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chapitre IV

LA BOURSE

g I __ Déünition. — Bourses de valeurs et bourses de marchandises.

Li Bourse est un inarM, li'és ré^uVièmneni organisé, comnorunt l’existence d’un ta/, où acheteurs et vendeurs srŒènl à des heures fixées, mais présentant cette narticularité que lés marchandises négociées n y figurei oue sous h forme ^échantillons oü de titm reprcsintaufs ^ E“ e qu concerne le premier caractère, on peut dire nnelaUrseest.detous leS marchés.celui qui se rapproche r plusl type’théorique : vendeurs et acheteurs y son

onmbès et formulent à haute voix leurs offres et leurs demandes ; et les cours auxquels '- transactions so^ conclues sont aussitôt inscrits a la cote. U concurrence des acheteurs et des vendeurs s’y manifeste donc librement, et les résultats en sont publiquement enreg.s-

'"^^Mais si les acheteurs et les vendeurs sont preiems - ou du moins représentés par des 'utermedunres effectivoment présents et réunis dans iC local, les i

chandisessLtntento-Toutauplus voit-on, danscertains

cas, des échantillons destinés, s’il y a lieu, à en préciser la nature et la qualité. De cette absence de la marchandise résultent deux conséquences fort différentes : la première, c’est que le marché de bourse peut porter sur des quantités illimitées, en ce qui concerne les objets auxquels il s’applique; la seconde, c'est qu’il ne peut s’appliquer qu’à des catégories d'objets asseg^ limitées.

En ehet, l’absence de la marchandise permet de négocier des marchandises très éloignées, et même des marchandises non encore existantes (par exemple, des produits agricoles non encore récoltés). Ce caractère donne donc aumarchéen bourse lemaximum d’étenduedansle temps et dans l’espace. Et si l’on tient compte des communications télégraphiques, qui relient aujourd’hui les bourses du monde entier, on peut dire que la bourse constitue bien souvent un marché universel. Mais, par contre, l’absence de la marchandise est un caractère qui restreint nécessairement l’application du marché en bourse aux objets qui peuvent être représentés. Or, seuls peuvent être négociés, sans être vus par l’acheteur, des objets pouvant être classés dans des types bien définis, et ne présentant pas de particularités individuelles, par conséquent des objets ou interchangeables. Ainsi, on ne pourrait établir une bourse aux chevaux ; car tout cheval a son individualité, et l'on ne saurait acheter indifféremment l’un ou l'autre, malgré les précisions apportées dans la détermination de sa race, de sa taille, de sa robe, etc. Au contraire, le blé se négocie aisément en bourse, parce que, d’abord, il peut être classé en catégories suffisamment définies, et que, à l’intérieur de chaque catégorie, un grain de blé en vaut un antre; c’est une marchandises fon^ihle. Ce caractère de fongibilité est essentiel ; car il rend seul possible les opérations de boûrse les plus fondamentales .

Parmi les objets qui se prêtent le mieux au trafic de

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bourse, il convient de mentionner en première ligne les valeurs mobilières. En effet, il suffit de nommer un titre pour le distinguer des autres, et les titres d une même catégorie ne different entre eux que par un numéro d’ordre. Les négociations portant sur les valeu s mobilières sont ainsi celles qui présentent le plus de aénérahté et le plus d’importance economique . el es se font dans des bourses spéciales, diies bourses dt valeuis landis que l’on réserve le nom àt bourses ae mai chan dises aux bourses où se négocient les marchandises oi-

dinaires.

§ 2. — Organisation et ïonctionnement des bourses.

Les bourbes sont généralement assez étroitement rèH>lementées par l'autorité publique. Cependant, dans certains pays, notamment en Angleterre, leurs statuts sont simplement établis par des corporations. La legis lation, la réglementation, les traditions, les usages va rient suivant les pavs, et se’mn qu il s agit ue bourses de valeurs ou de bourses de marchandises. Et de ces diveioences résultent des différence:,, parfois assez notabfes, dans le fonctionnement des bourses et dans la nature de leurs opérations. Cependant, on peut dire que l’organisation d’une bourse comporte normalement un Groupement d'intermédiaires professionnels astreints une^ertaine discipline, des règles précises^ relativement aux opérations qui s’y effectuent, et généralement une linuidation collective et périodique des operations. ^

Il serait donc possible de tracer un tableau schemafique des opérations de bourse les plus fréquentes, et de leur exécution. Mais il est préférable de donner a cet expo.sé une base concrète, et nous prendrons pour base l’organisation et le fonctionnement des bourses de valeurs en France et tout spécialement de la Bourse d>-

Paris (i) — nous réservant d’examiner plus loin les particularités relatives aux bourses de marchandises.

