LA NOTION DE CREDIT
1. — Echanges et crédit. — Le crédit et l’idée d’un transfert de capital. La nature du crédit.
Nous avons considéré jusqu’ici le mécanisme des échanges en général, et nous avons eu en vue le cas le plus usuel de l’échange, celui de prestations simultanément réciproques , comme dans la vente d une màrch^ndise payée comptant, — ou même dans une vente à terme, puisque, en ce cas, livraison et paiement sont différés à une même époque. Mais il y a aussi des échanges qui consistent, d’une part, dans une prestation immédiate, et, de l’autre, dans une contre-prestation future ; le cas de la vente à crédit, où le paiement seul est diffère, et encore celui du prêt, où une marchandise est fournie actuellement par le prêteur, et où son équivalent sera res-
ùlué plus /i/rJ seulement par lempruriteur. On comprend aisément qu’une telle opération implique, du côté de l’emprunteur une certaine foi en l’avenir, et, du côté du prêteur, une certaine confiance. Aussi dit— on que c’est une opération de crédit {credere, croire).
^ Ainsi, le crédit comprend cette catégorie d’échanges )ù une prestation immédiate est faite contre la promesse d'une contre-prestation dans V avenir.
Ces échanges, dans lesquels un certain espace de temps sépare les prestations réciproques, jouent un rôle tout particulier dans la vie économique. Ce sont eux qui permettent à des individus, qui ne sauraient utiliser personnellement des biens leur appartenant, de les mettre iiomentanément à la disposition de leurs semblables, sans les aliéner d une façon definitive. Ou, d’un autre loint de vue, ce sont eux qui permettent à des individus de se procurer des biens actuels, en échange de biens juturs, iUi ils espèrent acquérir.
Le crédit fournit ainsi des objets de consommation à ceux qui en ont besoin (crédita la consommation, voir plus loin au troisième livre). Il fournit, aussi et surtout, i- ceux qui veulent entreprendre une production nouvelle, les richesses — matières premières, outillage, dans l’industrie ; marchandises, local, dans le commerce, etc., — qui leur sont nécessaires, — ou, du moins, des sommes d’argent avec lesquelles des producteurs se procurent tout cela. Aussi, peut-on dire que hs opérations de crédit consistent dans ün transfert de cipitaiix des mains du. propriétaire dans celles de l’entre- { reneur.
Le crédit joue donc un rôle considérable dans la proc uction : il y contribue directement, en faisant passer hs capitaux disponibles entre les mains de ceux qui peuvent les employer dans des entreprises ; et indirectement, en stimulant la formation de nouveaux capi-