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U observations pénétrantes et judicieuses, Capital and income ei lhe rate of inter est veut expliquer l’intérêt par Vimpatienre, et il expose que le taux de l’intérêt est plus ou moins élevé suivant que cette impatience est plus ou moins grande ; mais il admet implicitement que les gens « impatients sont les plus nombreux. Or rien ne prouve qu’il en soit ainsi. — On trouvera une brève démonstration de cette conception àa.ns\QsElementary principles of économies du meme auteur et dans son article, Une théorie de l'intérêt fondée sur l impatience, dans Scientia, 191Î. C’est dans ces deux dernières publications qu’il substitue l’expression d’ « impatience » à celle de d employées par lui dans les ouvrages précé-
(i) Cette observation est formulée, parmi beaucoup d’autres par M. Landry dans son livre très subtil sur V Intérêt du Capital Elle nous parait essentielle et de nature à iustifier le
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6i SECT. I. — l’entreprise privée et la répartition
m/ins de ranger indistinctement tous les emprunts d’Etat dans cette catégorie, ce qui serait assurément contestable, on doit admettre que l’emprunt en vue de la production l’emporte sur l’emprunt en vue de la consonmation. Et ici, l’impatience de jouir n’apparaît pl'is comme le mobile d’où résulte la demande des biens fu urs (i).
Or, en étudiant l’organisation de la production et le m îcanisme du crédit, nous avons constaté que celui qui prmd l’initiative de constituer une entreprise doit souveit faire appel au capital, soit en invitant des propriétaires de capitaux à s’associer avec lui aux risques et aux béiéfices de l’entreprise (actionnaires ou commanditaires), soit en leur empruntant leur capital (émission d’obligations, emprunts hypothécaires, escomptes et ayinces diverses). En ce dernier cas, l’explication de l’intérêt paraît particulièrement simple : l’emprunteur pa e un intérêt d’abord, bien entendu, parce que le préfet r est en situation de l’exiger (scs biens présents sont à la fois des biens futurs, il n’a donc aucune raison de les confiera autrui en échange de biens futurs); et ensu te parce que le revenu que l'emprunteur tire du capital emprunté lui permet de payer un intérêt. En d)iutres termes, dans l’emprunt en vue de la production, l’ir térêt s’expliquerait par la productivité du capital (2).
([) On peut même douter qu’il s’agisse ici dans l’esprit de l’empruiteur d’une véritable «préférence » des biens présents; on préfère quand on a le choix; pour choisir entre les biens prisi.nts et les biens futurs, il faut compter avoir en tous cas les biens futurs; or ici, l’acquisition des biens présents est normalement la condition de l’acjuisition des biens futurs avec lesquels se fera la restitution.
(>)Sur cette notion, consulter A. Aftalion, Zr-i trois notions de h productivité et les revtnus. Kev, d'écon. polit., 19 ii et A. Lan- DR' , On the return of productive agents and on the productity of capitid in pcrticular. Quaterly journal of économies, août, 1909.
CH. IV. — revenu DU CAPITALISTE prêteur : l’iNTÉRÊT 63
Cependant, cette dernière notion n’est pas aussi simple qu il semole au premier abord : que le capital ainsi emprunté soit productif, au sens technique du rnot, cela ressort de la définition même du terme de capital, telle que nous 1 avons formulée dans l’étude de la production, Mais on a fait observer que cette productivite technique était insuffisante pour expliquer la possibilité, pour l'emprunteur, de payer un intérêt. En effet, pour que l’emprunteur puisse payer l’intérêt, il faut, semble-t-il, non seulement que le capital soit productif entre ses mains, mais qu’il produise plus avec le capital Cînprunté gue sans ce capital, et gue la valeur du produit du capital soit supérieure a celle du capital lui-même. Pour reprendre 1 exemple de M. de Bôhm-ldawerk {i) ^ il ne suffit pas que le pecheur qui emprunte un filet prenne plus de poissons que précédemment, mais il faut que la valeur du nombre plus grand de poissons qu’il parvient à prendre soit supérieure à la valeur du moindre nombre de poissons qu il prenait (ce qui n’est pas évident en soi), et que 1 excédent de valeur obtenue soit supérieur à la valeur du filet lui-même.
Mais, sans suivre cet auteur dans toutes ses subtiles démonstrations, il est permis d’admettre que, généralement, l’accroissement de production qui résulte d’un appel au capital n’est pas exactement contrebalancé par une diminution de revenu par unité produite. Et, d autre part, nous avons vu plus haut, en étudiant le revenu de l’entrepreneur, comment et pourquoi le prix du produit pouvait avoir une valeur supérieure à celle des agents productifs employés par l’entrepreneur (2).
(1) Dans sz Positive théorie des Capitals{2^ volume de la Geschichte
(^üf)uaUund Capital:^instheorien),
12) Voir plus haut, ch. m. Le profit, § 3, M. de Bôhmuawerk en donne une explication différente (Positive Théorie des ^apitals, 2« ed., p. 318), et c’est cette explication qui est d’ailleurs
^ Il est vrai que le revenu de l’entrepreneur est essentidlement inégal, et même incertain, qu’il peut compcrter des rentes, ou faire place à des pertes de revenu, et iiême de capital. Mais simple possibilité, et par conl sé( ^ espérance, d un revenuaû a la productivité du capitasiijfit pour inciter l'entrepreneur à emprunter à intérêt. Ht le prêteur s assure le plus souvent des garanties f hypo hèques, cautions, engagements solidaires) qui' lui pei mettent de percevoir son intérêt, dût-il être parfois pndevé sur un capital et non un revenu.
la riison d’être de tout son ouvrage. En effet, il lui est apparu que le phenomene de l intérêt se conciliait mal avec la théorie autrichnnne de la valeur; d’après cette école, la valeur des biens pro- ‘^^^erminée par celle des biens produits, et, précise M. ie Dohm-Bawerk, la valeur des biens productifs est esale à celle des biens produits. Dès lors, comment expliquer que les biens produit s vaillent quelque chose en sus de la valeur des biens pro-
A * O surplus de valeur qui permet de payer l’intére . Car M. de Bqhm-Bawerk admet volontiers que l’intérêt proprement dit s’explique en partie par le service que le prêteur renc a 1 emprunteur ; mais encore faut-il que l’emprunteur puisse le piyer : cet intérêt « dérivé », qu’il paie, suppose un intérêt « originaire » qu il perçoit. Et voilà comment, pour M. de Bôhm- Bavvcrk, le problème essentiel de l’intérêt n’est pas tant dans l’interei^ proprement dit, ou intérêt dérivé, que dans l’intérêt originaire ou uapitiUgeiuinn (part du profit afférente au capital). Il faut noter cependant que, tout en posant le problème en ces termes, c’est surtout sous les traits de l’intérêt proprement dit que M. de Bohm-Bawerl; étudie le Kapitalgewinn ; il le traite, en effet, comme un revenu prop^ rtionnel au capital et constant, — alors qu’il s’agit d’un revenu essentiellement incertain.
L( caractère élénientaire de cet ouvrage ne nous permet pas d’exposer et encore moins de critiquer l’argumentation, d’ailleurs pleine d an., lyses pénétrantes et d’aperçus ingénieux, de M. de Bohm- Bawîrk. Nous nous bornerons à observer que cet immense effort neu sans doute pas été nécessaire si M. de Bôhm-Bawerk n’avait cru t evoir s arrêter à la formule rigide d’une « identité de valeur >' entrt les biens productifs et les biens produits, alors que le rapport de V. .leur entre les uns et les autres nous est apparu comme ccmplext , et résultant de réactions réciproques et toujours changeantes.