CHAP. II. — SERVICES PUBLICS ET REPARTITION
bien autrement affectées par l’entrée en scène de l’Etat fournisseur de services publics. Pour les raisons que nous avons indiquées plus haut (i), l’Etat n’attend pas la manifestation économique de la demande individuelle pour pourvoir aux besoins auxquels répondent les services publics ; et il couvre, le plus souvent, les dépenses qui en résultent, non pas grâce à une rétribution volontaire et proportionnelle des intéressés, mais par des contributions obligatoires, ou impôts. Par conséquent, l’Etat d’une part fournit des services, et d’autre part prélève des impôts ; et, par la façon dont il distribue les uns et les autres, il agit très notablement sur la répartition générale des richesses. C’est cette double action que nous allons envisager.
§ 2. — Les services gratuits de l’Etat. — L’assistance publique ; son rôle et son organisation.
L’Etat fournit la plupart de ses services sans percevoir de rétribution spéciale. Ces services ne sont généralement pas, à proprement parler, gratuits, puisque ceux qui en bénéficient contribuent, d’autre part et d’une façon générale, aux dépenses publiques. Mais le rapport entre les services de l’Etat et les contributions à lui fournir dépend à la lois de deux éléments, extrêmement variables d’un individu à un autre, puisque chacun paie plus ou moins d’impôts et a plus ou moins recours aux services de l'Etat. Aussi la seule règle générale que l'on puisse formuler à cet égard est toute négative ; il n’y a aucune corrélation ni proportion nécessaires entre s’usage qui est fait par l’individu des services publics et la participation aux dépenses qui en résultent. Et si
(i) Voir premi.r volume, Production, p. 69.