ORDRE EN ÉCHELONS
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Quant aux intervalles entre les échelons, ils doivent atteindre au minimum 18 mètres.
On peut briser une ligne, non-seulement en échelons directs, mais aussi en échelons obliques. En tous cas, l'éventualité d'une attaque par la cavalerie interdit de former des échelons de plus de six bataillons ou d'une brigade. En effet, pour résister à cette cavalerie, on se formera en carré -, mais en supposantes échelons d'une brigade, les échelons formés chacun en un carré d'une brigade seront trop distants pour bien se flanquer : les échelons formés chacun en deux carrés d'un régiment se flanqueront imparfaitement; il sera impossible d'espacer sur 200 mètres six carrés, chacun d'un bataillon. Ainsi le nombre de 6 bataillons constitue bien le maximum de force que doit avoir chaque échelon (1).
(t) Ceci se base sur ce que le front d'un bataillon mesure environ 150 mè-
Attaque en carré. — Du momenl qu'un carré peut marcher, et nous avons indiqué comment il y a peu de lignes, il peut aussi, par son mouvement, effectuer un acte offensif. Dans la campagne d'Egypte (1799-1800), l'armée française, non-seulement marcha en carrés, mais aussi attaqua en carrés. L'attaque en carré (1) doit donc être rangée au nombre des attaques propres à l'infanterie ; elle a surtout lieu contre la cavalerie.
Suivant Jomini (2), le carré par bataillon est le meilleur pour l'offensive.
Un carré long de trois pelotons de front, fermé d'un côté par les grenadiers, et de l'autre par les voltigeurs, donne une bonne formation pour un bataillon qui veut attaquer en carré.
§ 8. Formalions de défense. — Nous considérerons cinq espèces de formations de défense pour l'infanterie :
1° La défense en bataille ;
2° La défense en colonne ;
3° La défense en carré ;
h" La défense en échelons ;
5° La défense en échiquier.
Défense en bataille. — L'infanteiie prend Tordre mince pour combattre toutes les fois qu'elle a mission d'occuper et de défendre une position avantageuse; elle en interdit alors les abords en les couvrant de ses feux qu'elle dirige sur les colonnes d'attaque.
L'infanterie se défend surtout en ligne déployée contre les troupes de son arme ; elle couvre alors de tirailleurs le tertres. L'ordonnance [Évolutions de ligne, 862) prescrit d'ailleurs de ne réunir que 2 ou 3 bataillons dans un seul carré.
(1) Dans ce genre dattaque, l'artillerie protectrice ménagera ses munilions pour le moment critique, qui peut se présenter inopinément, et pendant lequel il faut alors agir avec toute l'énergie possible. L'artillerie française se conduisit ainsi à la bataille d'Héliopolis (avril 1800), gagnée par Kléber sur l'armée du grand vizir. [Tactique des trois armes, par le colonel Favé, p. 208.)
(2) Précis de l'art de la guerre, t. II, p. 229.
rain que Tennemi va parcourir pour airiver jusqu'à elle : lorsqueradversairea été fatigué par une résistance opiniâtre, la ligne d'infanterie s'ébranle et marche sur lui au pas de charge.
Il surgit, en outre, certaines circonstances dans lesquelles une troupe d'infanterie déployée, en observant la défensive, doit cependant chargera la baïonnette après avoir tiré. C'est lorsqu'elle attend, placée près et en arrière de la crête d'une montagne, une colonne qui en gravit la pente. Nous reviendrons sur ce point en parlant de la défense des hauteurs (1).
L'infanterie défend encore en ordre mince et par son feu les retranchements naturels et artificiels, en bordant les parapets d'un ou de deux rangs de tireurs ; mais ce moyen passif de défense ne suffit point si l'on n'y joint pas l'emploi actif et sagement combiné de troupes de réserve au dehors des retrancliements, comme le fit 3Iasséna lors de son énergique défense de Gènes en Tannée 1800.
Défense en colonne. — L'infanterie en colonne ne pourra attendre de pied ferme ni l'artillerie qui aurait beau jeu à prendre d'écharpe sa grande profondeur , ni l'infanterie qui, déployée , la criblerait de feux : la colonne n'aura d'utilité dans la défensive que contre la cavalerie.
La colonne de défense se transformera souvent en carré.
Défense en carré (2). — Le carré constitue la véritable formation de l'infanterie contre la cavalerie , parce qu'il est fermé et résiste de tous côtés ; la colonne double à demi-distance de l'ordonnance formera, en présence de la cavalerie, un carré vide. Outre sa formation réglementaire, ce carré