§ 3. — Principales opérations de bourse : a) Comptant et terme ; opérations fermes et à prime; b) Report, déport ; c) Arbitrages.

a) Comptant et terme ; marché ferme et à prime. — On doit d’abord distinguer deux catégories d’opérations de bourse : les opérations au compt.int et les opérations à terme.

Les affaires au comptant ne présentent pas de caractères distinctifs bien importants ; elles consistent à ache-

(i) A Paris, il y a lieu de distinguer le marché officiel, ou bourse proprement dite, et la coulisse, ou marche en banque, simplement tolérée. Sur le marché ofMciel, les transactions ne peuvent avoir lieu que par l’intermédiaire d’officiers ministériels assermentés et nommés pas décret du Président de la République sur la proposition du ministre des finances, que l’on nomme agents de change ; ceux-ci ne peuvent, d'ailleurs, faire d’affaires pour leur propre compte; ils n’ont pas même à donner de conseils à leurs clients, et doivent se borner à exécuter les ordres reçus, en prélevant la commission prévue. Les agents de change, actuellement au nombre de soixante-dix, forment une compagnie ou chambre syndicale, avec un syndic et six adjoints élus. Cette chambre surveille ses membres, constate les cours, et rédige la cote officielle.

Les agents de change se réunissent dans les locaux de la bourse, chaque jour de semaine de midi à trois heures, dans un emplacement réservé, appelé corbeille.

A Paris, il y a deux liquidations par mois : une de fin de mois, qui est la plus importante, et une de quin\ain(, ou du quinze. La liquidation de fin de mois dure quatre jours, et celle du quinze, trois

Voir le rapport de M. M.\nchez, sur le Marché financier de Paris dans le Congrès des valeurs mobilières de i goo, t. IV, et, sur les bourses étrangères, divers rapports dans la même ccllection.

Sur le marché de New -York, consulter l’article de M. A. E. Sa vous dm*; la Revue économique internationale de mars 1908 : La Bourse aux valeurs de Nexo York au siècle.

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ter en payant aussitôt, comme sur un marclie quelconque lI seule différence, sur les bourses de y» eurs franÇises, est dans l'obligation de se servir d un mtame-

diacre ' Vas^ent de change. ^ .

Le marché à terme est, au contratre, une propre à la bourse et reposant essentiellement sur les Laïités propres aux marchandises de bourses et principalement sur leur fongibilité. 11 consiste ^

conclusion du contrai, toutes les L

ture exacte de la marchandise, quantité,

livraison, mais en en uïï

différant à la lois la livraison et k paiement . On Ç^nço res

bien qu’une telle opération ne présenterait qu un minime

iméiL dans un mirché ordinaire. En bourse au contrai .

elle prend, en raison de la P'^rtaiie fongibilité de.sol |e ^

néROCU"s, une signihcaiion considerabL , en ^net,

marché pouvant se faire sans que la

présentée à l'acheteur, et le vendeur ayant un cer a m

délai pour livrer, il peut vendre une marchandise qu J l ne

fossèlpas.on, comme on dit en -'f

vendre li découvert. Et nous v-errons plus loin de cet e

importante particularité découle en grande pattte la

fonction économique des bourses. a„nne fixe

Les opérations .f terme se liquident a epoque fixe, et les akires engagées sont réglées par cowpemalton I entre les intermédiaires — agents de change q ' échangent entre eux les titres et les sommes d argen

^'^iJfaffqne les oplations à ternie se liquident à époque fixe.

, et pa/ compensa, ioi a égaknteu, une grande

la durée de la liquidation, compenser

opération en sens contraire, de maniéré a n avoir è rece vorou è verser an total que la diÿerence représentant gain ou la perte effectués par eux, sans avoii a manier le

LÀ BOURSE

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circulation

part. II

îianaler, à côté du marché à terme simple ou « terme », le marché à pri)ne. Dans le marche à prime, 1 une des parties — généralement l’acheteur verse une prime mo3'ennant laquelle il a le droit de résilier le marché, si, à l’échéance la variation du cours lui est contraire. La prime limite sa perte en ce cas ; elle vient en déduction

de son bénéfice dans le cas contraire, i)

rty déport. — Il arrive souvent que le spécurvenu à une époque de liquidation, ne veuille

ni s’en tenir à un ; qu’il veuille, en 'il espère ainsi rér encore. — Fans près avoir liquidé aitiale, à la hausse

b) Repo lateur, pa

ni en venir a une execuuou simple paiement par diftért outre, maintenir sa position, parer sa perte, soit qu’il esp doute, il pourrait, immédia par différence, reprendre sa ] ou à la baisse, selon qu’il est il est d’usage (2) de faire o seul coup, et c’est ce que report.

