‹ Éléments d'économie politique [microform]Chapitre 67 sur 173 · CHAF. I. — LA NOTION UE CREDIT · texte numérisé non relu

CHAF. I. — LA NOTION UE CREDIT

même somme a été utilisée à la fois par le prêteur et par l’emprunteur.

Cependant le problème est plus délicat lorsqu’on examine le crédit que font les banques d’admission. Cellesci font, en effet, leurs opérations d’escompte et d’avances avec des billets; or, elles arrivent ainsi à fournir du crédit pour des sommes bien supérieures à celles qu’elles ont en dépôt ; donc le crédit ne consiste plus dans un transfert du capital des déposants. Il est vrai que les billets sont en grande partie, la représentation d’une encaisse métallique, par conséquent d’un capital monnayé actuellement existant. Mais la plupart des banques d’émission ont une circulation de billets à découvert, et le crédit fait alors par la banque ne consiste plus dans le transfert à l’emprunteur, sous la forme d'un titre decrédit, d’un capital monnayé.

Il semble donc ici que le crédit soit un élément distinct du capital, et qui s’y ajoute.

On reconnaît cependant, en dernière analyse, que le crédit tait au moyen des billets se réduit encore à un transfert de richesses existantes ; car, si la banque a fait directement crédit à ses emprunteurs au moyen de ses billets, ceux qui reçoivent les billets à découvert lui font crédit à leur tour, puisqu’ils fournissent des marchandises en échange des billets, sans se les taire rembourser en monnaie par la banque.

Mais le crédit lait par le porteur du billet présente, comme nousl’avons déjà noté plus haut)2‘^sect.,ch. IL§i) des caractères très particuliers : car le porteur ne fait crédit que tant qu'il conserve le billet, et il ne le conserve que tant qu'il n’a pas besoin de l’aliéner. Il peut d’ailleurs le convertir à tout moment en une marchandise quelconque, comme si ce billet était une monnaie. Et l’on peut dire finalement que, si la notion de crédit est une, si elle se ramène dans tous les cas, même dans celui

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des banques d’émission, à l’idée d’un transfert de capital, le crédit n’en est pas moins obtenu, dans ce dernier cas, par la création d’une sorte de monnaie supplémentaire.

§ 2. — Les divers contrats constituant des opérations de crédit.

Le crédit, avons- nous vu, suppose un échange dans lequel une prestation présente a pour contre-patrie une prestation tnture. Pour préciser nos idées, il convient Je rechercher quels sont, parmi les contrats qui expriment des opérations économiques élémentaires, ceux qui représentent des opéiations de crédit,

Certains auteurs citent to- t d’abord le louage comme impliquant, de par la nature même des choses louées, ane opération de crédit; il est vrai que le service rendu par la chose louée a un caractère continu, que ne saurait ivoir la prestation, gén ‘râlement pécuniaire, fournie tn échange, celle-ci ayant lieu périodiquement, par ntervalles. Mais la relation existant entre une prestation :ontinue et une prestation s’effectuant par intervalles le correspond pas exatement à la relation entre une prestation actuelle et une prestation diUérée. Si le paienent d’un loyer a lieu souvent au bout d’un certain ’lélai, il a lieu tréquemment aussi par anticipation : le propriétaire qui loue une boutique exige le plus souvent son « terme » d’avance ; il ne fait donc pas partie le la catégorie des fournisseurs qui font crédit, et l’on peut ajouter que, cependant, son intention n’est généraement pas de se faire ouvrir un crédit à lui-même par : on locataire, mais de se prémunir simplement, de la açon la plus radicale contre tout risque de non paiement Et le fait que les usages — paiement d’avance ou terme échu varient d’une localité à une autre, ou ne îont pas constants dans une même localité, montre bien

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