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HISTOIRE DU GÉNIE

. L'histoire de l'arme du génie, telle qu'elle se trouve aujourd'hui constituée, avec un état-major et des troupes, se réduit à peu de chose, car son origine n'est pas ancienne.

Au XVI' siècle, après l'invention de la foiiification hastionnéè, les ingénieurs italiens réputés les plus hahiles se répandirent dans toute l'Europe; Catherine de Médicis en attira plusieurs au service de France. Au sortir de la guerre civile qui signala la fm de la dynastie des Valois, Sully, devenu surintendant des fortifications, entreprit de réparer nos places fortes en ruine, et groupant les ingénieurs chargés de ces travaux, leur donna le nom à' ingénieurs ordinaires du Roi (vers 1602).

Jusqu'en 1690, ces ingénieurs comptent avec leur grade dans les armes ou états-majors dont ils font partie. A dater de cette époque, chargés des fortifications des côtes comme de celles de l'intérieur du royaume, placés sous les ordres du Ministre de la guerre, ils forment un corps entièrement militaire, et servent, soit dans les places, soit aux armées, suivant les circonstances. Sous Louis XIV, prince aimant la guerre de siège, leur corps s'accroît ; composé de 55 officiers en 1688, il en compte jusqu'à 600 en 1697, chiffre qui depuis n'a jamais été atteint.

Sous Louis XV, de 1755 à 1758, le corps des ingénieurs fut momentanément réuni à l'état-major de l'artillerie. L'année même de la séparation des deux corps (1758), les ingénieurs miUlaires prirent pour uniforme l'habit bleu à revers de velours noir : à partir de cette époque, le velours noir est resté l'attribut distinctif de leur costume. En 1762, le nombre des ingénieurs fut fixé à /lOO ; depuis, leur effectif a peu varié, restant aux environs de ce nombre, tantôt en dessous

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lanlùt en dessus. En 177G, le corps prit le nom officiel de cot'ps royal du génie ; peu après, les employés préposés à la conservation des bâtiments, fortifications, magasins, écluses, etc., reçurent le titre de cfardesdu (jénic.

Quant aux troupes du génie, la création des sapeurs^ demandée par Vauhan, remonte à l'année 1671 ; la première compagnie de mineurs fut levée deux ans après. Il existait en 1695 une compagnie de sapeurs et trois compagnies de mineurs. Vauban commandait la compagnie de sapeurs. Mesgrigny , mort après soixante-douze ans de service, Goulon, devenu plus tard cbef du corps des ingénieurs militaires de l'Empire, Esprit, brave officier tué en 1697 au siège de Barcelone, commandaient les trois compagnies de mineurs qui restèrent d'abord indépendantes, et ne furent définitivement toutes attachées à l'artillerie qu'en 1705 (1). Les sapeurs et les mineurs, depuis leur création jusqu'à la Révolution, firent tantôt partie de l'artillerie, tantôt partie du génie. Ainsi, de 1759 à 1761, époque à laquelle il existait six compagnies de mineurs fortes chacune de 6 officiers et 60 hommes, ces compagnies obéirent aux ingénieurs. Ce fut la Convention qui créa réellement les troupes du génie ; car en 1793 elle enleva les sapeurs et les mineurs à Fartillerie pour les donner au génie. L'année suivante, 12 bataillons de sapeurs, 6 compagnies de mineurs et 2 compagnies d'aéros* tiers se trouvaient sous les ordres des officiers du génie. Les troupes du génie traversèrent le règne de Napoléon I^'* organisées en bataillons ; à la Restauration, elles formèrent trois régiments. Aujourd'hui ces troupes comprennent en outre deux compagnies d'ouvriers et trois compagnies de sapeurs conducteurs. Chaque régiment a pour annexe une de ces trois dernières compagnies.

Les renseignements contenus dans les chapitres consacrés aux institutions militaires nous dispensent de nous étendre plus au long sur l'histoire du génie.

(1) Allent, Hisloire du corps impérial du génie, l" partie, 1805, p. 368,

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