‹ Éléments d'électro-chimie appliquée aux sciences naturelles et aux artsChapitre 5 sur 83 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Des causes qui dégagent de l'électricité.

Du dégagement de P électricité dans les actions mécaniques.

Possédant les moyens nécessaires pour reconnaître dans les corps h présence de l'électricité, soit libre, soit en mouvement, nous allons traiter la question du dégagement de Télectricité en général , queètion cïipitale pour quiconque s'occupe d'électro-chimie.

Le but que l'on se propose dans les expériences relatives au dégagement de l'électricité, est de rechercher toutes les causes en vertu desihélles l'état d'équilibre des deux électricités est troublé dans les corpà. Cette question se rattache à l'étude des phénomènes molécu- Wneà; dès lors, sa solution est de première importance pour les sciences physico-chimiques. Bans le dégagement de l'électricité, la quantité obtenue de chacun des deux fluides est d'autant plus considérable qu'on a pris plus de précautions pour s'opposer à leur recom- P»ition au contact ; conséquemraent, plus les corps d'où s'échappent te deux électricités sont meilleurs conducteurs, plus il faut créer d'obstacles pour éviter la recomposition. C'est en cela que consiste vart de l'expérimentateur; et, malgré les efforts faits depuis vingt

(*) Trarf^ de tékciricité et du magnétisme,

30 ELEKIENTS DELSCTBO-CHIUIE,

ans pour le perfectionner, on ne peut encore recueillir qu'use tu faible portion des deux ëleetricités devenues libres à l'instant où li équilibre est rompu. On peut dès à présent poser en principe , q que soit le mode d'action employé , que lorsque la décomposition fluide naturel se fait plus rapidement que ia recomposition, la ti siou>deB deux fluides dégagés augmente jusqu'à ce qu'il y oit éqnilUw entre la décomposition et la recomposition.

A piirt le but scientifique qu'on se propose quand ou étudie i dégagement de l'électricité, il enestnn autre très-important qu'on doit jamais perdre de vue. En effet, le fluide électrique étant un ag( extrêmement énergique non-seulement comme puissance chimique mais encore comme puissance mécanique, on doit s'atlaclier à recbn cher les moyens les plus efficaces d'en recueillir la plus grande qau tité. Cette question est du même ordre que celle qui concerne la pf» duction et l'emploi de la chaleur dans les arts; car on cherche combustibles les meilleurs et les plus économiques, ainsi que les pi cédés les moins dispendieux , pour recueillir la plus grande porllOI de chaleur dégagée dans les actes de la combustion.

Jadis, on considérait le dégagement de l'électricité comme phénomène isolé ne se raltacliaut à aucun autre, et mettant sn ment en évidence une propriété de la matière. Fabroul, et après tt Davy , sont les premiers qui aient essayé de démontrer que ce d^ gement avait des rapports avec les affinités qui se manifestent àm ' contact des corps. Depuis Itirs , le dégagement de l'électricité 4 étudié, particulièrement dans ses rapports avec les actions ébb ques ; il en est résulté que l'on a reconnu la présence de l'électricij dans une foule de circonstances où on ne la soupçonnait pas jadis. Quiconque veut aujourd'hui créer une théorie électro-chimiql doit commencer par faire une étude approfondie des phénomène! latifs au dégagement de l'électricité , surtout dans les actions dt ques, si l'on ne veut courir la chance de l'établir sur des bases. stables- D'après cela, il y a nécessité d'étudier avec le plus grandi toutes les questions relatives au dégagement de t 'électricité.

Lorsque deux corps mauvais conducteuJ'S sont frotté-s l'un coi l'autre, celui dont la surface est vitreuse ou polie prend en général W lectrlcité positive , et celui dont la surface est terne ou couverte d'W pérîtes , l'électricité négative. C'est ainsi que si l'on frotte un tube d< verre poli contre un autre tube dépnll, l'un et l'autre très-secS; premier prend l'électricité positive et le second l'électricité négaUffr On peat regarder comme un foil assez général que , dan» le i"

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ntt, tontes les fois que les molécules d'une surface peuvent vibrer Bve-c plus de facilité que (telles d'une auti-e surface contre laquelle on la frotte, ces molécules ont une tendance à prendre l'electricilc négative. C'est pour ce motif que lorsque l'on frotte un morceau de verre à la température ordinaire contre un morceau de verre semblable, mais dont la température est plus élevée , le dernier, dont les moleraies sont plus écartées et dans lesquelles la force de cohésion est diminuée , a une tendance à prendre l'électricilé négative.