Voici comment on peut considérer le report, en se plaçant successivement du côté de l acheteur, puis du côté du vendeur. L’acheteur qui, arrivé à une époque de liquidation, désire maintenir sa position, s’adresse à son agent de change, en le chargeant de le « faire reporter ». L’agent de change cherche alors quelqu’un qui soit disposé à « lever » les titres à la place de son client. Le reporteur lève donc les titres immédiatement, c'està-dire qu’il les paie et en prend possession, à la place

■ (0 Sur le détail des opérations de bourse, il existe un grand nombre d’ouvrages écrits par des spécialistes, parmi lesquels on peut citer celui de Robert-Milles, Grammaire de la bourse.

^ (2) On réalise l’économie d’un courtage, en réunissant les deux

opérations en une seule.

Nogaro ^ 3

2IÔ PART. If. — CIRCULATION

de l’acheteur, en s’engageant toutefois à les lui restituer à la liquidation suivante contre paiement du prix. A cette nouvelle échéance, les titres seront donc définitivement levés, à moins que l’opération ne se règle par une différence, ou qu’il n’y ait un nouveau report.

Un vendeur peut aussi désirer maintenir sa position : pour cela, il lui suffit précisément de reporter » un acheteur. Il tait donc connaître ses dispositions à son agent de change. En « reportant », il se procure ce qu’il lui taut pour liquider sa première opération : les titres ; et, comme il ne les lève qu'en les revendant pour la liquidation suivante, il maintient en même temps sa position de vendeur.

Comme il peut y avoir tout aussi bien des baissiers que des haussiers qui veuillent maintenir leurs positions, il se trouve normalement des vendeurs pour « reporter » les acheteurs, et l’on peut dire que le vendeur et l'acheteur sont la contre-partie naturelle fiin de T autre, dans l’opération du report, et qu’ils se rendent un service réciproque.

Cependant, ce service peut n'etre pas égal pour les deux parties, et létaux du report varie en conséquence. Lorsqu’il y a plus d’acheteurs que de vendeurs désirant maintenir leur position, la demande de report est supérieure à l’offre : en ce cas, les reporteurs revendent le titre aux acheteurs à un prix supérieur à celui auquel ils ont consenti à le lever à leur place ; ils perçoivent donc la diffé rence entre les deux cours, et cette différence est d’autant plus grande que l’écart entre l’ofiVe et la demande est lui-même plus grand. La différence ainsi payée par r acheteur qui se fait reporter est également dénommée, dans un sens plus étroit du mot, report.

Mais il ne faut pas croire que l’opération du report cornporte toujours de la part de V acheteur le versement d’un report — ■ stricto sensu, — qui serait comme l’intérêt obligé de l’avance de fonds qui lui est faite.

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En efi'et, lorsqu’il y a plus de vendeurs que d’acheteurs désirant maintenir leur position, il y a, par là même, plus de vendeurs s’offrant à reporter, que d’acheteurs demandant à être reportés. En ce cas, le cours auquel les titres sont levés s’établit plus haut que celui auquel ils doivent être restitués ; la différence des deux cours est donc perçue par les acheteurs : c’eSt la rétribution du service rendu aux vendeurs, lesquels avaient plus besoin de titres que les acheteurs n’avaient besoin d’argent. En ce cas on dit, en langage déboursé, qu’il y a déport. — Le terme de déport n exprime donc pas l’opération inverse du report, au sens large, mais le simple fitit que les frais en sont payés par les vendeurs. — Il peut arriver également que l’offre et la demande soient sensiblement égales, et que le report soit au pair, le cours d’achat et le cours de revente des titres étant les mêmes.

Le taux auquel s’efiectue l’opération du report dépendant normalement du rapport existant entre le nombre des acheteurs et celui des vendeurs qui désirent maintenir leurs positions, on voit qu’il peut passer progressivement du déport au « report » et du « report » au déport, les deux situations étant également possibles (r ).

Mais il faut ajouter que le taux auquel s’effectue l’opération du report est influencé aussi par des interventions

(1) On dit, dans les journaux financiers, qu’il y a report lorsque le cours du terme est plus élevé que celui du comptant et qu'il y a déport dans le cas contraire. Ainsi, lorsque la rente est cotée 99fr. 50 au comptant et 99 fr.yoà fin de mois, on dit qu’il y a report et qu’il est de 20 centimes. Cependant, comme d’après les usages de la bourse de Paris, le coupon à échoir est compris dans le cours des titres, le cours du terme, pour un titre livrable après l’échéance du coupon, est normalement supérieur à celui du comptant de la fraction de ce coupon qui sera gagnée dans l’intervalle. Le report effectif peut donc être moins grand qu’il ne semble, il peut être nul, et peut même taire place à un déport réel.

