‹ Éléments d'économie politiqueChapitre 73 sur 136 · LIVRE III. i · texte numérisé non relu

LIVRE III. i

il n'est « productif » que grâce au concours du capital et de la nature. Ce concours doit aussi être rémunéré.

L'ouvrier peut-il se rendre propriétaire de Toutii et de la matière, il gardera tout le produit. Le salarié doit donc acquérir la propriété.

Le salaire monte quand on a besoin de beaucoup d'ouvriers, et ce besoin se produit quand il y a beaucoup de gens industrieux et entreprenants et beaucoup de capitaux.

Voulez-vous donc que la condition de l'ouvrier s'améliore, favorisez la création du capital par l'épargne et par le développement de l'instruction et de l'esprit d'entreprise.

Le salaire diminue quand le nombre des ouvriers augmente plus rapidement que les entreprises et les capitaux qui peuvent les employer.

Ici nous touchons à ce que l'on appelle la question de la population.

La concurrence d'une part entre maîtres cherchant des ouvriers, et d'autre part entre ouvriers cherchant un maître, n'agit que dans les limites de chaque branche du travail.

Si l'on demande beaucoup de tailleurs, leur salaire haussera, mais non celui des autres métiers. Cependant, si beaucoup d'industries à la fois sont prospères et réclament beaucoup d'ouvriers, pendant un certain temps, la hausse se communiquera de proche en proclie, en une certaine mesure, ))arce que les ouvriers attires d'un côté feront un vide de l'autre.

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§ 8. Le fort dei travaSUeiuri f^eii'il amélioré?

Nul ne prétendra que la condition de ceux qui travaillent de leurs mains soit telle qu'elle devrait l'être ; mais il est certain qu'elle s'est améliorée et qu'elle s'améliore encore chaque jour.

Que celui qui en doute entre dans la chaumière de l'un de nos ouvriers de la campagne les moins bien rétribués, qu'il examine les denrées alimentaires, les vêtements, les ustensiles et les objets de mobilier qu'il y trouvera, et qu'il relise ensuite le passage où La Bruyère décrit les paysans sous le règne |du grand roi Louis XIV.

« On voit certains animaux farouches, des mâles et des femelles, répandus par la campagne, noirs, livides et tout brûlés du soleil, attachés à la terre qu'ils fouillent, ] qu'ils remuent avec une opiniâtreté invincible; ils ont comme une voix articulée, et, quand ils se lèvent sur leurs pieds, ils montrent une face humaine: et en effet ils sont des hommes. Ils se retirent la nuit dans des tanières, où ils vivent de pain noir, d'eau et déracines; ils épargnent aux autres hommes la peine de semer, de labourer et de recueillir pour vivre, et méritent ainsi de ne pas manquer de ce pain qu'ils ont semé. » (Caractères, De l'homme.)

En 1740, Massillon, évêque de Clermont-Ferrand, écrit au cardinal Fleury, premier ministre de Louis XY : « Le peuple des campagnes vit dans une misère affreuse, sans lits, sans meubles; la plupart même, la moitié de l'année, mangent du pain d'orge et d'avoine, qui fait leur unique nourriture et qu'ils sont obligés d'aiTacher

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