‹ Éléments d'économie politiqueChapitre 98 sur 136 · LIVRE ni · texte numérisé non relu

LIVRE ni

artisans, tous déposent dans les banques leurs fonds disponibles, et ceux-ci sont immédiatement prêtés aux producteurs. Ainsi nulle parcelle du capital ne chôme. Basé sur l'honnêteté et sur l'amour du travail, le crédit règne et accomplit des merveilles.

5° Le crédit fait passer le capital aux mains de ceux qui peuvent en tirer le meilleur parti.

Le capital nouveau est, pour la plus grande partie, créé par ceux qui, n'exerçant pas d'industrie, ne peuvent en faire un emploi rémunérateur. Le moyen d'en tirer un revenu est de le prêter directement, ou, par l'entremise des banquiers, à ceux qui peuvent en donner le plus fort loyer. Qui en donnera le plus fort loyer? Ceux qui en feront l'emploi le plus productif.

Le crédit transporte donc constamment le capital aux lieux et aux mains où il rapporte le plus.

Il excite par conséquent à épargner, puisqu'il assure h l'épargne une rémunération immédiate et aussi élevée que possible.

4^ Le crédit permet d'exécuter immédiatement de grands travaux ou de faire face à des besoins extraordinaires, comme en temps de guerre, en escomptant les revenus ou les produits attendus dans l'avenir. Toutefois, même dans ce cas, le crédit ne crée rien. Il donne seulement la disposition de capitaux préexistants. 11 n'y a point, comme on l'a prétendu, anticipation sur l'avenir ou dégagement de capitaux engagés. Ce sont là des métaphores. On ne peut utiliser que des choses qui existent actuellement. En économie politique comme ailleurs, il faut se souvenir du mot si profond de Paul- Louis Courier : « De la métaphore et du malin, pré- 6crvcz-nous, Seigneur. »

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5* Le créditcrée des moyens économiques de payement. II permet ainsi de faire les échanges avec une quantité moindre de monnaie métallique. L'or et l'argent, devenus disponibles, peuvent être livrés à l'industrie ou exportés, on échange d'objets utiles à la consommation ou à la production. Comme l'a dit Adam Smith, le crédit ouvre, pour l'échange des produits, des chemins dans les airs, et ainsi les routes ordinaires, pouvant être mises en culture, produisent un nouveau contingent dé denrées alimentaires.

Toutefois cet avantage est en partie plus apparent que réel ; car, soit que l'or et l'argent restent dans le pays, soit que l'on considère le globe entier, les moyens d'échange fiduciaires ajoutés à la monnaie métallique poussent à la hausse des prix.

D'autre part, il est certain aussi que la facilité plus grande des échanges stimulera l'industrie et le commerce, qui, par suite, auront besoin de plus d'instruments d'échange. Et alors il n'y aura ni dépréciation du numéraire, ni hausse des prix.

Voici comment le crédit fait l'office de monnaie. Une personne solvable promet de payer mille francs ; cette promesse, inspirant une entière confiance, est reçue en payement comme mille francs en argent, et, passant de mains en mains, elle règle toutes les transactions aussi bien que la somme en espèces à laquelle elle donne droit et qu'elle représente. Il s'établit ainsi une circulation fiduciaire (fiducia « confiance ») à côté de la circulation en numéraire.

Les instruments d'échange fiduciaires ont les avantages suivants :

V Ils sont encore moins encombrants que l'or.

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