‹ Éléments d'art et d'histoire militairesChapitre 3 sur 91 · DÉFINITIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

DÉFINITIONS PRÉLIMINAIRES

cavalerie légère, de ligne ou de réserve ; artillerie de campagne, de siège, de côte, de montagnes ; et dans le génie, les sapeurs et les mineurs.

Dans les trois premières armes, on nomme unité de force, ou unité tactique, la fraction la plus considérable qui agit isolément sous les ordres et à la voix d'un seul chef : dans ripfanlerie, c'est le bataillon ; dans la cavalerie, l'escadron; dans l'artillerie, la batterie. Le génie ne possédant pas de tactique, a seulement une unité de force : c'est la compagnie. L'unité de force, placée sur le terrain, affecte une figure dite formation ou ordon7iance. La partie de la troupe qui regarde l'adversaire est le front', la partie opposée s'appelle les derrières ; les flancs sont les extrémités latérales de la formation. On nomme 9'a?ig, la ligne de soldats parallèle au front; file, la ligne d'hommes perpendiculaire à ce même front. Le nombre de rangs d'une troupe détermine sa profondeur.

Une troupe ne se forme pas pour l'attaque comme pour la défense : il y a des formations profondes ou ployées, et des formations minces ou déployées; on entend par manœuvres les mouvements qui permettent de passer d'une formation à une autre.

La colonne est la disposition d'une troupe dont les éléments restent placés parallèlement entre eux et sur le même axe ; quand les axes deviennent difl'érents, la disposition se trouve en ecAe/o?25. On désigne fréquemment par les mots tête'Qi queue de la colonne, la première et la dernière subdivision d'une colonne.

L'espace mesuré entre la queue d'un corps et la tète du corps qui le suit, ou entre la pointe des pieds d'un soldat et les talons du soldat qui le précède , telle est la distance. L'espace mesuré entre les ilancs voisins de deux troupes ou

DÉFINITIONS rUKLlMINAlRES. 3

(le deux hommes rangés de Iront sur une même ligne, voilà V intervalle.

Les troupes placées sur le môme front, soit en colonne, soit déployées, constituent une ligne ;la ligne peut être soit pleine (ou en muraille), soit à intervtr/Ies.

Véchiqnier, son nom l'indique, est une lormation sur plusieurs lignes à intervalles, les intervalles dans chaque ligne égalant les pleins, et les lignes se rangeant de manière que les vides de l'une correspondent aux pleins de l'autre.

Un ordre est plus qu'une réunion de lignes, c'est la disposition générale et combinée de troupes de diverse nature, groupées dans un même but.

La tactique détermine le meilleur mode pour répartir, arranger, mouvoir les unités de force. La tactique d'une arme fait connaître les propriétés particuhères de cette arme et la méthode la plus avantageuse pour en tirer parti. La tactique générale , ou grande tactique , indique les combinaisons d'armes et les mouvements d'ensemble propres à obtenir le maximum d'effet.

La stratégie, science nécessaire au général en chef, est l'art de bien diriger les masses sur le théâtre de la guerre, soit pour l'invasion d'un pays, soit pour la défense du sien.

L'application pratique de l'art de mouvoir les armées , science des chefs d'état-major, s'appelle logistique.

On doit, dans une opération militaire, envisager trois choses principales : la ligne d'où l'on part, le point où l'on veut arriver, la ligne à suivre pour l'atteindre.

La ligne sur laquelle une armée s'appuie et de laquelle elle part pour opérer offensivement , s'appelle base d'opérations : les Français prendront pour base d'opérations le Rhin, s'ils attaquent l'Allemagne ; les Alpes, s'ils en veulent à l'Italie ; les Pyrénées, s'ils envahissent l'Espagne. Quand on se bnrne

Û DÉFFNITIOS PRÉMMLNAIRPS.

a disjniter à l'ennemi la posscf^sion de la l>ase sans la dépasser, cette base prend le nom de ligne de défense. Chacun des points qu'on désire atteindre et dont la prise influera sur la réussite de la campagne, se woxnm^ point ou but objectif , ou simplement objectif. Depuis la concentration politique des Etats européens, les capitales forment d'excellents points objectifs, et, pour cette raison, plusieurs d'entre elles ont été récemment fortifiées. Le chemin parcouru par l'armée pour atteindre les objectifs s'appelle lig?ie d'opérations, et prend le nom de ligne de retraite lorsque l'on est obligé , après une défaite, de le suivre en sens contraire, afin de gagner une ligne de défense derrière laquelle on puisse résister au vainqueur.

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