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DE L’ATELIER INDUSTRIEL

de trav.iilleurs et reçoivent, sous le nom do salaire, le prix de leur main-d’œuvre, soit à la journée, soit à la tâche.

Dans l’industrie, le prix de la journée est, en général, calculé sur les dépenses indispensables à l’existence et à l’entretien d’un, homme donnant l’emploi maximum de ses forces pendant une durée de dix à onze heures. Ce salaire varie donc en raison de la valeur des denrées alimentaires principalement.

Lorsque cette valeur s’élève, l’ouvrier réclame et refuse, plus ou moins en masse, le travail, si le patron ne consent à l’augmenter.

Les grèves ou désertions des ateliers se concertent librement chez nous, de par la loi, entre les ouvriers, s’ils savent la respecter, comme les patrons ont aussi le droit de

laires, quand les cours des travaux ou mar-

chamlises leur paraissent l’exiger.

Ces grèves, qui entraînent toujours de part et d’autre des pertes considérables, ont une cause principale : l’opposition d’intérêt entre l’entrepreneur et l’ouvrier, le premier désirant réduire le plus possible ses frais pour augmenter ses bénéfices, le second supposant qu’il ne retire pas de son travail la part légitime qui lui est due.

Le remède à cet état de choses est dans l’association qui fera plus qu’y satisfaire, et, prochainement, dans la participation de l’ouvrier aux bénéfices de l’entreprise, laquelle lui assure une part librement débattue et fixée de ces mômes bénéfices, comme on le voit par les expériences de cette nature bien conduites, de façon à lui assurer des moyens d’existence dans la vieillesse.

s’entendre pour imposer la réJuctim des sa-

DE LA RÉPARTITION

Le seul moyen de faire régner la paix entre les éléments du monde économique est d’accorder les intérêts par l’équité de la répartition.

Les trois facteurs de la production, ayant chacun un droit reconnu, n’ont plus qu’à s’entendre sur la rémunération qui appartient légitimement à leur concours.

Cette entente est d’autant plus facile que tes décisions qui en résultent n’ont rien d’ir-

révocable et peuvent toujours être modifiées, si la justice l’exige.

La part de chacun des éléments de la production étant fixée d’un commun accord par ses représentants, suivant l’appréciation réfléchie , imparfiale de leur concours dans telles ou telles circonstances données, plus de luttes possibles entre eux, puisqu’il - a toujours proportionnalité parfaite entre le service rendu et sa rémunération.

La répartition équitable des produits entre leurs facteurs est aussi simple pour plusieurs industries combinées que pour une seule. Loin de gêner la division du travail et l’association complexe, elle les secondera au contraire, au grand profit de la richesse publique.

« La bonne répartition de la fortune publique est la meilleure garantie d’une gradation convenable, suivant laquelle s’échelon-

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nent les besoins de la nation (1). • — « Elle est le premier pas à faire pour écarter les brandons de discorde parmi les hommes ; sa pratique nous apprendra à être bons et justes, à appliquer à nos actes le principe de la vraie morale (2).., »

(1) G. Roïicher, Principes d’écommie politique, t. Il

(2) Godiii, Solutions sociales, p. 233.

DU SOCIALISME

La confusion arbitraire maintenue de tout temps par l’incohérence de l’atelier et du régime économique, dans la rémunération de la main-d’œuvre, d’une part, et, d’autre part, l’application au hasard des artisans à l’industrie organisée en dehors de toutes lois générales, de toute unité méthodique, sont les deux causes principales et complexes des dissensions sociales qui ont toujours troublé le monde et renversé succès-

sivemerit les civilisations. C’est ce conflit persévérant et les divers systèmes critiques OU organiques auxquels il a donné lieu, qui prend aujourd’hui le nom générique de socialisme.

Sous ce nom, désormais entré dans la langue, malgré l’opposition, peu fondée du reste, de l’école économique, on comprend donc à la fois l’ensemble des doctrines relatives à l’organisation de la société et celui des sectes ou partis qui réclament des réformes sociales (1).

