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LIVRE III

nue la responsabilité et la dignité, affaiblit le stimulant de l'activité, et ainsi entretient la misère.

Deux institutions Font bien prouvé : les distributions de vivres faites, chaque jour, par les couvents, sous 1 ancien régime, et la loi des pauvres, en Angleterre, encore en vigueur aujourd'hui.

11 y aura toujours des infortunes involontaires à secourir, mais ce n'est pas l'aumône qui améliorera définitivement le sort du plus grand nombre.

§ 2. Le oominiinitme.

Le communisme a été tantôt le cri de guerre des opprimés, comme dans les insurrections de Spartacus, des Bagaudes, des Pastoureaux, des Jacques et des paysans à l'époque de Luther ; tantôt l'utopie de quelques grands esprits, comme Platon dans la République, Thomas Morus dans son Utopie (De optimo reipublicœ statUy deque nova insula Utopia, 1516), Campanella dans la Cité du Soleil (Cimtas soliSy 1620) et Fénélon dans la Salente du Télémaque.

Les Esséniens, en Judée, les disciples de Pythagore, dans la grande Grèce, les premiers chrétiens, à Jérusalem, ont vécu en communauté, et de nos jours on voit se multiplier autour de nous des associations monastiques qui font vœu de proscrire la distinction du a tien » et du a mien x>.

C'est l'application du mot de J.- J. Rousseau : a Gardez-vous d'oublier que les fruits sont à tous, et que la terre n'est à personne. »

Dans ce système, les moyens de production sont possédés par la société.

166 ÉLÉMENTS DtCONOMIE POLITIQUE.

Le principe qui règle le partage des produits est celui-ci : « A chacun suivant ses besoins; de chacun suivant ses forces. » La société constituée sur cette base serait l'image de la famille, où, en effet, chacun travaille tant qu'il peut, et consomme tant qu'il veut.

Jamais le communisme ne pourra durer, parce qu'il viole la justice et méconnaît les instincts les plus profonds de la nature humaine.

La formule de la justice est : Cuique suum, a à chacun le sien » ou « à chacun selon ses œuvres ». Le communisme, au contraire, ne tient aucun compte des œuvres et ne reconnaît à personne a le sien ». L'homme laborieux est la dupe du fainéant qui l'exploite.

Le mobile de l'activité humaine est toujours et partout l'intérêt individuel : dans le communisme, l'intérêt individuel est sans cesse sacriGé ; s'il agit, ce sera pour pousser l'homme à la paresse et à la gourmandise.

Le besoin étant la mesure du droit, le plus avisé sera celui qui mangera le plus et travaillera le moins.

Si les communautés religieuses subsistent et même se multiplient, ce n'est qu'en arrachant du cœur de ceux qui y vivent les sentiments naturels les plus enracinés, le besoin d'indépendance, l'amour du moi, les affections de la famille. C'est l'espoir des félicités célestes qui accomplit ce miracle. L'égoïsme n'est pas mort, car il ne peut cesser qu'avec la vie, mais son but est placé dans un autre monde.

Qui peut croire que la société industrielle s'organisera sur les principes et sur le modèle d'un couvent?

c Le communisme, dit le socialiste Proudhon^, est le

1 . Proadhon, né à Besançon en 1809, et mort en 1865. Ses écrits ont eu beaucoup de retentissement parce que le st^fle en est Tchénient el

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