SECTION DEUXIÈME
Les Conventions.
La propriété individuelle étant admise, celui qui produit une richesse en devient naturellement propriétaire. Mais cette règle très simple ne suffit pas à rendre compte des phénomènes de distribution qui accompagnent la production. Presque toujours, en effet, celle-ci nécessite le concours de plusieurs individus, et il faut que le produit soit partagé entre eux. C’est aux intéressés que revient, dans les sociétés avancées, le soin d'organiser ce partage. La loi leur laisse toute latitude, elle proclame le principe de la liberté des conventions.
On serait tenté d’en conclure que la rémunération de chacun sera fixée arbitrairement, en quelque sorte au hasard. Nous verrons qu'il n’en est pas ainsi : des lois naturelles dirigent la volonté des contractants, président à la distribution et assurent à chacun une part équitable, c’est-à-dire proportionnée aux services rendus et aux risques affrontés.
Rationnellement, on pourrait classer en deux groupes seulement tous les coopérateurs appelés au partage, les uns représentant le capital et les autres le travail. Mais, en général, on préfère distinguer un plus grand nombre de catégories.
Les capitalistes sont d’abord divisés en deux classes : les uns fournissent le sol et sont appelés propriétaires fonciers,
les autres avancent les capilaux mobiliers et reçoivent plus
spécialement le nom de capitalistes. En réalité, les uns’ et les autres sont également des capitalistes, mais il y a lieu de se demander si leurs situations sont parfaitement identiques. La distinction faite entre eux est donc utile, bien que factice, et nous la conserverons.
Ce n’est pas tout. Il est assez rare que les capitalistes ct les ouvriers s'entendent directement pour unir leurs efforts et en partager le produit conformément aux règles de l’association pure et simple. L'initiative leur fait souvent défaut, ils n’osent se fier les uns aux autres, ils n'arrivent pas à s'entendre, mais surtout ils craignent de courir les risques de l'entreprise. Presque toujours, entre eux, apparaît l'entrepreneur, l'homme d'initiative qui conçoit l’entreprise, réunitlesressources (capitalet travail) nécessaires à son fonctionnement, et assume tous les risques en promettant aux autres une somme déterminée d'avance à forfait. Jouant un rôle spécial, l'entrepreneur est naturellement rémunéré d'après des règles particulières.
On arrive donc à distinguer quatre catégories de co-partageanls :
Les propriétaires fonciers, dont la part s’appelie fermage où loyer;
Les capitalistes, qui obtiennent un intérêt;
Les entrepreneurs, dont la rémunération porte le nom de profit;
Les ouvriers, qui reçoivent un salaire.
L’analyse de ces quatre parts fait connaitre l’ensemble des phénomènes et des lois économiques qui accompagnent et dirigent la distribution de la richesse sous le régime de la liberté.
Il peut sans doute arriver que plusieurs qualités soient réunies dans une même personne. Il n’est pas rare, par exemple, que le propriétaire foncier exploite lui-même sa terre avec des capitaux à lui appartenant, sauf à engager les ouvriers dont il a besoin : il est alors, tout à la fois, propriétaire foncier, capitaliste et entrepreneur. Souvent aussi, presque toujours même, l'entrepreneur industriel est propriétaire d'une partie au moins des fonds engagés dans l'affaire qu'il dirige. Il n'importe : même dans ces cas,
No MC HT TR ee LA"
DÉSIR RBIOTI ON, DETLATRICHESSE 159
l'analyse doit distinguer les diverses silualions, celui qui réunit plusieurs titres ayant droit à une rémunération spéciale pour chacun d'eux. Celui qui engage des fonds dans l'affaire dont il a la direction, par exemple, ne s’estimera point salisfait si, Gcutre le profit qu'il gagne comme entrepreneur, il n'obtient pas l'intérêt normal de son capital.
À un autre point de vue, il est intéressant d'observer qu'un même homme peut jouer des rôles dissemblables dans des entreprises différentes. L'’ouvrier agricole a souvent un pelit morceau de terre sur lequel il est à la fois entrepreneur, capitaliste et propriélaire foncier; et l’ouvrier des villes, quand il pratique l'épargne, peut, en même temps qu'il loue son travail à tel entrepreneur, prêter à d'autres des capitaux (par exemple en achetant des obligalions d’une société), c'est-à-dire être capitaliste. Cesindividus obtiennent alors plusieurs rémunérations, dont chacune est déterminée par les lois économiques qui lui sont propres.
n'ufd : à ai) Mise Pr RE TN Dee Ve PAS PEU Te STE NORRIS r CU CRIE ET È Y lt ER. HER A