CHAPITRE II
avantages dans les expériences en petit. On introduit de l’argile dans un tube de verre recourbé en U, d’un à deux décimètres de longueur et d’un centimètre d’ouverture, de manière à occuper plusieurs centimètres de la partie recourbée et humectée d’eau salée , mais de sorte qu’elle ne forme pas une pâte trop liquide. Au milieu de la coudure se trouve une petite ouverture; dans l’une des branches on verse de l’acide nitrique, et dans l’autre une solution de potasse ; puis l’on plonge le tube dans un vase qui renferme de l’eau dont le niveau est le même que celui des autres liquides. On met ensuite des lames de platine dans l’acide et dans l’alcali ; l’eau est destinée à enlever le nitrate de potasse à mesure qu’il se forme. Cette disposition peut servir encore à former de petits couples à courant constant composés comme il sera dit ci-après.
L’appareil de M. Daniel présente également des avantages; il est d’un emploi plus facile. Les principes sur lesquels repose sa construction sont ceux précédemment énoncés. Cet appareil a été modifié de diverses manières ; nous allons indiquer les dispositions le plus généralement adoptées, ab (fig. 14, pl. I } est un cylindre de cuivre, creux et fermé aux deux bouts ; il est lesté avec du sable pour éviter sa flottaison dans le liquide; à sa partie supérieure on soude une bande de cuivre de quelques centimètres, percée de trous et formant galerie, dans laquelle on place des morceaux de sulfate de cuivre; le cylindre se met dans un sac eu baudruche ou en toile à voile ; on l’entoure d’un cylindre de zinc amalgamé, et le tout plonge dans un bocal MN. Le diaphragme dans lequel se trouve le cylindre est rempli d’une dissolution saturée de sulfate de cuivre jusqu’à la hauteur de la galerie, de sorte que la dissolution étant en contact avec les cristaux de sulfate de cuivre se trouve toujours à l’état de saturation. Dans le bocal est une solution d’eau salée en quantité suffisante pour que les deux liquides soient de niveau. L’eau salée est préférable à l’eau acidulée, en ce qu’elle permet de faire fouetionner l’appareil plus longtemps, seulement la force est moindre. A la partie supérieure de chaque cylindre, cuivre et zinc , est soudé un appendice qui permet d’établk la communication avec les corps que l'on soumet à l’action d’un courant électrique. Dès l’instant que le circuit est fermé, il en résulte un courant par suite duquel le cylindre de zinc devient le pôle positif, et le cylindre de cuivre le pôle négatif du couple ; le sulfate ,de cuivre est décomposé, le cuivre se dépose sur le cylindre, dont la surface constamment brillante n’est point polarisée. Le zine amalgamé, en raison de ses propriétés, est peu polarisé, de sorte que la
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courant change peu d’intensité. Quoique très-usuel , cet appareil a uu inconvénient : on ne recueille que l’électricité dégagée dans la réaction du liquide sur l’une des faces du zinc. Mais on peut y remédier en formant le couple de la manière suivante : on dispose une auge en cuivre AB (flg. IS), munie de deux appendices creux ab, a\b' en biseau , communiquant avec l’intérieur de l’auge par plusieurs ouvertures, et remplis de sulfate de cuivre. Une lame de zinc amalgamé MN est placée dans un sac de toile à voile; en G et D sont soudés deux appendices. Dans l’auge ÂB, on verse une dissolution de sulfate de cuivre, et de l’eau salée dans le sac servant de diaphragme, puis le zinc et son diaphragme sont placés dans l’auge. En fermant le circuit, on a un courant très-énergique. Cet appareil permet de recueillir beaucoup plus d’électricité dégagée, parce que chaque face de la lame de zinc est en présence d’une surface de cuivre. C’est donc la meilleure disposition que l’on puisse adopter. Si l’on veut donner plus de force à l’action voltaïque, suivant les effets que l’on se propose d'obtenir, on plonge le bocal dans de l’eau , dont on élève la température. A 60 ou 80 “, la réaction de l’eau salée sur le zinc est telle que l’action décomposante du couple est énergique.
L’appareil suivant peut être aussi employé utilement. On prend pour diaphragme un cylindre enterre demi-cuite, que l’on remplit d’amalgame liquide de zinc dans lequel plonge une lame de platine fixée à un fil de même métal. Le cylindre est placé dans un bocal contenant une solution saturée de sulfate de cuivre, dans laquelle est un cylindre de cuivre entourant le diaphragme. En fermant le circuit, la réaction du sulfate de cuivre sur l’amalgame donne naissance à un courant dont on utilise l’action; des appareils à courant constant, celui-ci offre le plus d’avantages, car il peut fonctionner pendant un temps fort long. Le zinc consommé est remplacé par des morceaux de même métal que l’on met dans le cylindre qui contient le mercure.
Souvent il est plus commode, quand on ne veut pas faire fonctionner l’appareil très-longtemps, d’employer l’eau acidulée par l’acide sulfurique , et d’y plonger tout simplement une lame de zinc amalgamé et une lame de cuivre entourant les deux surfaces de zinc à la façon des couples à la Wollaston. Au moyen d’appendices fixés aux deux lames , on les met en relation avec les substances sur lesquelles on veut opérer. On peut imaginer bien d’autres dispositions ; mais elles se rapportent toutes à celles que nous venons de présenter : nous nous sommes attaché k donner celles qui offrent le
CHÀPIXBE III.
plus d’avantages dans les recherches scientifiques et les applications aux arts.
En réunissant plusieurs appareils et mettant en relation le cuivre d’un couple.avec le zinc de l’autre, on forme des piles dont nous ne nous occuperons que dans le chapitre suivant, attendu que, dans celui-ci , nous n’avons voulu traiter que du dégagement d’électricité et de la construction des appareils électro-chimiques simples, dont la connaissance est indispensable pour l’interprétation du mode d’action de l’appareil dont la découverte est due au génie de Yolta.