CIRCUI.AIION

extérieures. En effet, lorsqu’il y a report, au sens étroit, divers détenteurs de capitaux (particuliers, établissements de crédit, compagnies de chemins de ter et autres grandes administrations) qui ont à faire des placements à court terme, trouvent avantageux de « placer leurs fonds disponibles en reports». C’est-à-dire, que, n’ayant pas d’ordres antérieurs à prolonger, ils se bornent à remettre des tonds aux agents de change pour les mettre à la disposition des haussiers désireux de se faire reporter. Pour ces capitalistes, cela équivaut à une avance sur titres, puisque, en échange de leur argent, ils reçoivent et conservent les titres levés par eux jusqu’à la liquidation suivante (d’où l’idée répandue dans le public que le report est essentiellement un placement à court terme). Cette intervention tend à faire baisser le taux des reports, et à faciliter les positions à la hausse.

Inversement, il y a aussi des capitalistes qui lournissent aux agents de change des titres quand il y a déport. Mais cette opération- est moins familière au public (i).

c) Les arbitrages. — L’expression d’arbitrage sert à désigner des opérations assez diverses, qui ont ceci de commun qu’elles comportent un achat et une vente simultanés. Un arbitrage peut consister à vendre simplement au comptant une valeur, en employant immédiatement le prix de la vente à acheter une autre valeur pour faire

(r'^ L’ouvrage capital sur cette matière est celui de M. Allix, Les Reports dans les bourses de valeurs (Th., Paris, 1900) publié chez Giard et Brière.

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Un arbitrage peut aussi consister dans un achat et une vente à terme, opérés simultanément sur des valeurs différentes. En ce cas, le spéculateur est haussier

d’un côté et baissier de l’autre.

Il y a aussi des arbitrages de place à place portant sur une même valeur. Il y a, en effet, des marchandises et principalement des valeurs, dites internationales, qui sont cotées à la fois sur plusieurs bourses,^ par exemple à Paris et à Londres. Si le cours de l’une d’elles est plus bas à Paris qu’à Londres, il y a intérêt à en faire l’achat sur la première place et à la^ vendre sur la seconde. Cet intérêt tait agir un certain nombre de spéculateurs. — Nous reviendrons plus loin sur \ts aihttrages internationaux, dont l’étude soulève des problèmes de change.

Les arbitrages en général peuvent être pratiques sur diverses marchandises de bourse, sur les matières d or et d’argent, sur les lettres de change ou traites, sur les valeurs mobilières. Ils remplissent,^ selon les cas, des ionctions économiques diverses, qui seront envisagées dans la suite.

§ 4. Particularités relatives aux bourses de marchandises.

ma

Les opérations qui s’effectuent sur les bourses de marchandises sont, dans l’ensemble, très analogues à celles

des bourses de valeurs.

On y fait des ventes au comptant, dénommées ventes en disponible, et des ventes à terme, qu on qualifie généralement de ventes à livrer. — Nous verrons cependant, au paragraphe suivant, qu on peut, à certains égards, distinguer le marché à livrer du marché à terme sans livraison effective. — Les opérations à terme sur

marchandises sont souvent laites à une échéance très éloignée : trois mois, six mois, un an même.

Ici encore, le marché à terme donne lieu à des combinaisons très variées (marchés fermes, à prime, facultés) (i). On procède également, ainsi que nous l’avons déjà indiqué, à diverses sortes d'arbitrages. Enfin, on ■>ratique aussi le report dans des conditions assez semblables à celles qui sont en usage dans les bourses de valeurs (2).

Cependant, les bourses de marchandises présentent diverses particularités d’organisation importantes dues principalement à la nature de l’objet négocié.

Les intermédiaires ou courtiers jouent ici un rôle moins exclusif que dans les bourses de valeurs. D’abord, les particuliers sont généralement admis dans les bourses de marchandises, — sauf, sur certaines places, les restrictions tendant à n’admettre que ceux, commercants ou industriels, qui ont aux marchés de bourse un intérêt professionnel. — Puis, les courtiers ne sont généralement pas chargés, comme les agents de change, de liquider ces opérations.

C’est d’ailleurs par l’exécution et la liquidation des marchés que le mécanisme des bourses de marchandises se différencie le plus de celui des bourses de valeurs.

