‹ Éléments d'économie politique [microform]Chapitre 116 sur 173 · CHAP. VI. — REVENUS EN MONNAIE, REVENUS REELS II · texte numérisé non relu

CHAP. VI. — REVENUS EN MONNAIE, REVENUS REELS II

mouvement général — ou moyen (i) — des prix. 11 ne suffit plus ici d’envisager la variation moyenne, que peut fournir une simple opération d’arithmétique appliquée indistinctement à l’ensemble des prix, il faut tenir compte de la nature des marchandises et des services dont le prix a changé, et de leur place respective dans la consommation. Ainsi, il se peut qu’à une hausse du prix du blé, de la viande, du poisson, des œufs, du sucre, etc., corresponde une baisse dans le prix des soieries, des dentelles, de la lingerie, etc., et que, mathématiquement, des deux variations en sens inverse se compensent. Mais, comme, dans cette hypothèse, les objets affectés par la hausse sont d’une consommation beaucoup plus courante que les objets affectés par la baisse, le coût de l’existence n’en est pas moins relevé. C’est en vertu de cette considération que certains index numhers^t destinés à rendre compte, non du phénomène des mouvements généraux des prix, mais du coût de l’existence, ont été établis après avoir attribué à chaque marchandise un coefficient proportionnel à sa place dans la consommation (2).

Cette place varie d’ailleurs selon la qualité du consommateur, et principalement selon la somme des revevenus dont il dispose : ainsi, le consommateur pauvre est tout spécialement intéressé par les variations dans le coût des subsistances, et celles-ci ne sauraient être compensées, à ses yeux, par des mouvements inverses dans le prix d’objets de luxe, dont il n’use pas.

Les variations dans le coût de l’existence ne dépen-

iT)Sur la signification des mouvements généraux des prix, voir t. I, p. 149.

(2) Voir par exemple les séries d’études sur les Wholesale prices, et les retail prices o/Jood publiés par le Labour bureau de Washington.

d ;nt, d’ailleurs, pas seulement des changements qui se P oduisent dans le prix d’achat d’un nombre déterminé de n archandises et de services, mais aussi de variations dans la nature et dans le nombre même des marchandises et des services nécessaires à l’existence. Sans doute, cette notion d( s nécessités de l’existence est très changeante d’un n.ilieu à 1 autre, et dans un meme milieu social, d’une éj cque à 1 autre ; et, pour pouvoir faire des comparaisons objectives entre le coût de 1 existence à diverses époques, oïl est obligé de calculer le coût d’une même quantité de mêmes marchandises ou services, comme si le nombre des marchandises et services ne changeait pas ; c’est ai isi que 1 on procède notamment pour l’établissement des tableaux relatifs aux variations du coût de l’existence oi vrière ; cependant, pour avoir vraiment des éléments comparables, il faudrait opérer certaines rectifications, et te lir compte, par exemple, de dépenses nouvelles et inévi ables telles que les trais de transport qu’est obligé d’icquitter aujourd’hui l’ouvrier travaillant dans une usine éloignée, et qu’il n'acquittait pas à l’époque où, faute de moyens de transport en commun, les ouvriers

se rendaient à pied à 1 atelier proche de leur de* m îure.

Ainsi, en résumé, les revenus réels ne peuvent êtreévalu(s qu’en tenant compte non seulement des variations de . revenus pécuniaires, mais aussi des variations dans le CO it de 1 existence ; celles-ci d’ailleurs résultent des fluctu; tions du niveau général des prix, mais sans se contoiidre tout à fiit avec elles (i).

i)On voit ainsi quelle influence exercent sur la détermination des revenus réels tous les facteurs qui agissent sur le niveau des pri; , tels que, par exemple, l’organisation de la production et de la circulation. Ainsi, le pullulement des commerçants de détail, en assignant à chacun d’eux un débouché trop restreint pour ses frais

Page 1