FORMATION MIXTE
autres bataillons occupent en colonne chacune des ailes du bataillon déployé : on £ 2^v>^ j?r réunit ainsi , pour chaque groupe de trois S S
bataillons, les avantages des deux méthodes et on atténue leurs inconvénients. C'est dans cet ordre que l'armée française passa à gué, en 1797, le large lit du TagUamento en présence des Autrichiens, et qu'une partie des Russes combattit à Eylau (1807).
On a vu dans plusieurs batailles modernes, notamment à Wagram (1809), des colonnes offensives d'un nombre consi-
188 HISTOIRE LT TACTIQUIi DES ARMES ISOLÉES.
dérable de bataillons ; il faut les envisager comme des formations exceptionnelles, parce que, donnant grande prise à l'artillerie ennemie, elles sont toujours cruellement décimées même en cas de succès.
Attaque en tirailleurs. — Il existe, dans les pavs montueux et boisés, des positions qu'on ne peut attaquer ni en bataille, ni en colonne, parce que le terrain, trop couvert ou coupé de ravins et d'escarpements, ne permet d'observer aucun ordre dans la marche. On les attaque donc en tirailleurs., mais alors ceux-ci sont fort nombreux ; on détache ainsi des bataillons, quelquefois même des régiments ou une brigade entière, cas dans lesquels ils portent le nom de tirailleurs en grande bande (1).
Il faut au soldat beaucoup plus de valeur et plus d'adresse pour combattre de cette manière et avancer, que dans les combats à rangs serrés, où le tact des coudes et l'unité du commandement le maintiennent.
L'influence des cadres étant purement morale, ils ne peuvent que donner l'exemple de la valeur. Le soldat a ici toute facilité pour rester en arrière, s'écarter, se dérober à la surveillance de ses chefs.
Les hommes se sentent moins soutenus et plus exposés aux chances des combats corps à corps que quand ils font partie d'une masse où le danger ne menace aucun individu en particuUer.
Il résulte de ce genre de combat que, si les tirailleurs ne sont pas braves et électrisés, ils tireront une journée entière sans avancer, se blottiront derrière des arbres, des haies, des murs, feront peu de mal et en recevront à peine. Les attaques seront ainsi sans vigueur et devront souvent échouer.
La baïonnette qui, lorsque le soldat se trouve dans le rang, ne lui est d'aucun avantage pour résister à la cavalerie, peut devenir arme principale dans les mains des tirailleurs contre des cavaliers isolés, parce que ces tirailleurs ont toute liberté de mouvement.
(1) II sera de nouveau question de ces tirailleurs à la fin de ce chapitre, § 10, quand nous traiterons des différentes espèces de tirailleurs.
nKTMLS SIR l'infanterie. 189
Attaque en échelons. — L'ordre en échelons est propice pour l'attaque, parce qu'il se prête aisément au terrain et j)ermet de n'engager qu'une partie mesurée des forces : on l'adopte pour faire effort sur un point particulier de la ligne ennemie. Dans cet ordre, les bataillons peuvent être, soit déployés, soit ployés en colonne. Les échelons doivent se flanquer nuituellement, même au moyen delà mousqueterie, et c'est pourquoi leur distance ne doit pas dépasser 200 mètres ; il y aurait inconvénient à réduire cette distance à moins de J 00 mètres, parce qu'alors deux échelons se trouveraient engagés en même temps.