CHAPITRE PREMIER
influence générale de la techniq.ue sur l'organisation Économique
§ 1. — Economie politigne et technologie.
L'influence de la technique sur la production est si évidente qu'elle dominait manifestement notre sujet avant même d'avoir été expressément mentionnée. En effet, notre organisation économique est essentiellement basée sur l'association et rechange. Elle suppose donc tout d'abord un état de la technique qui comporte ces deux caractères fondamentaux ; r union et la division du travail.
Lorsque l'on envisage non plus seulement les conditions générales de l'activité économique, mais la., vie économique à une époque déterminée, ou, si Ton, veut à un stade déterminé de son évolution, on suppose connu, par là-même, l'état de la technique à Tépoque et dans le milieu considérés. Ainsi, notre régime de grande production, par de grosses entreprises par actions, ne s'explique pas seulement par cette trouvaille juridique qu'est la société par actions elle-même ; il s'explique non ' moins sans doute par l'ensemble des conditions techniques de notre époque: moteurs mécaniques de toute sorte, transports rapides, développement de la métallurgie et de la chimie, etc.
Enfin, lorsque l'on veut expliquer non pas seulement le mécanisme de la vie économique à une certaine époque, mais la situation économique d'une région, ce sont les conditions techniques qui en dorment presque seules l'explication : la naissance, la transformation, le déplacement d'une industrie ou d'un groupe d'industries résultent de la nature ou de la configuration du sol, et des ressources. qu'y font apparaître ou disparaître (i) des procédés scientifiques nouveaux: matières premières^ forces motrices, moyens de transport, etc.
Cela se conçoit d'ailleurs aisément. Puisque, pour produire, il faut transformer le milieu qui nous entoure, il est évident que les conditions de la production dépendent, dans une très large mesure, des conditions dans lesquelles la science humaine permet de transformer la nature. La satisfaction de nos besoins — même de nos besoins immatériels. — suppose l'établissement de certains rapports physiques entre les choses : notre besoin de nourriture exige la production d'objets contenant les élé-
(i) Disparaître en ce sens qu'elles font apparaître ailleurs des ressources supérieures qu'il est impossible de concurrencer.