‹ Éléments d'électro-chimie appliquée aux sciences naturelles et aux artsChapitre 6 sur 83 · D -CHIMIE · texte numérisé non relu

D -CHIMIE

effet produit, et il en est encore de même toutes les fois substances pressées sont conductrices de l'électricité. Il paraît qu'i l'instant où l'on exerce la pression, il se forme un nouvel état d'équi-4 libre ealre les deux fluides qui composent le tluide naturel des mo-j lécules en coutnct : tant que dure la pression , ces deux fluides sont! neutralisés l'un par l'autre; ainsi, malgré leur attraction réciproque, leur tendance à passer d'uu corps dans l'autre, ils troa?eiitj dans la pression une force qui neutralise ces deux actions. Quand les corps sont bons conducteurs , dès l'instant qu'une diminution dn pression a lieu, les deux fluides se recombinent instantanément, quellJ que soit la vitesse de séparatjpn , tandis que, lorsque l'un d'eux n'es(l pas bon conducteur, une diminution de pression n'entraîne pas ini' mcdiatement la recomposition des deux électricités , laquelle mi plus ou moins de temps à s'effectuer, suivant le degré de conduclî' bililé des deux corps pressés. L'expérience suivante met en évidenc l'influence de la vitesse de séparation dans les effets électriques pression :

Pressez un disque de liège sur une orange, et retirez-le ensuite vi veraent, il emporte avec lui un excès d'électricité positive assez coi stdÉrable; mais si on ne le retire que lentement, on trouve que excès \a en diminuant ; et si la vitesse de séparation est très-leutê, elle devient à peine sensible,

La chaleur modifie les phénomènes de pression. Si l'on prend ai bouchon de liège bien sec, et qu'on le coupe par la moitié avec m instrument tranchant, en pressant les deux parties séparées Tune contre l'autre, assez ordinairement elles prennent chacune un excès d'i lectriclté contraire; mais il arrive souvent aussi qu'elles ne sont élecLrisées. Si l'on élève de quelques degrés la températui'edel'un deux disques, celle de l'autre restant constante, on trouve que partie chauffée prend à l'autre l'électricité négative. Deux mon de spath d'Islande, à la même température, ne sont pas électriqmi par pression; mais il sufût d'une différence très -légère pour lenc donner cette faculté. A température égale, les deux disques de Héffi ne doivent leurs facultés électriques de pression qu'à une dUTérenH dans l'état de leur surface : celle qui a le plus d'aspérités prend toujours à l'autre l'électricité négative. L'état des surfaces dans les coips mauvais conducteurs influe aussi sur leur qualité conductrice, ctf le spath d'Islande, qui est rangé parmi les corps les plus maavm conducteurs (puisqu'il conserve pendant des semaines entières l'élec-' tricité qu'on lai a communiquée), &e\ieii.t «\i!E&bo.mawat boa o

GHAPITBE II. 25

tear quand on lui a enlevé son poli, pour qu'il soit nécessaire de Tiso- 1er si l'on veut qu'il conserve son électricité pendant quelque temps. Les aspérités déterminent donc non-seulement l'espèce d'électricité que doit prendre un corps mauvais conducteur, mais elles modifient encore son pouvoir conducteur.

Pour mesurer les effets électriques de pression, il faut un appareil qui permette à volonté de varier les causes qui influent sur leur pro* duction (*). L'expérience prouve que les intensités électriques croissent proportionnellement aux pressions , pour des pressions qui ne dépas-i sent pas 10 kilogrammes. Cette loi s'étend-elle à des pressions plus élevées? Il est difficile de répondre à cette question. M. Péclet a entrepris à cet égard quelques recherches , en vue particulièrement de déterminer l'influence de la pression, de la vitesse, etc., sur le dégagement de l'électricité dans le frottement; mais les résultats qu'il a obtenus ne peuvent être appliqués en rien au cas actuel ; nous en parlerons, au surplus, en traitant des effets électriques de frottement. Nous ferons seulement remarquer qu'il est probable que la quantité d'électricité que prend chaque corps pendant qu'on le comprime est dépendante du degré de l'attraction que les molécules des surfaces exercent les unes sur les autres; mais comme on ne peut apprécier les rapports existant entre l'attraction et la pression , ou le rapprochement plus ou moins grand des molécules, il est impossible de déterminer les rapports entre les quantités d'électricité correspondantes. La difficulté de séparer instantanément les deux corps comprimés, sans passer par des pressions intermédiaires, successives, rend pour ainsi dire impossible la détermination des rapports en question.

