CHAP. VII. — DON.ATIONS, FONDATIONS
D’abord les individus qui bénéficient de libéralités se trouvent souvent placés dans une situation privilégiée, puisque, d’une part, les biens qu’ils reçoivent gratuitement peuvent les dispenser d’acquérir des biens par le travail, et que, d’autre part, ils peuvent participer à la production, dans des conditions généralement bien meilleures que ceux qui n’offrent que leurs services.^
Mais si, en procurant à certains individus des biens autres que ceux acquis par le travail, les libéralités contribuent souvent à accroître les inégalités de la répartition, elles contribuent parfois aussi à les atténuer : il arrive, en effet, qu’elles aient pour but de donner l’indispensable à ceux qui n’ont pu se le procurer par l’échange, à ceux qui n’ont pu « gagner leur vie ». C’est là ce que l’on appelle couramment la charité, ou encore l'assistance privée. Elle tend à corriger certaines inégalités extrêmes, en secourant ceux qui sont dans là misère.
Il est impossible d’évaluer par des chiffres l’importance du revenu ainsi attribué aux déshérités par la charité individuelle. On peut seulement affirmer, d’une part, que, en général, les individus qui ont des revenus supérieurs à leurs besoins n’en consacrent qu’une très faible proportion à la charité ; et d’autre part, que cette contribution volontaire est insuffisante pour faire disparaître même l’extrême misère.
Mais à la charité individuelle s’ajoute la charité collective et organisée, soit sous la forme de l’assistance publique (voir plus loin 2® section. Ch. II, § 2), soit sous la forme d’institutions de bienfaisance privées (i).
(i) D’après M. Gide, Economie sociale, 4® éd., p. 470, l’ensemble des libéralités charitables (Dons et legs à l’assistance publique, aux écoles, églises, communes et personnes morales ayant un but charitable) dépasserait à peine 60 millions par an en France, alors que l'annuité successorale est de près de 7 milliards. La proportion
126 SECT. I. l’entreprise PRIVÉE ET LA RÉPARTITION
modalités et le rôle des institutions daHons ~ ; fon-
lyijanisation àe l’assistance privée va de pair avec h sJ,eaahsaUon des, institutions d’assistance ; en ffe I s institutions charitables ne se donnent généralemein pas pour tache de distribuer des aumônes autour d’elles^ à la favon des particuliers ; chacune d’elles vise habiiuellVment un but spécial. Il en est qui réservent leurs secours aux lemnies en couches, aux enfants du premier ît>e aux orplielms, aux enfants malade.s, aux conv^îèscems; aux soldats et marins, a des malades incurables, à des vieil-
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a res aux familles sans domicile, ou des secours de
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