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NOTIONS SUS LIS HATAILLKS

saire, c'esl Tordre de J)a(aille ohliquc poussé à ses deniièrcs limites : généralement l'ennemi oppose une manœuvie semblable, et ralliuitie de Hanc éelioue. Néanmoins les localités peuvent la favoriser et lui ménager de belles chances; ainsi, en venant attaquer les Autrichiens sur Arcole, Bonaparte avait, pour couvrir son mouvement, et l'Adige depuis Vérone jusqu'à Ronco et les marais situés entre l'Adige et l'Alpon ; il vint donc se lancer sur les digues du marais où il ne pouvait craindre qu'une résistance de front, et finit par se placer sur le flanc fjaucho, d'Alvinzi, et même si le village d'Arcole eiH cédé à ses armes au début du premier jour de cette triple bataille, il gagnait Villa-Nova (1) et se postait derrière l'ennemi qui occupait encore Caldiero.

Quels que soient le point et le genre de l'attaque, on y porte des forces supérieures. On couvre surtout les préparatifs exigés pour les y porter, soit par un pli de terrain, soit par un rideau de tirailleurs, soit par de fausses attaques. La perfection consiste à ne recevoir le feu, même partiel, de l'ennemi qu'une fois l'action engagée, ce qui n'est pas toujours possible ; et d'ailleurs, en voilant ses projets jusqu'au dernier instant, on empêche l'adversaire de baser avec certitude ses premières dispositions.

Les mesures à prendre par chaque portion indépendante de l'ordre de bataille, en cas d'insuccès, sont de nouveau prescrites, expliquées; les postes à occuper successivement dans le mouvement rétrograde sont indiqués, les uns comme simples lieux de passage, les autres comme points de ralliement. L'ordre du jour, complété souvent par des instructions verbales, développe aussi le rôle de chacun [dans l'attaque, expose la manœuvre principale, la fait comprendre, la justifie quelquefois, afin que chaque général agisse au mieux dans l'intérêt de cette manœuvre, lorsque l'événement le force à s'écarter de ses ordres et à opérer dans le cercle assez vaste de la latitude qui lui est nécessairement laissée quant à l'exécution.

(1) Hameau à la croisée de l'Alpon el de la route de Vérone à Viceuce.

Alors le général en chef donne le signal, cL l'action s'engage. Un combat de tirailleurs sur le front de presque toute la ligne, et surtout du centre, en constitue le prélude obligé. Sous le voile formé par ces soldats éparpillés, le déploiement delà première ligne s^achève au besoin, et les colonnes d'attaque s'avancent. Au moment donc où les tirailleurs, qui se sont lancés jusqu'à 1000 mètres, puis rapprochés des leurs, démasquent le front, tout est prêt, et la première ligne entre en jeu. Elle le fait par des feux d'artillerie, ce qui indique approximativement (1) la distance réciproque qui sépare ordinairement, et au début de la journée, deux armées rangées en bataille, puis par des feux de mousqueterie, quand cette distance a sufïisamment diminué à cause des progrès de l'attaque, à cause quelquefois de la marche mutuelle et en avant des deux armées. Si les feux jettent du désordre chez l'adversaire, on saisit l'occasion et l'on charge à la baïonnette sur le point d'attaque choisi et indiqué. Cette première charge, menée résolument, peut réussir : c'est le cas de ne pas s'abandonner à sa fougue, à sa furie nationale, mais de reformer ses rangs, de reprendre haleine et de marcher avec ensemble vers la seconde ligne. Si la première charge manque, on se replie avec calme sur la seconde ligne, qui charge à son tour seule ou avec les portions intactes de la première ligne. Cette fois, on combat à outrance, surtout dans la direction décisive, car cette lutte de l'arme principale sur le point d'attaque dessine, pour ainsi dire, à elle seule le sort de la journée.

L'arlillerie continue à tirer pour faciliter le jeu des charges de l'infanterie; son intervention dure pendant toute la lutte, tant qu'une colonne amie ne masque pas son tir.

La cavalerie légère escarmouche dès les premiers coups et poursuit après les derniers. La cavalerie de ligne charge à tout éclairci propice, mais principalement à la fin pour achever la victoire en culbutant les dernières masses qui liennenl.

Si linlcrvcnlion des deux lignes ne stilit pas, le général

(I) L'urlillcrie <Icvient rcdoutiiblc à 12r:0 nièlips.

