LES REVE^^US ET LES CHARGES DE FAMILLE LE PROBLEME DE LA POPULATION
§ problème de la Répartition et les charges
de famille.
Dans le chapitre qui précède, nous avons considéré a distribution des revenus globaux, sans distinguer si les bénéficiaires de ces revenus sont des individus isolés ou des chels de fiimille. Or, en fait, il en est des uns et des autres ; qu il s agisse de gros.de moyens, ou de petits revenus, ils appartiennent tantôt à des individus isolés, tantôt — le plus souvent, il est vrai — à des ménages, d ailleurs plus ou moins pourvus d’enfants. De telle sorte que ces revenus, quelle que soit la catégorie, à laquelle ils appartiennent, jéi répartissent à
eut tout entre un nombre fort inégal de personnes^ selon les cas.
Il convient d ajouter que, étant donné le mode de tormation de ces revenus, le nombre de personnes qui oit vivre sur un certain revenu influe le plus souvent issezpeu, et, en bien des cas, n’influe pas du tout sur son • montant. En elfet, la Répartition résulte surtout de la
CHAP. II. — REVENUS ET CHARGES DE FAMILLE l6}
rémunération des services productifs par les entreprises privées ; or, il importe peu à l’acheteur que le chef d’entreprise n’ait que lui seul à faire vivre ou qu’il ait une nombreuse famille à entretenir : cette dernière considération ne saurait en aucun cas permettre à l’entrepreneur de relever son prix de vente ; le chef d’entreprise, à son tour, se soucie fort peu que le capitaliste qui lui prête ses capitaux, ou le salarié qui lui iournit son travail, soient célibataires, ou qu’ils aient plusieürs bouches à nourrir ; le taux de l’intérêt ou du salaire ne saurait en aucune façon se proportionner aux charges de l’intéressé.
Quant à l’Etat, nous avons vu plus haut que ses procédés de rémunération ne diflerent pas essentiellement, sur ce point, de ceux des entreprises privées ; et c’est à peine si, depuis quelque temps, il commence, dans certains pays, à prendre en considération effectivement les charges de famille.
Il est vrai, que, dans la classe ouvrière, le revenu de la famille n’est bien souvent pas constitué uniquement par le salaire de son cheL La femme, puis les enfants, travaillent, et ceux-ci, en vertu d’une tradition constante, versent leurs salaires au budget familial jusqu’aux approches de leur majorité, parfois plus longtemps encore, s’ils continuent à vivre sous le toit paternel. Mais il faut noter que la mère de famille peut difficilement gagner un salaire d’appoint quand elle a de jeunes enfants à élever ; les enfants, à leur tour, ne peuvent guère gagner un salaire avant l’âge de treize ans ou quatorze ans. C’est donc pendant quelques années seulement qu’ils peuvent «rapporter», .à leurs parents un supplément de revenu suffisant pour compenser les frais de leur entretien.
Ainsi, le budget du ménage ouvrier présente une courbe fort irrégulière, qui se traduit par de larges oscil-
164 sect. III. — répartition des revenus globaux
l’existence. A vingt ans. Tou
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