CHAPITRE II
COMMENT ET PAR QIJÎ SE FAIT LA RÉPARTinO!f«
Dans les sociétés primitiTes, comme jadis, avant Rome, chez les tribus italiques, et aujourd'hui en Nor- Y^ège, ou chez les Slaves du Danube, chaque père de famille cultivant son propre héritage et façonnant ce qu'il consomme^ il n*y a pas lieu à répartition, car le travail, le capital et le fonds naturel se trouventréunis. La rémunération est toujours équitable, car chacun récolte ce qu'il a semé. L'activité est naturellement récompensée et l'oisiveté pup.ie.
Mais, quand les trois facteurs sont aux mains de personnes différentes, et que, de plus, en raison de la division du travail, chacun n'obtient ce qu'il consomme que par l'échange, la répartition n'est plus aussi facile, ni aussi strictement proportionnée au concours apporté par chacun. Elle s'opère par les soins du chef d'industrie, qui donne à chaque c facteur de la production » ce que la concurrence l'oblige à lui accorder, et qui garde pour lui le surplus, comme profit.
Voici un fermier : il paye à son propriétaire le fermage, c'est la rente ; à ses domestiques, leurs gages,
c'est le salaire; et au banquier qui lui a prêté de l'argent, rintérct; ce quireste, tout payé, est son bénéfice, son profit.
Le froment arrive chez le meunier : celui-ci, pour rétribuer le travail de la mouture, opère à son tour une répartition semblable. Le boulanger, en transformant la farine en pain, agit de même; et enfin, le consommateur qui achète le pain paye de quoi restituer les avances que le cultivateur, le meunier et le boulanger ont faites pour rétribuer, chacun à son tour, le concours des trois facteurs.
Si le chef d'industrie possède soit le fonds naturel, soit le capital, il se paye à lui-même ou se porte en compte soit la rente, soit riiitérét.