(1) Pour plus de détails, consulter Dan Y, Manuel pratique des opérations commerciales, et Repoux, La bourse des marchandises de Paris, Th., Paris, 1909.

(2) Ici encore, les dénominations usuelles ne correspondent qu approximativement à la réalité. Ainsi, on a coutume de désigner sous le nom de report, stricto sensu, l’écart entre le cours du comptant et le cours du terme, lorsque le cours du terme est le plus élevé ; et l’on désigne aussi sous le nom de déport la différence des deu.K cours quand c’est au contraire le cours du comptant qui est le plus élevé ; cependant, d’autres facteurs que le report proprement dit peuvent expliquer cette différence entre les deux cours.

teur, en achetant avant son échéance s’il est vendeur. Mais Y exécution effective se fait par un tout outre méccmisnic , et cette différence s’explique tout d abord par la nature de l’objet négocié ; les agents de change, en etîet, manient les titres qu’ils négocient j ils les détiennent, se let transmettent entre eux, et peuvent les remettre eux mêmes à ceux de leur clients qui en demandent livraison Ces titres sont V objet même de la négociation . Au contraire sur la bourse d:s marchandises, on ne manie que de titres représentatifs de la marchandise, et non la riiarchan dise elle-même. Il faudra donc, pour arriver au lèglemen définitif de la transaction — au moment où elleabouti à une exécution effective, — atteindre la marchandise elle même, quLse trouve, non en bourse, mais dans un ma

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gasin, et qui est détenue, non par un intermédiaire, mais par un particulier.

Pour en arriver à cette dernière partie de l’opération, on emploie un appel de livraison appelé filière. Et le mode de liquidation varie selon que la filière constitue, en même temps qu’un instrument de livraison, un instrument de liquidation générale, ou que la liquidation est confiée à une institution spéciale, dite caisse de liquidation, — la filière étant alors réduite au rôle d’appel -de livraison.

a) Liquidation par filière. — Le procédé le plus ancien est celui qui consiste à opérer toute la liquidation au moyen de la seule filière. La filière est un appel de livraison endossable dont l'emploi aboutit, en ce cas, à mettre en rapport un acheteur et un vendeur également disposes à exécuter effectivement leur marché, tout en compensant , en passant, les opérations destinées à se régler par une simple différence.

Voici comment cette opération s’efiectue : tout vendeur qui n’a pas préalablement annulé par un achat avant l’échéance la vente qu’il a faite, et qui, par conséquent, doit livrer effectivement une marchandise qu’il détient, adresse à son acheteur un appel écrit, appelé filière.

« Si cet acheteur a lui-même revendu avant le terme, il transmet par voie d'endossement l’invitation à son propre acheteur, pour que celui-ci prenne sa place ; si ce dernier a également revendu, il agit de même envers le troisième acheteur, et ainsi de suite : de cette manière, l’appel en livraison suit la filière de tous les acheteurs successifs, jusqu’à ce qu’il en trouve un disposé à recevoir la marchandise; et c’est cette circulation de l’appel en livraison qui lui a valu le nom de filiere (i). »

(i) Dany, Manuel pratique des operations conttnerciales, p. 95.

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Sur beaucoup de places, des liquidateurs de filières ou filiéristes se chargent à la fois de trouver Vacheteur disposé h prendre la marchandise et de régler les ^comptes avec tous les spéculateurs. Car toutes les ventes n’ont pas ete effectuées au même prix, et il y a des différences à verser

ou à recevoir. . , , .

« A Paris, le liquidateur présente simultanément la

filière et la facture acquittée du premier vendeur au premier acheteur; celui-ci endosse la filière, et, en échange de la facture acquittée, remet la sienne pour le deuxième acheteur, également acquittée ; la ditterence entre les deux factures est réglée instantanément avec le liquidateur, qui paie le bénéfice ou touche la perte ; le liquidateur se rend ensuite auprès du deuxieme acheteur, où la même opération a lieu, et ainsi de suite, le liquidateur devenant successivement le mandataire de chaque endosseur et devant suivre la filière sans interruption jusqu’à ce qu’il rencontre un destinataire,

c’est-à-dire un acheteur qui 1’ « arrête ».

Dans le but d’accélérer les opérations, on a installe dans la Bourse de commerce (de Paris) une chambre des liquidations centralisée, où, à jour fixe, les spéculateurs doivent être représentés, afin d’endosser ou d arrêter à l’appel de leur nom, les filières qui leur échoient. Il y a, le lendemain, une seconde séance plénière pour

dans les bourses qui possèdent une caisse de liquidation.

b) Caisse de liquidation. — Il existe, sur certaines places — notamment au Havre, A Roubaix, à Leipzig, à Hambourg, — des caisses de liquidation constituées sous la forme de sociétés par actions.