Ces préliminaires bien compris, passons aux effets électriques produits dans les actions mécaniques.

Lorsqu'on clive rapidement une lame de mica dans l'obscurité, en aperçoit une faible lueur pbosghorique , qui est toujours accompagnée d'un dégagement d'électricité. On trouve effectivement que chacune des faces séparées possède uq excès d'électricité contraire ilout riutensité est d'autant plus grande que la séparation a été plus rapide. Ce phénomène ayant toujours lieu , quelque mince que soit la lame de cuivre , on peut en conclure qu'il se reproduirait encore à la limite, c'est-ô-dire,s'll était possible de séparer l'une de l'autre deux œoiécules. Ces faits prouvent deux choses : i" que les molécules posiident au moins deux faces douées de facultés différentes , car, sans cela, on ne verrait pas pourquoi une des lames do imerait une électrlcilé et l'autre lame l'électricité contraire ; 2° que chacune de ces Arb manifeste une polarité électrique à l'instant où l'on détruit la box d'agrégation. Les actions chimiques, comme nous le prouverons, conduisent aux mêmes conséquences. On trouve la même propriété dans tontes les substances rangées parmi les corps mauvais ou médio- Ws conducteurs. On peut donc poser en principe que toutes les fois I Ipie l'on sépare deux molécules réunies en vertu de la force d'agréttOD, chacune d'elles emporte un excès d'électricité contraire, pourvu toutefois que les corps auxquels elles appartiennent ne soient pas tellunent bons conducteurs que la recomposition des deux électricités devenues libres suive immédiatement leur séparation.

Pour réussir dans ces expériences, il faut enlever aux cristaux la emit'lie d'eau hygrométrique qui adhère ordinairement â leur surtKc, et porter rapidement les parties séparées dans l'électroscope de Coulomb.

Deux lames de mica détachées du même cristal, rapprochées l'une de l'autre et légèrement pressées jusqu'à les faire adhérer, sortent ^ la compression chacune avec l'état électrique qu'elle posséda.it à, l'JMtant du cJivaffe. i'etfet est particuliferemenl maTtyift qpasA ^

39 ELEMENTS U ELECTBO-CHIUIE.

élève légèrement la température de k lame qui possédait \'ê& tifen sortaut du clivage.

Il est facile d'expliquer maintenant pouriiuui l'on ne peut recueili lir d'électricilé libre quand on broie, dans un mortier d'agate, dq cristaux de substiinces conduisant mnl l'électricité, car il y a recoiq position immédiate des deux éleelrieilés contraires dégagées m| deux lamelles contiguës. C'est par le même motif que l'on n'el> tient aucun effet électrique lors([iie l'on brise des corps cristaUM irrégulièrement ou formés de parties groupées confusément, caoun des tubes de verre, des bittons de gomme laque, etc., etc. On eat çoit de même pourquoi l'on n'observe aucun signe d'électritU libre dans le clivage d'un cristal conducteur de l'électricité, coRHl la galène, les pyrites et autres, attendu que la vitesse de sépi ration ne peut Jamais être assez grande pour empécber la recM position des deux électricités à l'instant ou elles se séparent. A (K fiiut d'électricité libre, on pourrait constater la présence de cet a^el au mnyea des effets électriques de niouveinent : ii cet effet, le crist devrait être mis en communication par deux points avec les boul du (il d'un galvauomètJ'e, Il est Infiniment probable qu'en cUtu rapidement le cristal, les deux ékcti'icités provenant de la destmctia de l'atlraetlon moléculaire, en suivant le fil pour se recorabiner, ml duiraient un courant qui réagirai!; sur l'aiguille aimantée. |

