CHAPITRE II
tant où commence cet état particulier auquel il a donné le nom A'électro-tonique. Pendant cet état, la matière ne possède aucune des propriétés relatives aux corps électrisés ou aimantés ; et l'état électrotonique est un état de tension équivalent à un courant électrique au moins égal au courant produit, quand l'induction a lieu ou qu'elle cesse. Suivant nous, à l'instant où le courant électrique commence, on peut concevoir qu’il réagisse sur une portion de l’électricité du métal voisin , de manière à chasser une des deux électricités dont la nature dépend du sens du courant, comme cela a lieu dans le dégagement de l’électricité par influence , mais avec cette différence toutefois que , dans le cas actuel, l’une des électricités chassées forme un courant instantané , tandis que l’autre , suivant une direction contraire, est attirée en quelque sorte par le courant, et devient libre aussitôt que le courant inducteur cesse. Puisqu'un courant électrique excite l’induction dans un fil métallique voisin , il doit produire également une induction dans son propre ûl ; c’est ce que l’expérience a prouvé.
Des appareils simples à courant constant.
Les connaissances que nous avons acquises sur les effet» électriques produits dans les actions chimiques en générai étaient indispensables pour concevoir la théorie des appareils électro - chimiques simples à courant constant, destinés à fonctionner pendant plus ou moins de temps, et celles relatives aux effets décomposants des courants électriques.Tant que l’on s’est borné à employer une lame de zinc et une lame de cuivre plongeant dans de l'eau acidulée et communiquant ensemble au moyen d'un fil métallique, on n’obtenait qu’un courant dont l’intensité diminuait rapidement , de sorte qu’en laissant continuer l’action , au bout d’un certain temps , il était incomparablement plus faible qu’en commençant. Pour parer à cet inconvénient, il faut disposer les appareils pour que l’action chimique soit toujours sensiblement constante, et que les lames ne se polarisent pas de manière à produire un contre-courant qui viendrait détruire l’effet du premier. Nous allons décrire les appareils qui remplissent quelques-unes des conditions exigées.
Le premier appareil (flg. 1 3 , pl. 1) est composé de deux bocaux en verre, dont l’un renferme une solution de potasse caustique concentrée, et l’au tre de l’acide nitrique également concentré. Les deux vases communiquent ensemble par l’intermédiaire d’un tube de verre recourbé rempli de kaolin ou d’argile exempte de carbonate de chaux, et humectée
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d'une solution de sel marin. Dans le bocal où se trouve l’alcali plonge une lame d’or ; dam l’autre , une lame de platine. Si l’on met en communication les deux lames nu mo3’en de fils d’or on de platine, on a un courant assez énergique provenant de la réaction de l’acide sur l’eau et le sel marin d’une part , de la potasse de l’autre, sur l’eau et le sel marin. La direction du courant montre que la lame plongée dans l’alcali prend l’électricité négative, et la lame plongée dans l’acide l’électricité positive ; la permanence dans l’intensité du courant pendant plusieurs jours annonce que les surfaces des lames ne sont point polarisées ; il est facile, en effet, de le prouver. Pendant que eet appareil fonctionne , le nitrate de potasse qui se forme k chaque instant est décomposé par l’action du courant ; l’acide est transporté an pèle positif, qui est la lame plongeant dans la potasse, tandis que celle-ci est transportée sur la lame négative qui plonge dans l’acide. Or, l’acide et l’alcali transportés, se trouvant en contact d’un cèté avec la potasse , de l’autre avec un acide , se combinent immédiatement avec les liquides environnants, de sorte que les lames sont toujours parfaitement décapées; dès lors il ne peut y avoir aucun effet secondaire. Le courant ne diminue d’intensité que lorsque le nitrate de potasse qui se forme peu à peu cristallise en assez grande quantité dans le tube de communication ponr interrompre la circulation du courant; dans ce cas. Il faut changer l’argile, inconvénient que l’on évite en disposant l’appareil de la manière suivante : le tube intermédiaire est tabulé à la coudure; les deux extrémités du tube ne renferment qu’une petite quantité d’argile retenue au moyen d'une lame très-mince de platine, et percée de trous pour laisser passer le courant, reste du tube est rempli d’eau salée qu’on peut changer à volonté. On peut aussi introduire les deux bouts du tube recourbé , en ies faisant moins longs, dans les deux tubes de platine, afin de recueillir une plus grande quantité de l’électricité dégagée dans la réoctiondes liquides; mais alors il faut éviter qu'ils soient soudés à l’or, attendu que l’eau régale qui se forme dans la réaction de l’acide nitrique sur le sel marin attaquerait ce métal. Si l’on veut donner plus d’énergie k l’appareil simple que nous venons de décrire , on substitue à la lame d’or, qui se trouve dans la potasse, une lame de zinc amalgamé qui , étant attaquée par la solution , produit un courant dirigé dans le ménne sens que celui provenant de la réaction de l’acide sur l’alcali, d’où résulte un courant unique d’une intensité plus grande que celle de chacun d’eux.
On peut encore adopter une antre disposition qui présente de&