Gomme, parmi ces doctrines ou sectes, le plus grand nombre, sinon la totalité, ne présentent que des idées confuses et des moyens souvent subversifs du véritable progrès, il y a lieu de distinguer le socialisme scientifique du socialisme arbitraire, le pre-

^1) \ oir Catéchisme du socialisme libéral et ratiotinel par F. Barrier.

nu SOCIALISME. 91

mier reposant sur les lois fixes qui dérivent de l’ordre universel et de la nature humaine, le second qui mêle, à quelques principes justes, plus ou moins de préjugés et d’erreurs.

Dans cet état dont la cause première résulte de l’imperfection des sociétés et des revendications de ceux qui en souffrent , le socialisme, encore une fois, est aussi ancien que le monde. 11 est la manifestation de l’éternel conflit, latent ou déclaré, entre ceux qui, ici-bas, possèdent ou sont dénués; et la querelle ira s’envenimant, s’aggravant toujours, tant que ne sera pas résolu le problème de l’association, mettant la richesse à la hauteur des besoins, assurant la justice dans la répartition, élevant tout le monde à la propriété proportionnelle, remplaçant enfin les rêves d’indépendance, de liberté théo-

fique, par l’emploi volontaire et spontané des vocations.

Le socialisme comprenant une grande diversité de doctrines et d’opinions, dont les prétentions à la vérité sont égales, la discussion viendrait difficilement à bout de dégager celle, nécessairement unique, qui mérite le titre de sociologie. Il faudra donc inévitablement recourir à un moyen pratique irrécusable pour décider, trancher cette question, déblayer par là môme le domaine intellectuel et moral des idées fausses ou dangereuses qui retardent l’avénement du véritable ordre social.

Ce moyen est simple, c’est l’essai, eu échelle réduite, en dehors du système existant, embrassant tous les droits acquis légalement, des différents systèmes théoriques proposés par les écoles novatrices. C’est à cette épreuve inoffensive qu’ils devront demander la constatation de leur valeur et leur extension, [»ar voie d’imitation libre, s’ils

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répondent vraiment aux besoins de l’humanité ou de telles de ses fractions.

Sans doute, ces expériences supposeront des groupes particuliers munis des ressources nécessaires pour les entreprendre et les poursuivre dans des conditions concluantes.

Comme elles offriront le double avantage, quoi qu’il arrive, d’édifier leurs propres partisans, de les satisfaire ou de leur imposer silence, au grand profit de la paix sociale, on peut espérer que tous, même les rivaux , les adversaires, voudront les seconder ou demanderont du moins pour elles toute latitude possible.

Ce qui fait que l’Amérique n’est guère menacée, au point de vue socialiste, que par l’Internationale, qui est bien plus une secte de monomanes politiques qu’une école économique , c’est précisément cette faculté qu’ont, sur son immense continent, si peu

économique: phoghessive.

occupé encore, les novateurs de réaliser

leurs utopies ; et quand on voit, par exemple, des agglomérations comme celles des Shakers, sorte de nihilistes terrestres qui proscrivent la génération du milieu d’eux, vivre en parfait accord et heureux, .on se demande si, dans des conditions analogues de territoire, de liberté, d’expérimentation, nos individualistes, collectivistes ou communistes, ne nous laisseraient pas au moins tranquilles pendant qu’ils poursuivraient l’application de leurs visées.

xMais un autre moyen plus rapide et plus efficace de résoudre définitivement le problème social, de confondre l’ignorance dangereuse qui se vante de le pouvoir seule, serait que les classes menacées dans leur fortune et dans leur vie fissent entreprendre par quelque ingénieur, habile dans l’administration et dans le maniement des hommes, sous

DU SOCIALISME

l’inspiration des données actuellement certaines de la science sociale, la construction d’un type supérieur d’association domestique, agricole et manufacturière, destiné à devenir la commune modèle du nouveau monde économique.

