NOTIONS SUR LF:S BATAILLES
dénié, rcndenl la rclraitc plus rospcclablo ol poinicllont souvent de la coninicnccr à la faveur de robscurilé. Les carrés peuvent également servir contre un adversaire très supérieur en cavalerie : exemple, les Français à la bataille de Lutzen (1813).
Un flanc privé d'appui, découvert par suite des progrès de l'assaillanl, peut encore se rétablir en le reportant contre un autre obstacle, ou même pour le garantir tout à fait, en incendiant un village à proximité et que l'on joint; la bataille de Varsovie, entre les Polonais et les Suédo-Brandebourgeois (1656), ofTre un cas semblable dans sa seconde journée.
Il y a des circonstances où l'armée sur la défensive changera de rôle avant ou pendant la lutte et saisira l'offensive à son tour, soit que celui qui la dirige se décide à jouer un coup de désespoir pour parer à une attaque qui survient avant l'achèvement de ses dispositions, soit pure audace de sa part; le mieux, en cette éventualité, c'est d'attaquer l'assaillant 5ur son flanc et avec ses meilleures troupes ou réserves, en électrisant ses soldats, en exaltant le courage que cette résolution fait renaître en leur âme.
Tous les moyens épuisés, si le dessous vous reste, quittez le champ de bataille, battez en retraite, mais avec ordre et, autant que possible, lentement. Lancez en avant et sous escorte tous vos bagages ; envoyez occuper les défilés par où vous devez passer. Adoptez pour vos deux lignes la formation en échiquier par bataillon : les vides seront alors assez grands pour que la première ligne fatiguée s'écoule par les trouées delà seconde ligne: pourtant il vaut mieux, dans ce cas, mettre la seconde ligne en tète par un faible mouvement en avant au travers des intervalles de la première, parce (|ue cette légère offensive en impose toujours. Quand les deux lignes se trouvent désorganisées, elles se retirent et se rallient au delà de la réserve formée en carrés et conservant imperturbablement ses positions.
La retraite une fois coumiencéc et réussissant, la ligne la plus [très de l'ennemi se retourne de temps en temps et
fail tèle, secondée par tics charges de cavalerie souvent répétées et tombant de liane sur la poursuite. De la sorte, on gagne du temps, on atteint la nuit : alors, couvert par l'obscurité, on force la marche pour mettre une distance respectable entre soi et Fennemi ; le lendemain, l'arrière-garde suffit et organise une défense pied à pied.
Nous arrêterons ici nos explications sur le mécanisme proprement dit de l'action sur la lutte. Insister davantage d'une manière abstraite et dogmatique n'aurait cju'une faible utilité au point de vue de Tinstruction. Pour se faire une idée exacte d'une bataille, il faut lire un grand nombre de relations, savoir les antécédents et les suites de la journée, posséder un plan détaillé, y marquer soi-même ou crayonner à part les dispositions de troupes, rectifier ou changer ces dispositions d'après l'opinion que l'on se forme, en un mot se livrer à un travail persoimel suivi et étendu ; il faut surtout considérer chaque bataille, non comme un fait isolé, mais comme la lin nécessaire et calculée d'une marche, d'un mouvement stratégique combiné, quelquefois de toute une campagne, et y chercher, par conséquent , le dénoûment plus ou moins heureux de chacune des mesures prises.
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