La caisse de liquidation n’est pas seulement, comme son nom l’indique, un mécanisme destiné à centraliser la liquidation des contrats : c’est un intermédiaire qui ^interpose entre les contractants. Ainsi Pierre achète à Paul n balles de coton à un prix P. Tous deux font enregistrer leur opération par la caisse : celle-ci inscrit Pierre comme acheteur, et Paul comme vendeur pour a quantité et au prix convenus, et elle se porte ellemême comme vendeur de Pierre et acheteur de Paul, rendant ainsi leurs opérations indépendantes. « Elle se rrouve ainsi substituée, pour chacun des contractants, i sa contre-partie... et devient co?itre~partie unique de loutes les opérations pour lesquelles on fait appel à son :oncours (i). »

Si l’on se place d'abord au seul point de vue de la iquidation des affaires, on voit immédiatement que 'intervention de la caisse facilite considérablement le 'èglement des comptes et la livraison effective de la narchandise. En effet, avec le procédé de la filière, il aut d’abord attendre Véchéance du marché pour liquider outes les opérations qui se soldent par une simple lilférence : Paul avait, en janvier, acheté lo.ooo balles le coton livrables en avril ; il les a revendues en févier ; donc ses deux opérations se compensent, mais il ne )eut les liquider qu’en avril, puisque c’est à ce moment- . à seulement que le vendeur effectif pourra faire appel

l’acheteur définitif, et que le filiériste réglera, en pas-

(i) Depitre. Lt’s caisses de liquidation des opérations à terme sur marchandises, ih., Paris, 1907, p. 71.

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LA BOURSE

sant les spéculateurs intermédiaires. Ensuite, le procédé de la filière exige que l’on arrive à mettre en rapport un vendeur et un acheteur déterminés : le vendeur^ qui, ayant effectivement de la marchandise à livrer, n annule pas son marché par un achat avant l’échéance et créé la filière, et l’acheteur qui, désirant se procurer la maichandise, ne revend pas, et arrête la filière.

La caisse de liquidation évite ces deux difficultés. En effet, comme elle enregistre, à mesure qu elles sont conclues, toutes les opérations que chaque spéculateur tait c( avec elle-même », elle peut, à tout moment, les compenser, et liquider individuellement tout spéculateur. La liquidation des opérations destinées à se regler par simple différence devient donc tout à fait indépendante

de la création de la filière. 1 • i

Quant à la filière, elle subsiste, puisque la caisse de

liquidation ne détient pas la marchandise, et qu il put bien finalement en prendre livraison chez un particulier. Mais sa circulation se trouve grandement simplifiée Le vendeur qui veut livrer remet sa tiliere a la caisse. Celle-ci, à son tour, le transmet par un endossement à un acheteur quelconque, le ‘ ^

registre. Et celui-ci est tenu d'arrêter lafiliere s îl veut execu%r effectivement son marché. Dans le cas contraire seulement, il la retourne à la caisse, qui la réendosse jusqu’à ce qu’elle trouve un acheteur effectif. . , . ,

La caisse s’étant instituée contre-partie vis a-vis de chacun des contractants, le rapport entre le vendeur et l’acheteur primitifs se trouve rompu, et c est ce qui permet de taire arrêter une filière quelconque par uivacheteur quelconque. Il suffit, pour rendre les filières intp changeables, que la caisse fixe certaines conditions relatives à leur établissement (i).

(0 "ar exemple, sur le marché du Havre, le règlement relttif

PART. II

On voit donc que les caisses de liquidation simplifient d’une façon très appréciable le règlement des affaires et la livraison des marchandises, en séparant ces deux catégories d’opérations, que confond la liquidation par filière. Et l’on peut comparer, en ce qui concerne le règlement des comptes, son intervention à celui du syndicat des agents de change.

Mais la caisse de liquidation a, en outre, une autre fonction. Elle ne se borne pas à rendre possible la liquidation individuelle des opérations ; elle est, comme nous 1 avons vu, la contre-partie de chaque opérateur, et cette intervention tend à régulariser et à garantir les opérations.

D’abord une caisse de liquidation peut exerce^ un contrôle sévère. Celle du Havre, par exemple, exige des courtiers qu'ils se bornent à transmettre leurs ordres, au lieu de spéculer pour leur compte, ou de faire la contre-partie de leurs clients. Quant aux particuliers, elle ne fait d’affaires qu’avec ceux qui ont un intérêt professionnel dans les opérations qu’ils accomplissent, et élimine ainsi les joueurs.

