pour militariser les charrois de l'artillerie. Dès son entrée au pouvoir, le Premier Consul organisa en bataillons du train les charretiers des équipages d'artillerie (2/i décembre 1799). Chaque nouveau bataillon comprit 5 compagnies fortes ensemble de 3 officiers et 320 hommes. Ces trois officiers étaient un capitaine commandant le bataillon, un lieutenant et un quartier-maître. Un maréchal des logis chef se trouvait à la tête de chacune des compagnies. Le nombre des bataillons du train d'artillerie fut d'abord de 8; on le porta ensuite à 16. Les anciens conducteurs des charrois, soldats improvisés par la nouvelle institution, changèrent subitement de mœurs, d'habitudes, de pensées, et s'acquirent, par leur constance au milieu des^ dangers, une grande réputation de bravoure. Pour opérer

(1) Gay de Vernon, Traité d'art militaire el de fortification, t. I , p. il et 46.

cette métamorphose, « il ne fallut, suivant l'expression de Sainte-CIiapelle, qu'un changement de nom, qu'une épaulette, qu'un sabre, qu'une épée. »

Pendant cette période, le matériel de l'artillerie resta tel que Gribeauval l'avait fixé.

§ 8. Génie. — Le génie, comme l'artillerie, avait moins souflert de l'émigration que l'infanterie et la cavalerie ; néanmoins il perdit alors une partie de ses officiers, entre autres Bousmard , auteur d'un traité de fortification estimé. On remplaça les officiers du génie manquants par des ingénieurs des ponts et chaussées, des ingénieurs du cadastre, des architectes, auxquels on fit passer des examens d'épreuve. On eut aussi recours à des auxiliaires provisoires nommés adjoints, qui, après avoir satisfait à certains examens et à un temps voulu de service, entrèrent dans le corps. C'est ainsi que débuta dans la carrière Allent, auteur de V Histoire du coî'ps imj^érial du génie, mort général et conseiller d'État.

L'état-major du génie, fixé à 310 officiers en 1791, fut porté à A50 en 1795 ; en 1802, on le réduisit à 371, savoir :

37 colonels directeurs.

74 chefs de bataillon sous-directeurs.

220 capitaines.

40 lieutenants.

Total 371

Plus, 3 généraux de division et 6 généraux de brigade

La Convention créa les troupes du génie; le 23 octobre

1793, elle enleva les compagnies de mineurs à l'artillerie;

le 15 décembre suivant, elle enleva aussi à cette arme les

compagnies de sapeurs, puis elle plaça mineurs et sapeurs

sous les ordres des officiers du génie. A partir de cette

époque, le corps du génie, formé dun état-major et de

troupes, prit plus de consistance.

En 179/i, les troupes du génie compremùent 6 compagnies

de mineurs el 12 bataillons de sapeurs de 8 compagnies chacun, ce qui produisait l'efTeclif ci-dessous :

Miueurs. S.ipeurs 34 3

Troupe 380 18,9

Offlciers... 34 348= 382 )

En 1802, cet effectif se trouve réduit à 10,371 hommes ; il n'y a plus que 5 bataillons de sapeurs, et le nombre des compagnies de mineurs est porté à 9.

Les compagnies d'aérostiers, instituées sous la première République, faisaient partie de l'arme du génie. L'invention des premiers ballons remonte à 1783. Dès l'année 1789, Mauvillon proposait d'employer ces agents aériens pour reconnaître l'ennemi. Le Conn'lé de salut public résolut d'en faire des instrimienls de guerre de l'armée française et créa deux compagnies d'aérostiers. Ces compagnies employèrent des ballons de 10 mètres de diamètre, gonflés avec de l'hydrogène et retenus captifs au moyen de cordes longues de 5Zi0 mètres. Le principal essai de cette nouvelle milice eut lieu en 179Zi à la bataille de Fleurus (26 juin). Le ballon resta neuf heures en observation au-dessus du village de Jumel. Pendant tout ce temps, le capitaine Coutelle, placé dans la nacelle, examinait l'armée autrichienne, et envoyait, au moyen de cordes, des billets remplis de renseignements à notre général en chef Jourdan. Ces renseignements ne furent pas inutiles, et ce poste au milieu des airs effraya les soldats ennemis. Coutelle renouvela son expérience au siège de Mayence. s'éleva dans les airs à 300 mèlres au-dessus de la place, et découvrit les préparatifs des défenseurs. Le gonflement et la manœuvre des ballons exigeaient de grands et pénibles travaux ; aussi renonça-t-on à leur emploi, qui n'avait procuré que des résultats douteux, et dès l'an viii (1800) les deux compagnies d'aérostiers n'existaient plus.

