‹ Éléments d'économie politiqueChapitre 72 sur 136 · LIVRE m · texte numérisé non relu

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ment, cnr, chaque ouvrier prenant sa part de ce fonds, la valeur de cette part résulte de la division du fonds par le nombre des ouvriers. Ni résistance des travailleurs, ni bienveillance des patrons ne peuvent modifier cette loi mathématique. Si vous donnez plus aux uns, il restera moins pour les autres. Le salaire moyen n'augmentera que si le fonds augmente plus rapidement que le nombre des ouvriers.

Yoici la vérité en ce point.

La nation vit sur l'ensemble des choses utiles qu'elle produit. Elle ne peut consommer plus que cela ; mais la façon dont ce fonds se partage entre la rente, l'intérêt, le salaire et les profits dépend du contrat, de la coutume ou de la volonté des parties prenantes. Seulement, il est vrai que si Tune d'elles obtient plus, une autre ou les autres auront moins.

Ainsi, après 1870, l'activité extraordinaire de l'industrie en Europe a occasionné une hausse générale du salaire. C'est la rente qui a été atteinte alors.

On peut présenter la chose sous la forme suivante. Produit = rente -*- intérêts H- salaire H- profits. Si la part du salaire est accrue, ce qui reste pour les autres copartageants doit diminuer, car Produit — salaire = rente -4- intérêts + profits. Voici une démonstration plus simple : Un cultivateur, sur un produit valant trois francs, paye un franc par jour à l'ouvrier qu'il emploie, il peut en retenir deux pour lui. S'il est forcé de donner à cet ouvrier deux francs, il est éviJjnl qu'il ne lui en restera plus qu'un.

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§ 6. T a-i~il lin lalaîre naturel ou normal?

Les économistes de l'école de Ricardo disent qu'il y a un salaire naturel, lequel est déterminé, comme le prix de toutes les autres marchandises, par les frais de production du travail.

Les frais de production de la marchandise-travail sont ce qui est strictement nécessaire à l'ouvrier pour lui permettre de subsister et de travailler.

Sans doute, le salaire a été souvent aussi bas, et l'histoire nous apprend que fréquemment il n'a pas même suffi pour entretenir le travailleur, puisque les populations étaient décimées par la famine, comme sous les règnes de Louis XIY et de Louis XV.

Mais c'était l'efTet de détestables lois et de l'ignorance des hommes, et non de prétendues lois naturelles.

Le salaire normal est celui qui permet, tout au moins, à l'ouvrier et à sa famille l'entretien et le développement normal des facultés du corps et de l'intelligence.

Mais, dira-t-on, qui déterminera la somme qu'exigent cet entretien et ce développement normal des facultés? Je réponds : l'hygiène. Ce problème, si souvent déclaré insoluble, est résolu chaque jour, par l'administration de l'armée, dans les différents pays. Celle-ci fixe, en efTet, la quantité de nourriture et la qualité des vêtements nécessaires au bon entretien des forces du soldat. Ne faudrait-il pas que l'ouvrier pût se procurer, par son travail, au moins la ration du militaire?

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§ 7. Des oausef qui déterminent le taux dei salaîref.

Le salaire est-il, comme le prétendent certains économistes, en proportion de la productivité du travail ?

Il semble qu'il devrait en être ainsi. Si le travail produit deux fois plus de choses utiles, le travailleur ne devrait-il pas étire deux fois mieux pourvu ?

Il n'en est cependant ainsi que quand celui qui travaille possède en même temps le capital, comme dans le cas d'un petit cultivateur, par exemple. La rémunération du simple salarié est déterminée par d'autres causes.

L'accroissement de la production profite d'abord à l'entrepreneur, et plus tard, par la baisse des prix, au public tout entier.

Dans un atelier, un industriel établit une machine qui permet à l'ouvrier de produire, par jour, dix fois plus que le travail à la main : si la main-d'œuvre n'est pas devenue plus difficile, le salaire de l'ouvrier ne sera pas augmenté. Tout le bénéfice de la machine sera pour l'industriel, jusqu'à ce que les prix baissent, par suite de la facilité et de l'abondance de la production.

En fumant deux fois plus son champ, un fermier obtient deux fois plus de pommes de terre. Il n'y verra pas une raison pour payer davantage les ouvriers qui font la récolte, mais le salaire réel peut augmenter par la baisse du prix des pommes de terre. On voit que la productivité du travail n'agit qu'indirectement sur le salaire en multipliant les objets, ce qui permet au salarié d'en achcier davantage.

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Le salaire est déterminé par la concurrence entre les ouvriers qui offrent leurs bras, et les maîtres qui en ont besoin.

Ainsi que Ta dit énergiquement Cobden, quand deux ouvriers courent après un maître, le salaire baisse; quand deux maîtres courent après un ouvrier, le salaire monte ; c'est une application de la grande loi de Toffre et de la demande, que nous exposerons plus loin.

II y a des limites à cette hausse et à cette baisse.

Le salaire ne peut tomber au-dessous de ce qui est strictement indispensable à l'ouvrier pour subsister, car alors celui-ci disparaîtrait.

n ne peut dépasser le montant de la valeur ajoutée à l'objet. Gomme le remarque l'économiste allemand von Thûnen, le dernier travail qu'il vaut la peine de faire exécuter rapporte très peu ; le salaire ne peut excéder ce peu, sinon ce travail ne serait pas commande ni payé.

Un ouvrier cordonnier fait une paire de souliers qui vaut dix francs, avec du Quir qui en vaut quatre : la rémunération ne peut dépasser six francs. Mais d'ordinaire, sur la plus-value créée par le salarié, il faut prélever de quoi rétribuer l'entrepreneur et le capitaliste, sinon le premier cesserait d'employer des ouviîers, et le second de prêter son argent.

Avec la rémunération de son travail, disent Proudhon et Karl Marx, l'ouvrier ne peut racheter le produit de son travail ; donc, il est spolié par le capital. Les socialistes qui parlent ainsi font une erreur de calcul. L'objet n'a pas été produit par le seul effort de l'ouvrier, mais par cet effort aidé d'instruments, et s'exerçant sur des matières premières. Le travail est seul « actif », soit; mais

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