‹ Éléments d'économie politiqueChapitre 86 sur 136 · LIVRE Iir · texte numérisé non relu

LIVRE Iir

ce prix dépend uniquement de la demande. Que vaut un tableau de Rubcns ? Ce que la concurrence des amateurs forcera le plus acharne à donner^ car on ne peut en faire faire à aucun prix.

Pour les objets que Ton peut multiplier, mais avec des frais croissants à mesure qu'on en produit davanfngQ, le prix nécessaire sera égal aux frais de la partie (le ces objets qui auront coûté le plus cher. Si ces frais n'étaient pas couverts par le prix de vente, on cesserait de les produire.

Supposons que le coût de production de la houille Boit de quatre francs la tonne, dans certains charbonnages, et de sept francs dans d'autres : quel sera le prix nécessaire ? Il sera au moins de sept francs ; car, s'il faut demander du charbon aux charbonnages moins favorisés, parce que les autres ne peuvent satisfaire la demande, il faut nécessairement que le prix de vente s'élève assez pour payer les frais de production de ce charbon plus chèrement produit.

Il en est de même pour le blé et pour toutes les choses qu'on ne peut produire en quantité plus grande qu'avec des frais plus grands.

Ainsi que nous l'avons vu, les fonds productifs les plus favorisés, vendant au même prix et ayant moins à dépenser, font des bénéfices exceptionnels, d'oii naîl la rente.

§ 3. Le juste prix.

L'antiquité et le moyen âge ont parlé d'un juste prix, jusium preliurriy c'est-à-dire d'un prix proportionné à la valeur de l'objet.

La base équitable de rechange doit être Tégalité de v;ileur entre les objets échangés. Si je donne pour cent francs une génisse qui en vaut deux cents, je suis lésé ; celui qui l'obtient s'enrichit à mes dépens. Quand la lésion dépassait la moitié de. la valeur, le droit romain admettait la rescision de la vente, et le droit français a consacré le même principe.

Platon condamne ceux qui voudraient vendre du blé plus cher qu'il ne vaut, en cachant l'arrivée d'un navire qui en diminuera le prix, et saint Augustin blâme ceux qui ne songent qu'à vendre cher et à acheter à bon marché, vili velle emere et caro vendidere. (De Trinit.y xm, 3).

Les économistes modernes n'admettent pas la notion du juste prix. D'après eux, le prix accepté par les deux parties est toujours juste.

C'est qu'ils font dériver le droit de la convention, tandis qu'en réalité la convention doit se conformer au droit.

De ce dernier principe découlent ces maximes de la probité pratique, acceptées par les marchands honnêtes : il faut toujours « donner à chacun pour son argent » et ne jamais tromper sur la qualité de la marchandise.

§ 4. Utilité des bourtei.

Puisque le prix résulte du rapport qui s'établit entre Toffre et la demande, le moyen de fixer au mieux le prix est de mettre en rapport tous ceux qui offrent et tous ceux qui demandent.

C'est ce que font les foires et les bourses.

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