CHAP. 1. — PA MONNAIE
c’est précisément le fait qu’elle n est pas utilisée directement et qu’on ne la prend que pour la remettre en
circulation (i). , , ixf: • • ^ i
Nous laisserons donc en dehors de la définition de la
monnaie la notion de marchandise, qui, en tant qu elle peut avoir un sens précis dans la terminologie économique, ne lui est pas essentielle.
Nous n’y ferons pas rentrer davantage k notion d’instrument d échange i car, bien qu elle exprime assurément la fonction primordiale de la monnaie, des conceptions que l’on rencontre fréquemment dans les écrits relatifs à la monnaie montrent le danger d attirer trop exclusivement l’attention sur cette notion abstraite.
Nous éviterons ainsi de donner une définition qui implique une conception quelconque de la nature de la monnaie et de ses fonctions ; et, nous fondant sur un critérium d’ordre psychologique, nous dirons simple-
ment ;
La monnaie est un objet que l’on reçoit hahiluellement dans les échanges , non pas pour lui-menie, mais en vue de r échanger à so)i tour ultérieurement.
§ 2. — Les fonctions de la monnaie.
Ces réserves faites, nous pouvons indiquer sent, quelles sont les principales fonctions naie.
i54 part. Il, — CIRCULATION
Le rôle de la monnaie se conçoit tout d’abord lorsque l’on se représente les diftîcultés qu’offre le troc ou échange en nature. Qu’est-ce, en effet, que le troc ? Un échange immédiat de deux marchandises, c’est-à-dire de deux objets destinés l’un et l’autre à une utilisation directe. Or, celui qui désire acquérir une marchandise déterminée rencontre difficilement un coéchangiste enclin à accepter la marchandise dont il dispose ; celui-ci désire une charrue, et possède un cheval dont il peut se passer ; lorsqu’il aura trouvé l’homme qui peut lui fournir une charrue, rien ne prouve que celui-là aura précisément besoin d’un cheval. A supposer cependant que cette heureuse rencontre se produise, les objets mis en présence pourront n’ètre pas estimés équivalents. Et si l’un deux au moins ne peut être divisé sans détérioration, le marché ne pourra se conclure que par des combinaisons assez compliquées. C’est ainsi que nous vo)’ons (( un Egyptien du temps des Ramassides troquer un taureau contre une natte, cinq mesures de miel, onze mesures d’huile, et sept autres articles divers » (i). On est conduit, de la sorte, très vraisemblablement, à
accepter des objets que l’on ne désire pas immédiatement.
Les difficultés du problème ne se trouvent résolues que du jour où l’usage s’établit d’accepter, à la place des marchandises aliénées, et de fournir à la place des marchandises acquises, non pas une marchandise désirée pour elle-même, mais un objet — ioujours Je même — qui n est reçu qu’en vue d’être remis en circulation, et qui, constamment consacré au règlement des échanges, devient une monnaie. Ainsi disparaît tout d’abord le principal obstacle à l’échange ! l’individu qui veut acquérir ou aliéner une marcltandise n’a plus, désor-
(i) Voir DE Foville, La monnaie, p. 9,
Chap. 1.
LA MONNAIE
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mais, à se préoccuper du désir de son coéchangiste . il achète ou vend, c’est-à-dire qu’il donne ou reçoit de la monnaie en échange de cette marchandise. Et, pour peu que la monnaie en usage se compose ^ ele^ems faciles à additionner et à diviser, la seconde difficulté, qui est d’offrir l’équivalent de la marchandise demandée, disparaît à son tour. . , ,,
Sans douie, celui qui reçoit la monnaie n a d autre
but que de s’en servir tôt ou tard, en 1 aliénant contre autre chose; et il n’est pas malaisé de voir que 1 operation d’échange commencée par l'acquisition de la monnaie ne sera complétée que par son aliénation; mais le troc primitif n’en est pas moins rompu par l’intervention de la monnaie. Il est donc bien vrai de dire qu e le sert d'intermédiaire dans les échanges. Et c’est là, semble-t-il, sa première fonction. , . ,,, 1
D’autre part, en vertu de 1 habitude prise d échanger les marchandises contre de la monnaie, c’est par rapport à elle que l’on est amené à les évaluer. La monnaie de vient ainsi la commune mesure des valeurs ; et c est, peut-
on dire, sa seconde fonction. ^ ^
Ce n’est pas tout. La monnaie constituant le mojeii
usuel de se procurer une marchandise quelconque, une somme de monnaie représente, en quelque sorte, 1 utilité de toutes les marchandises qu elle permet d acquérir. 01 a cette considération l’on ajoute que la monnaie est généralement incorporée dans une matière durable et peu encombrante, comme un métal précieux, par exemple, on s’explique aisément la faveur dont elle jouit dans l’estime populaire et l’idée qu’elle symbolise, pour ainsi dire, la richesse. C’est, en effet, sous cette forme que la richesse se conserve, s’accumule et s’échange le mieux. Nous verrons plus loin que c’est la forme la plus commode du capital, et celle sous laquelle il se transfère le plus aisément. La monnaie est donc, à proprement par-
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