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BE LA MONNAIE. I

intermédiaires se consolidât généralement.

L’échange ne pouvant se faire directement entre particuliers dans le plus grand nombre des cas, et l’association n’ayant encore groupé ni les industries, ni les producteurs, il a fallu nécessairement former des bazars, magasins et entrepôts où pût s’alimenter commodément la consommation.

La centralisation de ces dépôts dans les villes ou les villages sous les noms de comptoirs municipaux ou communaux, telle que l’essayent les sociétés coopératives de consommation en Europe, réduirait naturellement, dans des proportions immenses, le nombre des intermédiaires commerciaux, au grand avantage du corps social qu’elle débarrasserait d’un trop-plein d’agents parasites pour les reporter sur la production.

Au surplus, cette réduction des auxiliaires s’effectuera d’elle-même, dès que les travaux

industriels, de plus en plus honorés par les sociétés modernes, seront organisés de manière à être à la fois fructueux et attrayants.

A ce moment, peu de personnes consentiront à exposer leurs ressources et leur considération dans des opérations livrées souvent aux hasards de la concurrence et d’éventualités impossibles à prévoir.

DU CREDIT

DU CRÉDIT

Le crédit, c’est la contiance. On ne prête, 011 ne vend à terme, qu’à ceux que l’on croit honnêtes et solvables.

Cette confiance, liasée sur la bonne foi ou la responsabilité apparente ou supposée des personnes, est l’âme du commerce, le véhicule des affaires.

Le crédit affecte différentes formes, depuis la simple promesse verbale jusqu’aux divers

engagements écrits ; reconnaissance à pre-

mière réquisition ou à terme, billet à ordre, lettre de change ou bon à vue, obligation privée qu authentique, avances en compte courant.

Dès qu’il y a caution, gage ou hypothèque, les avances ne sont plus des actes de crédit proprement dit, mais simplement des prêts avec garantie.

G est ainsi que le Crédit foncier, qui n’avance qu à la condition d’une hypothèque couvrant au delà du double ses créances, et d’un revenu assurant au moins le service de ses annuités d’intérêts et d’amortissement, ne devrait pas porter ce nom, mais seulement celui d’institution de prêts à la propriété immobilière.

Le crédit ne crée pas le capital, puisqu’il le suppose toujours chez celui qui s’engage sur parole ou par écrit, mais il le mobilise abstracli veulent, le fait circuler sous forme

DU CRÉDIT. »91

fictive. C’est là tout le service, immense d’ailleurs, qu’il faut lui demander, et non de rendre effective, réelle, une représentation destinée à disparaître au remboursement, à l’extinction de la dette contractée.

L’indispensabilité de multiplier et d’étendre le concours du crédit, pour aider à la production et à la circulation des produits, a donné lieu à tout un système d’organes spéciaux et gradués ; caisses d’escompte ou de compte courant, banques particulières ou nationales.

Tous ces auxiliaires de l’industrie et du commerce, dont la fonction est de renouveler aussi fréquemment que possible le capital et d’accélérer ainsi le mouvement des affaires, reposent sur la solvabilité supposée de ceux qui y ont recours, en d’autres termes, sur la confiance.

Le crédit ne rend pas service qu’à l'em-

prunteur, mais aussi au prêteur dont le capital est utilisé, relevé de chômage, si bon lui semble, conséquemment sollicité à s’augmenter, à grossir par l’épargne.

C’est le crédit qui soutient l’État, lui permet d’entreprendre des travaux publics que ne pourraient exécuter des particuliers, ni souvent même des compagnies, de construire des flottes, d’équiper des armées, d’accumuler des approvisionnements, quand il doit soutenir des guerres. Toute la fortune mobilière des nations dépend de l’état du crédit public, et si la majorité des citoyens pouvait y être intéressée, ce serait une puissante garantie d’ordre et de stabilité.

DES BANQUES

La Banque ne crée pas le crédit ; elle le sert, y ajoute en raison de son capital propre, et l’étend en raison des relations qu’elle se fait parmi les industriels et commerçants.