§ 9. Garde du gouvcriieinenL — La maison militaire du Roi fut remplacée, en 1791, par la garde constitutionnelle, forte de 1,200 fantassins et 600 cavaliers, laquelle fit le ser-

PRLMIÈIU-: PÉUIODE Ki:i>l BLICAINE. 73

vice auprès de la personne de Louis XVI jusqu'en ^792. A la déchéance de la royauté, la Convention se fornna une garde d'une, puis de deux compagnies, désignée sous le titre de groKidiers-gcudm'mes près la représentation nationale , et ayant pour but moins de défendre l'Assemblée que de donner plus de relief à son autorité. Ces grenadiers prirent, en 1795, le nom de garde du Corps législatif, et furent augmentés au moyen d'hommes recrutés dans la garde nationale des départements. L'année suivante, au mois d'octobre, fut créée la garde du Directoire exécutifs formée de '2 compagnies de grenadiers à pied et de 2 compagnies de grenadiers à cheval, donnant ensemble un effectif de 26 officiers et 21 Zi hommes de troupe; cette garde, destinée à escorter les Directeurs, exista concurremment avec celle du Corps législatif.

Au mois de novembre ^799, la garde du Directoire servit de noyau pour la formation de la garde consulaire. Cette dernière reçut dans sa composition des troupes de toutes les armes, même des marins. Sa force fut d'abord de 2,000 hommes environ ; elle monta ensuite à près de A, 000 hommes, et fut iixée, le 23 décembre 1803, à 5,32/| hommes, dont 281 officiers. A cette date, elle comprenait :

2 bataillons de grenadiers à pied.

2 bataillons de chasseurs à pied.

1 régiment de grenadiers à cheval.

1 régiment de chasseurs à cheval.

1 escadron d'artillerie à cheval.

?> escadrons de gendarmerie.

1 compagnie de vétérans.

4 compagnies du train d'artillerie.

1 bataillon de matelots.

Ces différents corps portaient écrits sur leurs boutons ces mots : Garde des Consuls.

§ 10. Élabllssemeills. — Un décret du 9 septembre 1793 supprima toutes les écoles militaires, comme contraires à l'esprit du temps; cependant il y eut une exception provisoire pour le collège militaire d'Auxerre.

llX PRÉCIS DES liNSTlTLTlO^S ailLlïAlRES.

Le l"' juin 179Zi, la Convention inslitiia V Ecole de Mars^ destinée à former des soldats instruits pour l'infanterie, la cavalerie et l'artillerie. Forte de 3,000 élèves âgés de seize à dix-sept ans, campée sous des lentes aux portes de Paris, dans la plaine des Sablons et une partie du bois de Boulogne, exercée aux manœuvres des trois armes , initiée aux principes élémentaires de la fortification, de Fart de la guerre et de l'administration militaire, cette école n'eut qu'une durée éphémère de cinq mois.

Une Ecole centrale des travaux publics fut créée le 28 septembre 179/i, dans le but de former des sujets habiles "et éprouvés pour les divers services publics exigeant une préparation scientifique; le 21 mars 1795, cette école prit le nom &' Ecole polytechnique. Elle alimenta d'officiers les corps de l'artillerie, du génie, des ingénieurs géographes. L'Ecole du génie de Mézières avait été transférée à Metz , en 1794 ; le h octobre 1802, le Premier Consul y réunit l'École d'artillerie de (;hàlons-sur-Marne; dès lors l'Ecole de Metz reçut le titre d'Ecole d'application de l'artillerie et du génie.

En 1795, on eut l'idée de mettre l'art de l'aérostation au nombre des services publics, et une école d'application pour les aérostats, devant contenir douze élèves, fut momentanément instituée à Meudon.

Unarrêté consulaire du28janvierl803 créa \ Ecole spéciale militaire et la fixa à. Fontainebleau. Pour y être admis, il fallait avoir de seize à dix-huit ans, avoir été élevé dans un lycée aux frais de l'Etat, sortir de troisième, savoir l'arithmétique et la géométrie, savoir écrire et parler correctement sa langue. On était reçu après examen, et dès l'entrée on devenait soldat. Les élèves formaient deux bataillons, chacun de neuf compagnies dont une d'élite. On leur apprenait l'exercice, les manœuvres, la manière de commander, l'his- , toire des guerres, la géographie, la fortification , l'administration militaire, les belles-lettres, le dessin, la gymnastique, la natation, le tir des armes à feu, et, dans les six derniers mois de la seconde aimée d'étude, l'équitation. Les élèves, après deux ans, sortaient officiers de cette école , qui con-

liiiue, comme on le voit, l'Ecole royale militaire instituée par Louis XV.

Le Directoire institua en 1796, à Versailles, une école d'équitation qui prit deux ans plus tard le titre d'Ecole d'instruction des troupes à cheval; on y admettait des officiers et sous-officiers, lesquels, après dix-huil mois d'études, retournaient à leurs corps pour y remplir l'emploi d'instructeurs. L'Ecole de Versailles eut momentanément deux annexes placées à Lunéville et à Angers.