Passons anx effets électriques produits lors de la deslructîMi i l'attraction moléculaire entre deux substances hétérogènes. Sii'q verse dans un verre conique , préalablement chauffé, du aoulrec fusion , et que l'on plonge dedans avant qu'il soit refroidi un tabei vene, pour retirer le soufre du verre,OD trouve, après la solidiflcatigl que, lorsque l'on enlève le cône de soufre, le verre possède un eui d'eiectrieité négative, et le soufre un excès d'éleclricité contraire- 1 chocolat, l'acide pbosphorique, après leur solidilîeation dans un veni donnent des effets semblables, ainsi que leprolo-chlorure detoeroM lorsque, l'ayant fait sublimer dans le col d'un matras, oneo séparen pidemcut quelques portions avec un tube isolant, à l'extrémité du^ se trouve un peu de cire molle. Nul doute que, dans ces expérifflofl l'effet ne provienne de In destruction de l'attraction exercée par |g molécules des deux surfaces qui adhèrent l'une à l'autre. On fl porté â croire que, lorsque le soufj'e s'attache au verre, il y a igt lement production d'effets électriques que l'on ne peut reconnaître | l'aide de l'expérience , mais qui doivent être en sens invertie des pi

CHAPITBË 11, 23

Nous sommes conduit aaturellemeot à parler du dégagement d'électricité par pression, c'est-à-dire, des effets électriques qui out lieu quaud on presse deux corps l'un contre l'iiutrc jusqu'au point de les Wre (jHeiquefois adliéj'er.

Libes est le premier qui ait observé qu'en posant sur un disque de bois recouvert de taffetas enduit d'une couche de résine élastiqoe, un disque de laiton ilxé à un mauche de verre , avec la préli ïautiou de ne lui faire éprouver aucun frottement , si l'on presse légèreroent le taffetas gooiraé, le disque de métal prend nn excès usez considérable d'cleetrieité négative : les effets sont inverses en (itcesaut avec frottement; des disques d'argent, de zinc, etc., ont dûBiié des effets semblables. Cette différence entre les effets de preliuii et ceux de fj'otteraent est des plus remarquables , et n'a pu être «pliquée Jusqu'ici.

Plus tard, Uaûy trouva qu'un cristal de spath d'Islande et quelfues autres sulislunces minérales jouissent de la propriété de deve- Llr électriques par In simple pression des doigts; mais cette propriété n'est pas aussi restreinte qu'il le pensait, car elle appaitleot à tous les corps, môme ù ceux qui sont conducteurs, pom'vu qu'ils soient iwléa. Pour mettre le fait en évidence, on forme, avec les substance que l'on veut essayer, de petits disques d'une épaisseur de qoelques millimètres que l'on adapte à des manches parfaitement ifolants; ou prend un manche daus chaque main, et l'on presse les diiqiies l'un contre l'autre; après les avoir retirés du contact, on les pr^jente au disque de clinquant de l'électroscope de Coulomb préalablement électrisé; on trouve alors que les deux corps possèdent chacun Une électricité contraire , pourvu toutefois que le corps soit mauvais eondueteur : le liège et le caoutchouc, pressés l'un contre l'autre, donnent , le premier l'électricité positive, le second l'électricité négative.

Les substances minérales cristallisées ayant un aspect vitreux, telles que la chaux sulfatée, la chaux flaaiée , la baryte sulfatée , prenoeot l'électricité positive quand elles sont pressées avec le disque de %e. Des fruits, tels que l'orange, comprimés par un disque .de mâme nature, lui communiquent, au contraire, un excès d'éleetritite positive ; a mesure que le fruit se dessèche et perd de son élasticité, 'ifmilté de s'éleclriser diminue. Plusieurs causes tendent à modifier 1« dégagement de l'électricité par pression : la première est le plus ou moins de conductibilité des corps. Si l'on emploie, par exemple, mjiigfuni» aoetiii de smeàu fltuadi9(iaâdBmtite.V,\\TL>j a.wuu4;b,j

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