CHAPITRE V. sot
iêdé des doubles décompositions ponr produire divers
composés analogues à ceux qu'on trouve dans la nature.
En terminant, nous dirons qu'on est parvenu par le miîme moyen, en employant le chromate de potasse, à obtenir le ehromate de plomb, absolument semblable à celui de la nature. (Voyez Traité félectririlé, tome Y, première partie, p. 28).
Il faut maintenant montrer comment on peut arriver à obtenir les mêmes transformations au moyen des forces électriques, but proposé.
Les méCbodes précédemment exposées nous mettent sur la voie;
tmt de suivre la même marcbe. Nous allons en faire une appllcaà la formation de In malachite.
] prend un tube en U , [irépnré avec de l'argile ; on verse dans des branches du bicarbonate de potasse , dans l'autre , une solution de sulfate de cuivre , et on plonge dans cbacune d'elles le bout 'l'une lame de cuivre recourbée. Par suite des effets déjà mentionnés, 'e cuivre est réduit sur la lame plongeant dans le sulfate; l'oxygène rt l'acide sulfurique sont transportés dans l'aufre branche ; il y a formation de sulfale de potasse et de double carbonate de potasse et de cuivre. Quand la lame est bien recouverte de ce double carbonate, on enlève la solution , on la remplace par de l'eau , et on continue l'opération; il y a de nouveau action voltaîque, L'oeide sulfurique et l'oxygène continuant à arriver , l'acide sulfurique décompose le carbonate de potasse; il se forme du sulfate de potasse, et l'acide carlionique, à l'état naissant, se combine avec l'oxyde de cuivre formé sur la lame de cuivre, où il cristallise en aiguilles avec le carbonate de cuivre, déjà formé lors de la formation du double carbonate. Il t'st bien entendu qu'il faut arrêter l'action à temps pour que l'acide sulfurique, après avoir saturé la potasse, n'aille pas réagir sur le carbonate de cuivre. Ce procédé électro-chimique est un des plus fé- Qtmàs en applications.
l^i^allération des méfnux considérée comme phénomène électrochimique.
^fallé
^^pns terminerons la partiequi concerne l'électro-cbimie inorganique en présentant quelques considérations générales sur l'altération des métaux. Pour bien se rendre compte de quelle manière influent les effets électro-chimiques sur les changements que peuvent éprouver les métaux, au contact de l'air humide et de divers agents chimiques, qui peuvent se trouver dans l'atmosphère, il faut partir de ce principe que lorsqu'un corps oxydable ou attaquable par un agent queico^^i»
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SOS ÉLÉMENTS D'ÉLECTSO-CniHIE,
est en contact avec on oxyde, ou un autre corps eondocteur, et qa' recouvei'ts l'un et l'autre d'utie eouehe d'humidité, il en résnlte une action électro-chimique, en vertu de laquelle le métal est plus attaqué que s'il n'était pas en contact avec un autre corps. Sans la présence de Tosyde, l'électricité dégagée serait perdue et ne pourrait en rien contribue)- à activer l'action chimique qu'éprouve le métal ; dans et cas, et toutes ies fois qu'il y a décomposition de l'eau, en préaeocfl de matières organiques, il y a ordinairement form.ntion d'ammo* Iliaque dans l'o7:yde ou le composé formé qui est le pAle négatif. Telle est la base sur laquelle on doit s'appuyer pour Interpréter le) changements plus ou moins rapides qu'éprouvent les métaux exposés à l'influence des agents atmosphériques ou autres. Noua allons cHer quelques exemples , en renvoyant le lecteur à notre Traité â'élecfrteité, tflmeV, impartie, page 41.
En premier lieu, le feret la (bnte, qui s'altèrent l'un et l'antrefailtant plus qu'il y a déjà quelques points oxydés sur leur snrftice.
En général les alliages de ftr et de différents métaux sont beaucoup moins o:; ydables que le fer, quoique les molécules de ces alliagn constituent autant de couples voltalques. Cela vient de ce que la fbrce de cobésion, qui est plus grande que dans les métaux non alliés, feiUporte quelquefois sur l'action vollaïque. Nous citerons, comme preove de In non altération de l'alliage, ces grandes masses de fer météorique renfermant du nickel et d'autres métaux , et qui se conserfent i l'air libre, sans altération bien sensible, depuis un grand nombre de siècles. Cependant, il y a des exceptions : le plomb pur est mrâns altérable que le plomb allié k l'étain, car on a trouvé des ÎDScriptiom antiques en plomb pur, parfaitement bien conservées, taudis qoe d'autres inscriptions , sur des lames de plomb allié à tïiut à fait illisibles , en raison de la décomposition de l'alliage.
Revenons à la fonte : la cohésion intervient encore , comme causa qui s'oppose ou qui favorise son altération. C'est ainsi que la fonte grîK ou noire, qui est tendre, moins aigre et plus poreuse, éprouve une al* tératlon, surtout la dernière, à cause du graphite qu'elle renferme, lequel , dans son contact avec la fonte ou le fer, détermine des voltalques.
La fonte blanche, qui est dure, aigre et cassante, est pea à l'air.
La fonte truitée, composée des deux précédentes, offre plaïdrt'fr ' sistance , et s'altère moins que la fonte noire. Passons à d'autres mé- VKOX.