£q considérant la manière dont le dégagement de l'électricité croit dans les corps par l'augmentation de la pression , ne peut-on pas y rapporter certains phénomènes lumineux dont on ne connaît pas encore bien l'origine? On dit, par exemple, que dans les mers polaires il arrive souvent que des blocs de glace, en se heurtant, font jaillir de la lumière. Ces blocs énormes arrivent à la rencontre les uns des autres avec des quantités de mouvement considérables ; leurs parties constituantes doivent donc éprouver une compression énorme qui les constitue dans un état électrique différent ; mais aussitôt que la compression a cessé , les deux électricités se recombinent ensemble pour former du fluide neutre , et il en résulte une lumière plus ou moins vive, selon la tension de l'électricité dégagée.

(*) Vo^ez Traité efe l'électricité et du mag^étisme^ t. U, p, loo* ' ' '

Du dégagement de Véleciricité par frùUemenl.

Fourbira étudier lesefl'ets du dégagemeot de l'électricité par frottement, Dous cummenceroDS par les métaux, dans lesquels ces effiti De soDt pas aussi variables que dans les corps mauvais coDdiictean< lorsqu'il existe de légères différences dans l'état de leur surface.

Si i'ou soude à cliaeun des bouts du fil d'un multiplicateur iffl court une plaque de métal différeut, que l'on pnsse chaque bout un bouchon de liège évidé, de manière à pouvoir eoclifisser dedau la soudure, ainsi qu'une portion de la plaque, et mastiquant cell&d sur le bouchon afin de ne pas l'échauffer par le contact de la msls, et que l'on pose l'une sur l'autre les deux plaques, il n'y a aucun produità égalité de température; mais pour peu qu'on les fasse gliuir légèrement avec frottement l'une sur l'autre, chacune d'elles prend excès d'électricité contraire dont la recomposition par l'intermédiaiit du fil du multiplicateur donne naissance h un courant électrique. soumettant ainsi à l'expérience un cerlain nombre de plaques métoiOtques, on forme le tableau suivant, dans lequel chaque métal fH négatif par rapport à ceux qui le suivent, et positif par rapport métaux qui le précèdent :

Bismuth, palladium, platine, plomb, étain, nickel, cobalt, euîvic, or, argent, iridium, zinc, fer, cadmium, arsenic, antimoine, autiiriir cite, peroxyde de manganèse.

On voit que la plupart des métaux qui jouissent à peu près ds mêmes propriétés physiques et chimiques, ou qui se trouvent ass ensemble dans la nature , sont placés à cdté les uns des autres; citerons le palladium et le platine, le plomb et l'étaJn, le nickel et I| cobalt, le cuivre, l'or et l'argent, le zinc, le fer et le cadmium;^ ridium fait exception. Ce rapprochement n'est pas sans intérêt, pid)qu'il tend â montrer, comme on l'a déjà avancé, que les proprl^ électriques des corps ont des rapports plus ou moins directs avec l«|É propriétés physiques ou chimiques. On verra plus loin que cet oro^ est le même que celui obtenu a.vec des circuits composés de deux, i)!^ taux semblables , quand on élève la température des points de joitf^ tion. nous examinerons jusqu'à quel point la chaleur intervient ^tSf. le frottement. Les effets étant encore les mêmes quand les surfaçii sont dépolies , doivent dépendre , par conséquent , de la nature particulière de chaque métal.

Au lieu de plaques , opéreos avec des cylindres fei' et cutv)%.

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