‹ Éléments d'économie politique [microform]Chapitre 8 sur 173 · I, — INFLUENCE DE LA TECHNIQUE · texte numérisé non relu

I, — INFLUENCE DE LA TECHNIQUE

ments nutritifs correspondant à la constitution de notre organisme j notre besoin de vetement exige la fabrication d’objets présentant certains caractères physiques : souplesse, douceur au toucher, qualités caloriques, etc.; le besoin que nous éprouvons d’avoir une habitation, un mobilier, des objets d’art, des instruments de musique, ou des appareils scientifiques, exige la mise en oeuvre de matériaux ayant des qualités très diverses : résistance aux agents atmosphériques, dureté ou malléabilité, opacité ou transparence, etc. Et la production de ces objets eux-mêmes exige l’emploi, non seulement d’outils et de machines, mais de forces naturelles, dont l’utilisation dépend dès lois de la mécanique, de la physique, de la chimie...

Or, tontes ces qualités physiques que nous devons trouver dans lescho.'^es, et que nous devons combiner dans des processus, souvent indirects et fort longs, pour arriver finalement à la satisfaction de nos besoins, peuvent se trouver et se réunir dans des objets differents et par des procédés différents, selon l’état de la technique, et aboutir ainsi à des états de la production très vaiiables d’une époque à une autre et d’un lieu à un autre. La plante cultivée vient s’ajouter au fruit sauvage, ou le remplace ; de même, la viande de l’animal domestique s’ajoute au gibier; la viande conservée ou congelée s’ajoute à la viande fraîche. Les tissus s ajoutent et se substituentengrar.de partie à la fourrure, le coton au lin et au chanvre, la pierre ou la brique à la terre sécliée, le fer au bois. De même, en ce qui concerne les procédés de fabrication, le métier mécanique vient prendre la place du métier à main, le bois ou l’alfa remplace en partie le chiffon dans la fabrication du papier, les procédés électrolytiques se substituent parfois aux anciens procédés dans la fabrication de l’acier. Ainsi apparaissent partout des succédanés des objets anciennement en usage,

OU des moyens nouveaux de produire les memes objets.

Les transformations économiques qui résultent de ces ti anslormations de la technique sont très considérables. Comme la technique tend toujours à s’élargir et à se perfectionner avec les progrès de la science, ces transforn ations se traduisent jusqu’ici principalement par un

accroissement de la masse des produits. Mais elles inté-

nssent très diversement les différentes entreprises ; s’il en est qui se créent ou se développent, d’autres périssent^ pi r suite, des changements de la technique. De nouveaux cc urants commerciaux apparaissent, d’autres, plus anci ms, disparaissent. La vie économique progresse dans ce 'taines régions, elle décline ailleurs.

Ainsi, la connaissance de la technologie importe plus encoie que celle de 1 Economie politique proprement due pour comprendre V évolution économique.

Mais, tout en regrettant qu’un enseignement des notions de technologie indispensables à l’intelligence des problèmes économiques ne soit pas régulièrement organisé, on ne saurait faire rentrer l’exposé de ces notions dans un cours d’Economie politique. D’ailleurs, h.onomie politique n a pas l’ambition d’expliquer, à ehc seule, et dans tous leurs détails, toutes les manifestât oos de la vie économique : son rôle est simplement

Cl espliquer selon quels principes elles s’enchaînent et se coerdonnent.

Nous nous bornerons donc, dans les paragraphes qui sui , ent, à exposer, ^ en partant des notions de technolog e les plus (amilières, comment les conditions techniques ont injiiié siu l évolution économique, et influent sur V organise tion économique moderne.

§ 2. — Technique et division du travail. Leur rôle dans la détermination des principaux stades de révolution économique.

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