Cette entreprise dût- elle coûter vingt-cinq ou trente millions, que serait cela, si elle ouvrait enfin une issue à ce chaos de révolutions qui nous ruinent et nous dégradent de plus en plus ? D’ailleurs, dût-elle échouer, la perte serait minime, puisque la terre, les bâtiments, l’outillage auraient toujours une valeur. Mais, supposez, au contraire, qu’elle réussît, qu’elle vînt prouver que cette science de l’association n’est point une chimère, qu'elle peut rallier les aptitudes, les caractères, concilier les intérêts, satisfaire les ambitions justifiées, légitimes, entraîner toutes les activités, toutes les volontés dans une unité

harmonieuse, que ne rapporterait pas, en profit et en immortelle gloire, à ceux qui auraient eu la confiance de la faire, cette avance du capital de salut du genre humain !

Si l’on ne sait ou veut suivre cette marche, les destinées du monde ne seront pas anéanties pour cela, nous Tespérons, car la force des choses saura y amener et y contraindre ceux aux mains de qui passera le pouvoir social ; mais, que d’efforts, que de misères, que de catastrophes faudra-t-il peut-être traverser encore avant d’atteindre au but !

Uü GARANTISME.

Ce mot, empruntés la nomenclatured’une école célèbre, désigne cette période de la civilisation dans laquelle nous entrons, sans que le monde en ait conscience encore, et durant laquelle les nécessités d’ordre et d’humanité poussent à la création d’institutions protectrices des intérêts jusque-là méconnus ou dédaignés.

Par extension, on appelle faire du garantisme, chercher à établir telles ou telles me-

rt '

sures partielles ou transitoires qui tendront à préserver de telles ou telles lésions de l’incohérence actuelle.

Dans toutes les branches des relations humaines, il y a besoin pressant d’instituer des garanties, car pas une n’est exempte de vices ou de lacunes dans son mécanisme, et c’est là ce qui préoccupe les politiques et socialistes, bien autrement que l’idée de suspecter le régime social dans son ensemble et de le remplacer par un autre conçu et construit sur de nouveaux principes.

Dans l’ordre politique, (es réformateurs et à leur suite la partie la plus remuante des peuples, ont généralement échoué sur ce terrain. Dans l’ordre civil et administratif, on est arrivé à de meilleurs résultats; mais, dans les plus importants, ceux de l’industrie, du commerce, de la finance, c’est à peine encore si l’on soupçonne l’étendue de ce qu’il

DU GARANTISMÉ lOi

y aurait à faire ; et les conflits entre les maîtres et les ouvriers, la cherté des marchandises et les fraudes de la concurrence, le détournement des capitaux de l’agriculture

et de l’industrie, au profit des spéculations

de bourse, semblent laisser indifférents les classes supérieures et les hommes d’État.

C’est en étudiant toutes les lésions que subit le corps social de la part de ces ditférents rouages de la machine économique et sociale et en déterminant et établissant les contrepoids qu’elles exigent, que l’on remédiera au mal.

11 s’agit, comme on le voit, non pas, à proprement parler, de réformes, puisqu’on ne réforme que ce qui est vicié, non ce qui est essentiellement vicieux, mais de tout un système de garanties, c’est-à-dire d’organismes en opposition avec les abus d’institutions générales, utiles on principe d’abord

selon les temps sans doute, mais fondées sur des nécessités violentes ou sur une liberté égoïste, au lieu de l’être sur l’intérêt commun et solidaire (1).

Considéré à ce point de vue, le garantisme n’est pas sans doute un système social franc, complet, irréprochable; il n’est qu’un ambigu encore bien insuffisant pour correspondre aux multiples aspirations des sociétés humaines. Cependant, initiant ces sociétés à Injustice et à la vérité, il les pousse vers l’association, mécanisme supérieur e’t définitif du mouvement social.

(1) Voir Travaux de l'École sociétaire et notre ouvrage sur la Prospérité de l’État. — Guillaumin Dentu.

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