La situation propre de la caisse de liquidation est, en elleunême, très solide : comme elle enregistre toujours, en face d’un achat, une vente de la même marchandise, en môme quantité et au même prix, ses engagements se compeu'ent, en principe, exactement. Son seul risque consiste dans l’insolvabilité possible de certains de ses clients. Mais elle peut y parer en exigeant une couverture. Au Havre, la caisse exige d’abord, au moment de 1 enregistrement du marché un premier versement qu’on appel original deposit ; puis, s’il se produit des

au coton spécifie que les filières sont d’environ 50 balles, mais dont le poids ne peut être inférieur à ii.ooo kg", ni supérieur à 1 1 .500.

CHAP. IV. — la bourse

variations de cours qui risquent de rendre cette première couverture insuffisante, la caisse exige un versement supplémentaire ou marge; et, s il n est pas répondu à l’appel de marge, elle execute le client, en compensant immédiatement son opération pai une vente s’il est acheteur, et par un achat, s il est ven-

^\a sécurité dont jouit ainsi la caisse de liquidation profite aux opérations et régularise le marche. En effet, la caisse se substituant à la contre-partie de chaque operateur, le taux des transactions devient indépendant du crédit individuel et s’uniformise. En outre, le mécanisme des déposits et des marges oblige les spéculateurs a proportionner leurs opérations à leurs ressources. Et ces deux circonstances contribuent sensiblement a régulariser les cours (i).

§ 5^ Fonctions économiques des bourses en gé -

néral.

Pour apprécier les fonctions économiques de la bourse en général, ü faut voir en elle tout d abord un marche^ et ensuite un marché où l’on fait des opérations a terme.

En tant que marché, c’est, comme nous 1 avons note plus haut, un marché très régulier. C’est donc une institution qui remplit une fonction essentielle dans notre organisation économique, où 1 échangé est a cou fondamentale de la production. D ailleurs, elle la remplit fort bien : car une bourse est un marche ou la concurrence des acheteurs et des vendeurs s'exprime rigoureuse-

( i) Sur les objections formulées contre les caisses de liquidation,

consulter Depître, op. cit., p. 138 et suivantes. -- ) o'*" ^

Dunan. La crise du marché des sucres en 1905 et la question de la

caisse de liquidation à la bourse de Patis^ Th , ans, 19^7-

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CIRCULA I ION

lient; et grâce aux communications télégraphiques qui anissent entre elles les bourses des divers pays, celles- :i constituent,pour les objets auxquels elles s'appliquent, iii marché universel.

La Bourse est, en outre, un marché où s’effectuent les opérations à terme, et notamment des opérations pii peuvent se régler par simple différence Et ces derlières opérations font apparaitre une catégorie spéciale 'le négociateurs, \qs spéculateurs ^ dont Lutilité économique 1 est pas, de prime abord, évidente. Cependant, on peut a découvrir.

Les opérations du spéculateur sont fondées sur l’idée qu’il se fait du mouvement des cours dans un avenir ])lus ou moins éloigné. S’il prévoit une hausse, il achète Lvec l’espoir de revendre plus cher. 11 vend dans le cas contraire. Mais, en achetant, il contribue déjà à la hausse ; en vendant, il contribue à la baisse. Si ses pré- ^’isions sont justes, il prépare et gradue les ffuctuations i[ui résultent de 1 état du marché, — tandis qu’une augmentation ou une diminution inattendue de l’offre ou

c e la demande provoquerait une hausse ou une chute brusques.

Si ses prévisions sont inexactes, il fausse momenta- 1 ement le cours, et provoque des oscillations inutiles, t estinées à se corriger dans la suite en raison de l’état léel du marché. Pourtant, même en ce cas, il peut assumer une part dans la division du travail commercial, en déchargeant un autre producteur du risque résultant i es fluctuations de cours : c’est un assureur (voir au palagraphe suivant).

Il faut observer cependant que la spéculation provoque feufois, par des bruits tendancieux ou des manœuvres t 'accaparement, des fluctuations déréglées qui jettent la [ erturbation dans le commerce et l’industrie.

En ce qui concerne les bourses de valeurs, nous ver-

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LA BOURSE

ronsplus loin que la spéculation devance la demande effective de placement, et tacilite ainsi le classement des titres. Elle réagit aussi parlois contre 1 affolement du public, en rachetant lorsqu’une panique provoque des ventes inconsidérées, loutefois^ là aussi, des excès se produisent qui faussent le marché financier (i).

dises.