§ 11. Armées. — Au début de la République, deux causes venaient de contribuer à la désorganisation de l'armée française, l'émigration et le démembrement des régiments, fatale mesure qui avait consisté à envoyer le 1" bataillon d'un régiment k une armée, le 2^ bataillon à une autre armée, les grenadiers à une troisième armée. Mais grâce à la bataille de Valmy, qui fit tomber le prestige attaché depuis Frédéric à la tactique prussienne, et grâce aux diverses organisations que nous venons d'exposer, nos troupes reprirent promptement un air martial imposant. De plus, la Terreur ayant jeté dans les rangs des régiments une foule d'hommes de talent pour lesquels la présence aux drapeaux fut souvent un moyen de salut, la composition de l'armée s'améliora, et c'est à cette cause qu'il faut attribuer le grand nombre de généraux habiles que produisirent en si peu de temps les guerres de la République et de l'Empire.

A cette époque, la force de la brigade était de deux demibrigades. La brigade parut une fraction trop incomplète et trop petite, et c'est pourquoi l'on recourut à la division qui devint la fraction principale des armées. La division des armées de la République renfermait de l'infanterie , de la cavalerie, de l'artillerie, dans la proportion suivante :

4 demi-brigades d'infanterie de ligue ;

1 demi-brigade d'infanterie légère ;

1 régiment de dragons ;

1 régiment de cavalerie légère ;

1 compagnie d'artillerie à pied (6 pièces) ;

1 compagnie d'artillerie à cheval (6 pièces).

76 rp.tcis i)i;s l^■STlTl'TIONs militaires.

Cette division avait à son état-major 1 adjudant-commandant, 2 adjoints et \ ollioier du génie-, comme sa force montait de 12 à 15 mille hommes (1), c'était en réalité une petite armée comprenant tons les éléments de l'armée dont elle était partie intégrante. Par suite, le général qui la commandait avait sous la main un corps capable au besoin d'agir seul, d'où pour lui une grande latitude dont il profitait souvent pour opérer à sa guise et faire, en dehors du plan général de campagne, des tentatives destinées à lui procurer une gloire personnelle. Cela explique pourquoi dans cette période on livia fréquemnieni des combats et rarement des batailles.

La réunion de plusieurs divisions composait une armée ^ on y ajoulait un ou plusieurs corps de réserve formés de cavalerie, un grand parc d'artillerie et un état-major général dirigé par un général de division. On confiait le commandement d'une armée à un général de division qui prenait le titre de général en chef. Il y eut à cette époque de très jeunes généraux en chef : Marceau le fut à vingt-quatre ans. Hoche et Joubert à vingt-cinq, Bonaparte à vingt-sept.

% \'l. Insliliilions hoiiorifiquos. — Les chevrons furent abolis, le 6 août 1791, par une loi qui probibait tous les signes extérieurs de services rendus -, le Premier Consul les rétablit en 1802, par une décision qui accordait un chevron après dix ans de service, deux chevrons après quinze ans, trois chevrons après vingt ans.

La Convention institua l'usage de délivrer des armes d'honneur, en récompense de faits d'armes; Bonaparte l'employa fréquemment dans ses campagnes d'Italie et d'Egypte. On décL-rnait un fusil d'honneur aux fantassins, des baguettes d'honneur aux tambours, une trompette d'honneur en argent aux trompettes, un mousqueton ou une carabine d'honneur aux cavaliers, une grenade d'or portée sur le parement de riiabit aux canouniers, une hache d'honneur aux marins, un sabre d'honneur aux otticiers; cette récompense entraînait

(1) C'est le ctiiffre moyen ; il fui quelquefois doublé : en 1793, la division Souhani comptait plus de iO,000 hommes.

PUEMlERli: l'DRIODIi Ulil'L BLICAINK,

pour les hommes de troupe dioil à une Iiaulc paye. En 1802, il existait quatre mille militaires décorés d'armes d'hoiuicur. Ces marques de distinction disparurent à l'inslilulion de la Légion dlio)meui\ dont la décoration , sns[)endue à un luhan moiié roup;e , fut destinée par le Premier Consul, son fondateur, à rem[)lacer les anciens ordres français supprimés au début de la Hévolulion, et à devenir indistinctement la réconq)ense du mérite et des services reîidus daiis toutes les classes civiles et militaires. Dans l'origine, où il n'y a\ait que 6,512 membres, outre la décoration, il était attribué des traitements à cbacun des grades dont se composait la Légion, savoir : 5,000 Ir. aux grands ofliciers, '2,000 fr. aux commandants, 1,000 fr. aux officiers, 250 fr. aux simples légionnaires. Une dotation en bietjs nationaux devait suffire à ces dépenses. L'institution de la Légion d honneur remonte au 19 mai 1802. Le Premier Consul, élevé ensuite à la dignité inqiériale, tenait beau-

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