Une banque particulière et libre est un intermédiaire qui, moyennant une commission convenue, prend, à ses risques et périls, un acte de crédit quelconque non échu, auquel elle joint le sien propre en le remettant en circulation,

OKS BANQUES. 19T

cueillir la plus grande partie des valeurs créées, aux environs de leurs échéances, ne sauraient avoir un capital métallique suffisant pour.faire face à un pareil mouvement, sans nécessiter dans le pays un quantutn exorbitant de ce capital, uniquement destiné à la

fonction de menue monnaie. On a obvié à cet

inconvénient en concédant aux banques d Etat la faculté de fabriquer et d’émettre, sous le nom de billets de banque, des titres de valeur déterminée , toujours remboursables, à vue en numéraire, par elles-mêmes.

Cette émission de papier est statutairement proportionnée à l’encaisse métallique fixé et lui servant de garantie matérielle vis-à-vis du public qui, sans cela, n’accepterait pas les billets ou ne les prendrait qu’à perte. Du reste, les proportions entre le capital métallique et celui en titres ou billets, peuvent varier suivant les circonstances, en vertu des

ti

Indépendamment de leurs capitaux particuliers, les banques s’ouvrent, dans une certaine mesure calculée d’après les règles de la prudence, aux fonds de dépôt que veut bien leur confier le public à un intérêt stipulé. C’est l’ensemble de ces capitaux qui sert à escompter les effets de commerce, à payer les lettres de change ou chèques, à faire des avances cautionnées ou non.

Au milieu et au-dessus des banques privées se trouvent, dans les pays où le crédit est un peu organisé, une banque générale privilégiée d’un monopole et destinée à réescompter les valeurs prises et endossées par les premières. C’est en sortant du portefeuille de cette institution centrale que tous les titres souscrits, arrivés à échéance, sont remboursés, si leurs auteurs sont, comme ils doivent l’être, en mesure de le faire.

Les banques publique.s chargées de re-

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décisions des gouvernements qui en connaissent et les apprécient. Il y a là, on le voit, une propriété supérieure de crédit résultant de l’intervention et du contrôle de l’État.

ü est une progression de puissance dans l’instrument.

Le billet de banque, plus commode pour les échanges que les espèces, vient donc augmenter notablement la somme représentative des valeurs circulables au comptant. On pourrait créer aussi des bons hypothécaires, portant intérêt, mobilisant la propriété foncière dans une proportion d un tiers environ et donnant au mouvement de la production et des transactions une impulsion prodigieuse.

G est, au surplus, un développement que le crédit prendra un jour sous cette forme ou sous une autre dès que s’instituera l’association intégrale. Cette terrible question de la propriété qui divise l’humanité en deux camps

DES BANQUES

et nous menace de catastrophes lamentables sera alors en voie de solution, la possession du sol devenant accessible à tous par sa mobilisation aussi fractionnée qu’on le voudra.

Les banques d’État, par leur situation centrale et culminante, régularisent le taux de l’escompte et conséquemment de 1 intérêt, nonobstant les déterminations légales, sous ce rapport, dans les pays où elles existent.

Quant à leur dépendance de l’Etat, qui en fait un instrument politique, on ne saurait la critiquer et s’en plaindre ; c’est à elle que la France doit d’avoir pu éviter la banqueroute après les ruines de 1870-71.

décisions des gouvernements qui en connaissent et les apprécient. Il y a là, on le voit, une propriété supérieure de crédit résultant de l’intervention et du contrôle de l’État.

C’est une progression de puissance dans rinstrument.

Le billet de banque, plus commode pour les échanges que les espèces, vient donc augmenter notablement la somme représentative des valeurs circulables au comptant. On pourrait créer aussi des bons hypothécaires, portant intérêt, mobilisant la propriété foncière dans une proportion d un tiers environ et donnant au mouvement de la production et des transactions une impulsion prodigieuse. C’est, au surplus, un développement que le créditprendra un jour sous cette forme ou sous une autre dès que s’instituera l’association intégrale. Cette terrible question de la propriété qui divise 1 humanité en deux camps

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et nous menace de catastrophes lamentables sera alors en voie de solution, la possession, du sol devenant accessible à tous par sa mobdisation aussi fractionnée qu’on le voudra.

Les banques d’État, par leur situation centrale et culminante, régularisent le taux de l’escompte et conséquemment de 1 intérêt, nonobstant les déterminations légales, sous ce rapport, dans les pays où elles existent.

Quant à leur dépendance de l’Etat, qui en fait un instrument politique, on ne saurait la critiquer et s’en plaindre ; c’est à elle que la France doit d’avoir pu éviter la banqueroute après les ruines de 1870-/1.

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