Fonctions propres des bourses de marchan-

Ici encore, on peut distinguer, pour exposer le rôle de la bourse, le marché, en général, et le marché à

Comme marché, la fonction de la bourse de uiarchandises est évidente. On y négocie des marchandises (denrées agricoles, matières premières ou objets demimanutacturés i qui ne sont pas produits sur commande, et dont la production, par conséquent, ne se règle que sur le cours. II est donc incontestablement utile que le cours soit régulièrement établi sur un marché aussi étendu que -possible. Les bourses de marchandises répondent à ce besoin. ^

Quant au marché à terme, il convient, pour en bien

comprendre la signification, de distinguer d une part le marché à livrer proprement dit et d’autre part, les operations à terme sans exécution effective. On conçoit tout

d’abord Lutilité du marché à livrer employé isolément; les industriels et commerçants ont besoin de s assurer d’avance, parfois longtemps d’avance, et à un prix fixe, leurs approvisionnements. A ce besoin répond le marche à livrer pur et simple.

Mais le marché à livrer peut être employé egalement,

(i) Pour plus de détails, consulter A. E. Sayous. Iw bourses alUma'ides de valeurs et de commerce, th. l^aris 1898 et J. Lescure, Le marché à terme de bourse eu AUemague, lit. Uo'deaux 190b.

PART. II

en combinaison avec !e marché à terme destiné à se régler par différence. En ce cas, il permet à l’acheteur ou au vendeur effectifs de s' assurer conixc. une fluctuation ■éventuelle du cours, en rejetant le risque sur les spéculateurs.

Voici un exemple de cette opération.

Un importateur de café, an Havre, veut se procurer une certaine quantité de café, d'une certaine qualité, pour une époque donnée.

Au moment où il devra prendre livraison du café acheté, le prix du café pourra avoir changé. Si ce prix a baissé, il se trouvera, au moment de la livraison, en concurrence avec d’autres importateurs, qui, peut-être, auront acheté plus tard et moins cher, et qui par conséquent, pourront revendre moins cher que lui.

11 pare à ce risque en faisant une opération à terme en sens contraire, c’est-à-dire, en vendant, pour la même

époque, une quantité de café sensiblement égale à celle qu'il a achetée.

Ainsi, il achète en juillet 500 sacs de café livrables en octobre.

Il revend en juillet 5 00 sacs de café livrables en octobre.

On conçoit aisément que, notre commerçant étant à la fois acheteur et vendeur, à une même époqu^, pour un même terme, les fluctuations de cours doivent, en ce qui le concerne, se neutraliser. Notre importateur redoutait une baisse qui eût pu favoriser certains de ses concurrents; si elle se produit, legain qu’il réalisera (i) par sa nouvelle opération — la vente à terme — compensera sa perte éventuelle. Inversement, s’il se produit une hausse de nature à nuire à ses concurrents, il se

il] Il réalisera ce gain ; car, ayant vendu à découvert, il achètera au moment de livrer et béPiéhciera de la düTérence entre le nouveau cours et l’ancien.

CHAP. IV

LA BOURSE

urivera par la perte résultant de sa vente, d’un bénéfice supplémentaire. Mais, dans les deux cas, les fluctuations

de cours n’existent plus pour lui.

Ce que l’on conçoit moins aisément, c est que, ayant

acheté et revendu une même quantité de café livrable a une même époque, il puisse, à cette époque, prendre livraison de son café. Voici l’explication : l importateur a ûchelcà livrer, une certaine quantité de cale d ime certaine qualité. Il en prendra eÿeciivement livraison Ce qu il !

a revendu, c’est une quantité analogue de caie du type .

terme, du type le plus courant sur lequel on effectue les marchés à terme ; et cette vente, il l’annulera au dernier moment par un nouvel achat sur le marché àe minier la. |

régler par simple différence. Ainsi, la première operation f

n’est pas annulée, par la seconde; seule la fluctuation j

du cours est neutralisée, si toutefois ce qui est la réglé j

— le cours de la qualité achetée et celui de la qualité I

vendue ont oscillé d’une façon à peu près parallèle. ^

Les applications du marche à terme comme assurance, dont nous venons de donner un exemple, sont très ,

nombreuses. Elles constituent Lune des lonctions les |

plus incontestables du marché à terme sur les bourses

de marchandises (i)-

(n Voir la thèse de M. Olivier SENN,D«/a liquidation des vxarchès

à tlrL en marchanàhee, Paris .889 et un article du marché du coton en France, dans la Revue politique et pc.ileinenlaire Set looi et l’article de M. Max Türmann, I du marché à terme sur marchandises, Fev. écon. internalionale, août 1912.

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