CHAPITRE II
l’inflaence de la lumière solaire. Chargée d'une couche mince d’iode, la lame prit au liquide l’électricité positive ; avec une couche épaisse , l’effet fut inverse : dans le premier cas , la couche d’iodure d’argent passa à un état d’ioduration moindre ; dans le second, l’iode réagit sur l’argent. La déviation de l’aiguille fut de 45° à 50° , en opérant sous l'influence des rayons solaires.
Avec une couche épaisse d’iode et les divers écrans de verre coloré, on a eu :
Écrans.
Intensité du courant produit.
Rapports des efTets produits.
Verre Tiolet. .
jaune..
^ rouge..
Avec la vapeur de brôme, la lame d’argent exposée aux rayons solaires est devenue également négative relativement au liquide ; et l’action tellement forte qu’à la lumière diffuse la déviation fut de 50°.
La lame ayant été exposée à la lumière diffuse pendant 10', puis mise à l’abri du rayonnement et exposée de nouveau à son action, la déviation n’a plus été que de Z" à 4°; la réaction était alors en grande partie terminée. Une couebe de chlore, substituée à l’iode ou au brème, a produit un effet à peu près nul. Les effete électriques que nous venons d’exposer servent évidemment à reconnaître et même à mesurer jusqu’à un certain point les réactions qu’éprouvent les métaux et en général les corps conducteurs à la surface desquels on dépose des couches de diverses natures , sons l’influence des rayons solaires.
Passons à l’examen des effets électriques produits dans l’altération des chlorure, brômure et iodure d’argent sons l’influence de la lumière; effets intéressants à connaître pour expliquer un certain nombre de faits , et en particulier ce qui concerne les actions produites dans la photographie , sous l’influence des rayons solaires.
Commençons par le chlorure d’argent qui se change peut-être en sous-chlorure, sous cette influence, et qui, en raison de sa non conductibilité, ne peut être employé qu’en couche très-mince. Une des lames de platine plongées dans l’eau reçoit le chlorure nouvellement préparé ; on dispose ensuite l’appareil comme il a été dit précédemment. A peine la lame est-elle exposée aux rayons solaires , que le chlorure noircit ; l’aiguille du multiplicateur est aussitôt chassée dans un sens qui annonce que la lame est positive. Cet
99 ÉLÉMENTS b’ÉLECTBO-CHIHIE.
effjSt prQvieot de ce que le chlorure d'arj'cnt prend l'électricité positive qu’il trausmel à la lame de platiue avec laquelle il est en contact , tandis que le liquide prend l'électricité contraire. Cette expérience ne peut être faite avec une iame d'argent qui serait attaquée P^r le chlore provenant de la décomposition du chlorure, d’où résulterait un courant en sens inverse du précédent. Il faut tenir cotnpth de l’action du rayonnement solaire sur le platine, qui produit un courant en sens inverse, accusé par une déviation de 1 à 2°. L’or se comporte comme le platine.
Si l'on veut avoir l’effet électrique produit par la décomposition seule du chlorure d’argent, il faut interposer entre le métal et le chlorure une bande de papier non collé. Comme on diminue alors le pouvoir de transmission du circuit , on n’a plus qu’une déviation de 3 ou 4°. Pour que le chlorure d’argent adhère soflisarament à la lame, et qu’il ne s’en détache pas , on la chauffe doucement dans l’obscurité jusqu’à ce que le chlorure soit fondu ; les effets sont d’autant plus intenses que la couche de chlorure est plus mince.
Tels sont les phénomènes électriques produits dans l’action chimique de la lumière , dont nous nous servirons pour étudier cette action dans des circonstances où jusqu’ici on n'avait pu le faire.
M. Ëdm. Becquerel a construitun instrument auquel il a donnélenom ÿacUnomèlre électro-chimique (flg. 1 3, pi- 1), et à l’aide duquel il reconnaît les effets des rayons chimiques de la lumière solaire sous leur influence. Cet appareil est composé d’une tabie longitudinale de 2 à 3 mètres de longueur, sur laquelle est fixée une règle divisée, le long de laquelle peut se mouvoir, avec très-peu de frottement, une planchette de bois carrée, supportant une cuve à eau. Cette cuve, cubique, a t décimètre de côté. Dans son intérieur, rempli d’une solution étendue de sulfate de soude ou de toute autre substance conductrice de l’électricité, plongent deux lames d’argent de 25 centimètres carrés chacune , peu épaisses , et attachées à deux montants en cuivre par deux fils d’argent; ce sont ces montants, fixés sur la planchette, qui font communiquer les lames avec les deux extrémités du galvanomètre. En avqnt de la cuve à eau, et sur la planchette, sont placés deux écrans; l’un, en cuivre, est percé d’une ouverture verticale et rectangulaire de 1 centimètre de largeur, et ayant la hauteur de la cuve, au milieu de laquelle correspond l’ouverture ; de sorte que , en éclairant l’écran, il n’y a que la position de la lame d’argent placée immédiatement derrière l'ouverture qui soit éclairée et qui reçoive les effets du rayounenment. L’autre écran, complètement opa-