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Depuis, la Grèce adhéra à la convention

230 p. 1000, el aujourd’hui encore le rapport de l'or à l’argent, au lieu de 1 à 15 1/2, est de 1 à 31. L'Union latine dut prendre de nouvelles mesures : il ne s'agissait plus pour elle de faire obstacle à la disparition des monnaies divisionnaires d'argent, mais bien de défendre ses pièces d’or qui passaient à l'étranger et élaient remplacées par des pièces de 5 francs en argent. On limita d’abord, en 1874, 1875 et 1876, la frappe des pièces de 5 francs; enfin, le remède étant insuffisant, la conférence monétaire de 1878 suspendit absolument la fabrication de ces pièces. Ce moyen radical était décisif. Les étrangers, en effet, ne nous payent pas ce qu'ils nous achètent avec leurs monnaies qui, n'ayant pas cours légal en France, n’y seraient pas acceptées; ils nous payent en lingots; dès que ces lingots ne peuvent plus être transformés en monnaies, leur valeur cesse d'être fixée arbitrairement et nos débiteurs n'ont plus aucun intérêt à nous payer en argent plulôt qu’en or.

L'Union latine a élé renouvelée, sous les mêmes conditions, en 1886'. À cette époque quelques économistes conseillaient au gouvernement français de reaoncer à toule

1. Cette convention offre un caractère remarquable en ce qu'elle fixe les règles suivant lesquelles devra se faire la liquidation le jour où l'Union latine sera dissoute. Les Etats commenceront par se restituer réciproquement leurs pièces d'argent, jusqu’à concurrence de ce qui pourra se compenser. Pour le surplus, chaque Etat créancier pourra exiger que la moitié des écus étrangers restés dans ses caisses lui soient immédiatement repris contre de l’or (encore la deuxième moitié restant en souffrance ne peut-elle dépasser 200 millions). Quant à la deuxième moitié, on compte, pour la faire rentrer dans le pays émetteur, sur les relations commerciaiés, et il est convenu que les Etats débiteurs ne pourront, pendant cinq années, apporter à leur régime monétaire aucune modification susceptible d'empêcher ce retour.

Ces clauses intéressent avant tout la France, qui est le grand réservoir des pièces de 5 francs de l’Union latine. Elles intéressent aussi la Suisse qui, frappant peu de pièces, se sert des monnaies de ses voisins. La Belgique, l'Italie et la Grèce, au contraire, seront appelées à exécuter les obligations édictées par la Convention de 18£6.

Il y a une quinzaine d’années, à la suite de l’émission de petites coupures de papier-monnaie en Italie, et conformément à la loi de Gresham, une quantité considérable de monnaie divisionnaire italienne était venue: en France. Il fallut conclure une convention, en 1894, pour restituer à l'Italie ses pièces de 0 fr. 50, 1 franc el 2 francs; et pour éviter une: nouvelle émigration de ces pièces, on retira en France le cours légal à la monnaie divisionnaire italienne.

mesure transiloire et d'adopter franchement le monométallisme-or. On aurait dû, pensaient-ils, retirer de la circulation Lous les écus d'argent et les vendre au prix du lingot sur le marché des mélaux précieux. Mais la perte à subir eût élé considérable; on ne peut l’évaluer à moins de 400 millions, et, la mesure proposée devant augmenter encore la déprécialion du métal argent, elle eût peut-être dépassé de beaucoup ce chiffre. Il paraît donc sage de temporiser et d'attendre qu'une occasion favorable nous permelte d'abandonner le système du double étalon pour adopter celui du monométallisme-or.

L'exemple de l'Allemagne est du reste bien fait pour nous enseigner la prudence.

Des lois de 1871 et de 1873 y proclamèrent le principe de l’étalon d’or unique et le gouvernement impérial commença aussitôt à retirer de la circulation les monnaies d’argent pour les fondre et les vendre à Londres, où se tient le principal marché des métaux précieux. Mais, en 1879, l’opéraion, faite pour 663 millions de marcst, avait déjà coûté 120 millions de francs. On dut arrêter les ventes et laisser en circulation plus de 600 millions de monnaies d'argent.

Il résulte de là, qu'au point de vue monétaire, la France et l'Allemagne, bien qu'acceptant des principes absolument opposés, se trouvent en réalité dans des situalions parfaitement identiques. Théoriquement, la France est bimétalliste, tandis que l'Allemagne n’admet qu’un étalon : en fait, dans l’un et l’autre pays on n’émet plus, en dehors des monnaies d'appoint, que des pièces d'or, mais il reste en permanence une grande quantité de pièces d'argent jouissant du cours légal illimité.

Plusieurs pays ont adopté le monométallisme-or au cours des dernières années. On peut citer, entre autres, la Russie, Japon et, en dernier lieu, les Philippines. Le Mexique est aujourd’hui le seul pays monométalliste-argent.

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