IL
PART. II
1er, 1 instrument primordial du crédit. Ht, contrairement à la tradition classique qui y voit exclusivement un moyen d écnange, nous devons noter, dès à présent, que la monnaie intéresse, non seulement le mécanisme de la circulation, mais celui de la production proprement dite.
Le troc a fait place non pas seulement à Héchange décomposé en achat et vente, mais à toute la série des autres contrats pécuniaires (prêt, commandite, louage, dépôt irrégulier, etc.), qui constituent les opérations économiques élémentaires sous un régime de propriété privée. Et, pour se faire une idee du rôle de la monnaie, il ne suffit pas de dire, avec les classiques, qu’elle « facilite » les échanges, « comme l’huile facilite le mouvement d une machine » ; mais il faut se représenter que révolution économique de l’humanité, telle qu’elle s’est accomplie, nous serait inconcevable si nous en Lisions abstraction.
D ailleurs, 1 action de la monnaie se manifeste sous des formes variées, et donne lieu à des phénomènes économiques nombreux que nous aurons à expliquer.
§ 3. — La matière monétaire. — Monnaies métalliques et monnaies de papier.
La matière dans laquelle s’incorpore la monnaie a beaucoup varié suivant le temps et le milieu. Chez les :>euples pasteurs, les têtes de bétail, et principalement es moutons, ont joué le rôle de monnaie, et cet usage a laissé des traces dans notre propre langue, l’adjectif pécuniaire étant dérivé du mot latin peciis, troupeau. Divers autres objets d’un usage courant, autrefois le taaac en Virginie, les balles de plomb en Massachusetts, •écemment encore, la morue à Terre-Neuve, et, de nos ours, le thé au Thibet, le sel et le mil en Afrique,