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CHAP. I. — SOC. COOPERAT. DE CONSOMMATION

de bonneterie, de lingerie, de mobilier, de conserves, de chocolats, de biscuits, etc.), le tout pour une valeur d’environ 150.000.000 par an. Elle possède une banque, un domaine agricole en Angleterre, des docks, des navires, des comptoirs à l’étranger, une fabrique de suif en Australie, une plantation de thé à Ceylan...

La Wholesale de Glasgow, londée en 1868, groupe autour d’elle environ 300 sociétés écossaises, fait pour 200.000.000 de francs de ventes, et produit des articles divers pour une soixantaine de millions. Si l’on ajoute à la production de ces deux sociétés fédératives celle des coopératives produisant isolément, on constate que le montant global de la production effectuée en Grande-Bretagne sous la direction de la coopération de consommation dépasse 400 millions de francs par an (i).

Dans aucun autre pays, la coopération de consommation n’a atteint un tel degré à la fois de développement interne et d’expansion. Mais, un peu partout, le mouvement coopératif tend à prendre la forme fédérative, qui seule lui permet d’aborder l’achat en gros, et qui favorise la production coopérative. En Allemagne, le magasin de gros fondé à Hambourg en 1894 dépasse déjà un chiffre d’affaires de cent millions. En France, la fédération des sociétés coopératives a été

fi) Il ne faut pas confondre la production par les coopératives de consommation avec la coopération de production. Sans doute, les sociétés de consommation réservent souvent, en France notamment, leur clientèle aux groupements coopératifs de producteurs ; mais dans les usines qu’elles créent, tous les travailleurs sont salariés. Cependant on institue parfois en leur faveur la participation aux bénéfices : les coopératives françaises admettent même qu’ils aient des représentants au conseil d'administration ; par contre, la plupart des sociétés anglaises ne leur permettent même pas d’être membres de la société de consommation où ils sont employés.

longtemps retardée par la scission en deux groupes des sociétés socialistes et des sociétés « bourgeoises », Mais a iusion des deux groupements est actuellement réalisée, et un magasin de gros, destiné à toutes les sociétés cooperatives françaises, a été organisé (i).

Il faut enfin mentionner, la création, en 1895, à la suite du congrès coopératif de Londres, d’une Alliance cooperative internationale, simple organe, jusqu’ici, de documentation et de propagande, qui manifeste son existence par des publications et par la réunion de congrès internationaux. ^

§ 6. — Les ligues d’acheteurs.

A côté des sociétés coopératives, il existe actuellement des groupements d’allure encore indécise, mais qui peuvent contenir le germe d’un élément nouveau dans organisation économique (2). Des coalitions de consommateurs se sont constituées en ces dernières années notamment à la suite de la hausse des prix ; et l’on a pu voir des grèves de consommateurs.

En dehors de ces groupements temporaires, produits spontanés de circonstances anormales, il s’est constitué es associations permanentes de consommateurs. Mais, jusqu ICI, la plupart d'entre elles ont moins pour but de defendre les intérêts des consommateurs que de les discipliner, de faire leur éducation sociale, en leur faisant

(I; La fusion a été réalisée au congrès de Tours, en décem-

bre 1912, et elle a réuni YUnion coopérative^ qui groupe 41 1 so-

cietes et la Conjédération des coopératives socialistes, qui^en groupe

480. On trouvera le texte de l’accord intervenu’ entre Is^ deux

1 organisation fédérative nouvelle, dans le Diilletin de l Office du travail^ 1913, p, 476.

(2) Voir sur ce sujet la conférence ironiquement suggestive de M. Gide, Le régné du consommateur dans son recueil, La cwpération.

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