‹ Éléments d'économie politique [microform]Chapitre 158 sur 173 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LE CREDIT A LA CONSOMMATION ET A l’hABITATION

Le crédit à la consommation

Parmi les institutions qui font de la consommation non pas une manifestation de l’activité individuelle, mais une manifestation de 1 organisation économique, il y a lieu de citer les institutions relatives au crédit à la consommation. En effet, consommer, au point de vue économique, c est, comme nous l’avons noté plus haut, tout à! dhoïà dépenser, aménager la dépense. Or, pour dépenser, il laut disposer d’un revenu : et le revenu peut ne pas exister au moment où se fait sentir le besoin qui nécessite la dépense. Lorsqu’un individu est totalement dénué de ressources, la charité, l’assistance peuvent seules lui en procurer. Mais lorsqu’il espère acquérir plus tard le revenu qui lui fait défaut actuellement,

individu peut obtenir ce revenu par anticipation, en empruntant.

L opération du prêt n’est pas ici essentiellement différente de ce qu elle est en matière de production, et le mécanisme economiaue et iuridinn/» nnnc An Act-

connu dans ses traits essentiels. Souvent même, l’intention seule, ou, si Pon veut, le but de l’opération, et non sa forme, permet de distinguer le crédit à la consommation du crédita la production. Ain^^i, les emprunts hypothécaires sont parfois destinés à fournir au propriétaire de l’immeuble des capitaux nécessaires à l’agrandissement de son entreprise ; souvent aussi, plus souvent peut-être, du moins dans les campagnes, ils n’ont pas d’autre but que de fournir à l’emprunteur le moyen de satisfaire aux besoins de sa consommation immédiate.

Cependant, certaines formes du crédit sont spécialement destinées au prêt à la consommation. Il en est ainsi tout d’abord de ce crédit que les commerçants de détail font fréquemment à leurs clients, pendant les périodes de maladie, de grève ou de chômage involontaire. Et, quels que soient les inconvénients et les dangers que cette pratique comporte, à la fois pour les prêteurs et pour les emprunteurs, on doit constater que, dans l’état présent des choses, elle répond à un besoin ; le petit commerçant est une sorte de banquier occasionnel, et le crédit à la consommation constitue, du moins à l’égard d’une partie de sa clientèle, une de ses fonctions essentielles.

Mais le crédit à la consommation prend aussi des formes plus perfectionnées, encore qu’elles soient déjà fort anciennes. Il prend parfois la forme d’un crédit ràly très régulièrement organisé. C’est ainsi (\\sq\qs Monts-depiété font des prêts sur gage. Les Monts-de-piété sont particulièrement nombreux et importants en Italie, leur pays d’origine (i). En France, il en existe unecinquan-

(i) Monte signifie banque en italien. — Les monts-de-piété remontent à une époque où le prêt à intérêt était encore condamné par l’Eglise. Ils étaient très nombreux en Italie au xv* siècle. Voir A. Blaise, Des Monts-de-Piété, 2 vol., Paris, 1856.

Page 1