CHAP. II. — FORMATION DES ENTREPRISES 7I
dant, il n'est pas nécessaire d'être propriétaire de richesses acquises pour pouvoir entreprendre une œuvre de production, et par contre, celui qui veut créer une entre- S prise n a souvent pas assez de capitaux. Il lui faut donc ( taire appel à ceux d'autrui.
Diverses opérations économiques très simples, que les codes ont définies parmi les contrats, permettent à celui qui a besoin de capitaux de se les faire transférer .par leur propriétaire.
Ainsij la jouis^aiice d'un objet durable, tel qu'un fonds de terre ou un bitiment, sera obtenue en vertu d'un contrat de louage.
L'usage de biens consomptibles, c'est-à-dire de biens que le détenteur ne peut utiliber sans les (aire disparaître, est obtenu au moyen du prêt, contrat par lequel le prêteur en transfère actuellement la propriété à V emprunteur.^ à charge d'en restituer au tnoins l'équivalent dans un délai déterminé. En ce cas, on dit qu'il y a une opération de crédit, expression qui s'explique par l'idée de la confiance •**^ (credere, croire) que cette opération suppose de la part du prêteur.
Le crédit est souvent fait par le « fournisseur » qui, au lieu d'exiger le paiement immédiat de la marchandise, accorde un certain délai. Cest ainsi que le commerçant en détail arrive souvent à ne payer le commerçant en gros qu'après avoir revendu ses marchandises. Mais, le plus souvent, l'entrepreneur doit cependant se procurer des sommes d'argent.
Nous nous bornons à mentionner, dans ce chapitre, la place qu'occupe logiquement la notion de crédit dans ses rapports avec la formation des entreprises. Mais nous ne saurions décrire encore en détail le viécanisme du crédit. Car le crédit implique l'idée d'un transfert de richesse, et, par conséquent, d'un échange. Et, comme la constitution des grandes entreprises implique non
seulement Tintervention de la monnaie, mais aussi celle de la banque et, souvent, de la bourse des valeurs, nous devons en différer l'exposé jusqu'au moment où nous connaîtrons le mécanisme de hcirculation.