CHACITKK V. SOS
^ciUvre n'est pas décomposé par l'eau; par coDséqaent, s'il w ripHtrait dans un milieu coutfiianL aeulemcut de Toxygèiie et de
l'eau, il né serait pas sensibkmcut décomposé; mais au contact de l'air reofermaut de l'acide carbuuique, il y a formation de carbo- Date de cuivre. Cette action est d'autant plus rapide, que le corps est déjà recouvert de corps étrangers. Quand ce métal a séjourné dans reao de mer ou daos des localités qui peuvent lui fournir différents i^ments, il en résulte de l'oxy-chlorure de cuivre et du proto^tyde de cuÏTre, du carbonate de cuivre vert et bleu , du peroxyde de cuivre. Outrouvemémedespiéces de monnaies anciennes, changées entièrumsnt en ce protoxyde ; ce qui ne permet pas de douter que l'oxygène n'ait été transporté de l'extérieur à l'intérieur par un elïet de eémenta&ia analogue à celui précédemment décrit.
Nous avons exposé , avec de grands développements , tout ce qui coDcerDe l'altération du cuivre, et les essais tentés pour préserver le deubloge en cuivre de l'action corrosive de l'eau de mer. Nous ne pouvons rapporter ici toutes les expériences que nous avons fait eonlaltre , ea raison de leur étendue. On en trouvera le détail dans notre Triàlé d'électricité , t. V, première partie, p. 55.
Le plomb qui reste exposé à l'air se couvre d'une couche de sous- Uyde de plomb d'un bleu grisâtre , dont la teinte devient de plus en plus IJDUcée. Ce métal s'altère également dans l'ean, qui acquiert promptement la propriété de réai^ir a la manière des alcalis ; mais son altération, sous l'intluence des agents atmosphériques, dépend particulièrement de l'état de ses molécules. C'esl: ainsi que le plomb btrajné éprouve un genre do décomposition assez singulier: il se feii:dflle, s'effeuille, comme si toutes les parties se désunissaient, et linit par a'oxyder complètement; aussi évite-ljKiQ de se servir de lames ainsi préparées quand il s'agit de les exposer à l'air humide.
A l'instant où ce métal s'oxyde, s'il se trouve dans uu milieu ou il y ait beaucoup de gaz acide carbonique, il se forme du carbonate de plomb sous la forme de lamelles; si la quantité est moindre et que l'actiou soit lente en raison du peu d'humidité, on peut avoir des cristaux.
Le contact d'un métal inoxydable, tel que l'or, avec le plomb, suffit pour altérer rapidement ce dernier. En effet , on n'a qu'à placer dans un lieu humide une médaille de plomb , l'ecouverte d'une feuille d'or appliquée par pression , elle ne tarde pas à se recouvrir d'une poussière blanche de carbonate de plomb, suflisamment épaisse pour r entièrement la couleur de l'or. L'air humide réagit sur le
VoJ^St
S04 ÉLÉMENTS D'ëLECTHO-CHIMIE.
plomb à travers les petits interatites de lu feuille d'or;
plomb formé se combine avec l'acide carbonique de l'atmosphère, et
se dépose peu à peu sur la surface.
L'argent, qui n'éprouve aucune altération de la part de f'air humide, se recouvre, dans lea lieux habités, d'une couche violette de sulfure de même métal. Le soufi-e est fourni par les émanatiom sulfureuses qui s'échappent du corps de l'homme.
L'argent se chauge rapidement en sulfure daus les fosses d'aisance. L'effet a lieu par cémentation , puisque !a forme ne change pas. Noni avons reproduit cette action électro-chimique (p. 274}. L'argent, par un long séjour dans la mer, se change en chlorure. Proust ayant examiné des pièces d'argent tombées au fond de la mer, trouva qoe dans un court espace de temps elles étaient recouvertes d'une croûte de chlorure d'argent d'uu demi-millimètre d'épaisseur.
Pallas assure qu'on a trouvé en Sibérie , dans un terrain imprégné de sel marin, d'anciennes monnaies tartares chargées de chionin d'argent.
Dans les appareils électro-chimiques , où l'argent est en contut avec une solution concentrée de sel marin et un morceau de charbon, il se forme des cristaux octaèdres de double chlorure d'argent el de sodium, lesquels sont décomposés au contact de l'eau. Celte dottUe combinaison ne peut donc avoir lieu que dans des dissolutions centrées; si la dissolution le devient de moins en moins, il sefw du chlorure d'argent qui cristallise.
Le Kinc qui reste longtemps exposé aux influences atmosphériqDeS se recouvre d'une couche de sous-oxyde qui , n'augmentant pas d"*palssenr, préserve l'intérieur de toute altération.
L'étain peut se conserver longtemps sans altération ; seulement si surface prend une tcinic jaunâtre et des nuances irisées qui indlqneat un commencement d'oxydation. Dans la terre, dans le cours àe plusieurs siècles, l'oxydation pénétre intérieurement dans le méitt.
Nous ne parlons que d'une manière générale de l'altération dei métaux soumis aux influences atmosphériques , attendu que de pte grands développements ne sauraient trouver place dans \ ments d 'électro-chimie.
CR4,PITBE TI.