NOTIONS SLR LES RATAILLES. 289

cncliof(l) (lélaeho dos Iroiipcs do sa rcscrvc on presque toulc sa réserve, à un instant décisif donl il esllo seuIjugo(2) et qui coïncide souvent avec l'apparition à revers d'une démonstration ou d'une embuscade.

Sous ce coup de massue, le succès se décide et le vainqueur peut commencer la poursuite ; toutefois, qu'il le fasse avec circonspection, quoique promptemont, tant qu'il n'a pas la certitude d'une défaite totale de l'adversaire, car si des deux côtés une aile est victorieuse, le parti qui se débande le premier pour poursuivre sera facilement entoure ou pris de flanc et perdra définitivement la bataille.

Joignez à ces différentes péripéties la coopération plus ou moins complète d'une fausse attaque, ainsi que les épisodes inévitables de corps imprudemment engagés ou accablés par le nombre et qu'il faut secourir, et vous aurez sous les yeux le tableau raccourci de l'action livrée par celui qui attaque, ou, si vous l'aimez mieux, pour employer l'expression habituelle, le tableau d'une bataille offensive.

L'armée qui reçoit la bataille au lieu de la donner, qui livre une bataille défensive, multiplie les précautions dans le choix de sa position. Elle la prend : 1° légèrement dominante par rapport à celle de l'ennemi; '1° solidement appuyée aux ailes; 3° entrecoupée, sur le front et dans les parties saillantes de ce front, de bosquets, de villages, de fermes, obstacles faciles à occuper, à défendre, et qui divisent le choc de l'assaillant (3) ; lx° permettant une assez grande facilité de

(1) Pendant l'action, le géucrai en chef se tient sur une éraineuce , une carte sous les yeux, une lunette à la main : il est calme, attentif, et donne ses ordres d'après ce qu'il voit, d'après surtout les nouvelles qu'on lui apporte. On comprend combien il est important que chaque aide de camp puisse facilement le trouver et l'aborder. Il en est de même, mais à un degré moindre, de lout officier général qui devra prévenir quand il quittera sou poste habituel, et jalonner au besoin la route ù suivre pour le rencontrer.

^2) Nous avons déjà traité du rôle de la réserve au chapitre V de celle troisième partie.

(3) A défaut d'obstacles naturels, on élève des redoutes, comme le lit Pierre le Grand à la bataille de Pultavva. CVoycz le récit de cette action au chap. XI de la IV' partie.)

290 COMBINAISON DES ARMFS.

mouvcnionl enlrc ces obslaeles ; 5' offranl en arrière plusieurs roules pour la rclraite. Si son effectif est faible, elle ne met des troupes en seconde ligne qu'aux endroits découverts et aisément accessibles; ce qui n'exclut pas, bien entendu, le soin de prendre l'ordonnance la plus redoublée et la plus formidable au point capital sur lequel l'assaillant dirigera probablement ses principaux efforts, et que Ton nomme la clef de la position. Elle veille à ses flancs et les protège par des bataillons en potence qui ferment l'extrémité des lignes d'infanterie et les assurent indépendamment de la cavalerie de l'ordre de bataille : disposition avantageuse, employée par Frédéric le Grand dans ses deux premières batailles, à Molhvitz et à Czaslau. Quelques escadrons placés spécialement en échelons en arrière de la seconde ligne, près de l'aile, peuvent aussi, par leur apparition subite, remplir un but analogue. On recommande encore, comme dernier moven, de faire déborder la seconde ligne par rapport à la première, et la réserve (qui se trouve, dans ce cas, placée presque exclusivement sur les flancs) par rapport à la seconde ligne : alors les manœuvres tournantes deviennent longues et dangereuses pour l'ennemi.

Dans les batailles défensives, le général en chef reste dans une situation expectante et agit par ses feux d'artillerie et de mousqueterie, prêt partout, mais sans annoncer pourtant aucune autre intention que celle de résister : l'assaillant continue son mouvement, et quand sa manœuvre se trouve bien accusée, le défenseur redouble ses feux, épie la moindre marque de désordre ou de faute, et se jette en avant pour en profiter avec l'ensemble de ses troupes restées fraîches jusque-là ; si cette marque ne se produit pas, il charge seulement quand sa première ligne est trop pressée, et le fait avec les coloimes de sa seconde ligne et une portion de sa cavalerie.

En ces sortes d'actions, quand on ne réussit pas à repousser Tadversaire, l'emploi des carrés vient en aide : bien combinés, se flanquant mutuellement, ils résistent longtemps, peuvent défier un ennemi déjà fatigué, et, dans tous les cas, facilitent la défense pied à pied d'un champ de bataille acci-

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