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SOUFRE

Ce corps se présente à nous dans la nature tantôt pur, en octaèdres allongés ou en cristaux dont la forme dérive de l’octaèdre; tantôt combiné avec des bases métalliques et constituant alors les sulfures, ou bien encore avec l’oxygène, en donnant naissance à de l’acide sulfurique qui se combine avec les bases terreuses ou métalliques. Sa présence dans les végétaux, et surtout dans les animaux, est accusée par l’odeur que ces derniers répandent quand ils se trouvent dans un

certain état de décomposition.

Densité du soufre pur 1,98

Capacité calorifique 0,1880

Indice de réfraction (Haüy) 1 ,938

Id. (M. Brewster et Young).. . . 2,008

Id. (Wollaston) 2,04

Id. natif (M. Brevister) 2,115

Id. fondu (Idem) 2,148

Pouvoir réfringent — - — (M. Brewster) 2,200

Faculté inductive comparée à celle de l’air 2,24

Poids atomique (M. Berzélius). | jh— i^^ ^ic'i 2

Il exhale une odeur particulière par le flottement , en même temps qu’il devient fortement électrique. Sa saveur est sensible et peut être

ÉLÉMENTS d’ÉLBCTBO-CHIMIE.

attribuée à sa réaction sur les liquides dont ics parois de la bouche sont humectées. Si on le chauffe brusquement , il se brise en éclat , preuve d’un changement dans sa constitution moléculaire ; c’est pour le même motif qu’il fait entendre un léger bruissement quand on le tient dans la main pendant quelque temps.

Le soufre soumis à l’action de la chaleur présente des propriétés physiques très-remarquables que nous devons mentionner. A lOO”, il est liquide, d’un jaune clair et transparent, et conserve cet état jusqu’à 140°; en élevant la température, il devient épais, visqueux; à 160° , sa couleur change , et de jaune qu’elle était , devient brune; en continuant à chauffer, il perd son état liquide. Entre 230 et 250° , sa couleur change de nouveau; elle passe successivement du brun ordinaire au brun foncé, au brun noir et au noir. A cette température, si on laisse refroidir le soufre , il passe par tous les états précédents qui indiquent autant d’états moléculaires différents; enfin, si, après l’avoir tenu en fusion pendant longtemps, on le verse dans l’eau, il se change en une masse brune et pâteuse, qui ne reprend de la solidité qu’au bout d’un certain temps.

On obtient ordinairement le soufre cristallisé en octaèdres en abandonnant à l’air une solution de cette substance dans le carbure de soufre , ou bien quelquefois par la décomposition lente de l’hydrogène sulfuré et des matières fécales.

Les protosulfures éprouvent à l’air deux genres de décomposition : souvent il se forme des protosulfates , d’autres fois , il se dépose du soufre avec formation de peroxyde. Les persulfures de fer, dans certaines circonstances, sont décomposés, le soufre est enlevé par un effet de cémentation, et est remplacé par une quantité atomique d’oxygène correspondante. Les pyrites qui éprouvent ce mode de décomposition sont ordinairement aurifères, ce qui semblerait annoncer que l’effet produit est dû à une action électro-chimique. Le soufre se trouve cristallisé dans les fosses d'aisances, dans des vieux platras, ainsi qu’on l’a reconnu dans ceux provenant de la démolition de la porte Saint- Antoine. Les sulfates , quand ils sont en contact avec les matières organiques, donnent naissance à du carbonate de chaux et à du soufre. Quiconque a visité les carrières de Montmartre, même dans les parties qui ne sont plus exploitées, et où l’on n’emploie plus la mine, a senti une odeur d’hydrogène sulfuré qui ne peut être attribuée qu’à la décomposition du sulfate de chaux par les matières organiques. Or le sulfate de chaux, l’eau, la substance organique, constituent un véritable couple voltaïque, comme un couple cuivre et zinc qui plon-

CHAFITBB IV.

IGâ

gérait dans l’eau , et dans lequel le sulfate de chailx représenterait le cuivre. La faible réaction qui a lieu doit donc être de beaucoup augmentée si la matière organique est très-carbonacée, attendu que l'électricité dégagée est mise à profit. Le carbone devient alors le pôle positif, et le sulfate de chaux, le pôle négatif. On pourrait objeeter que le sulfate de chaux et les matières organiques ne sont pas conducteurs de l’électricité ; cette objection serait vraie s’il s’agissait du transport de l’électricité dans les masses ; mais il ne faut voir Ici que des effets de surface , et l’expérience a prouvé, dans un grand nombre de cas, que les effets électro-chimiques s’opèrent à la surface des corps mouillés par les liquides. C’est par une cause semblable que lorsque l’on fait passer un courant , même d’une intensité modérée, dans uh vase de verre , de carbonate de chaux , de basalte ou d’un composé quelconque renfermant un alcali ou une substance insoluble renfermant de la potasse ou de la chaux , le courant , en glissant le long de la surface , décompose la combinaison alcaline od calcaire , et transporte ses éléments à leurs pôles respectifs. En général , les particules des corps sont tontes conductrices de l’électricité. Le soufre en est un exemple , puisqu'on peut le déposer au pôle positif; du reste , on sait que la conductibilité parait dépendre de l’arrangement des particules.

Nous ferons encore remarquer que lorsque deux corps réagissent l’un sur l’autre , même très-lentement, il se dégage une quantité considérable d’électricité. Si un troisième corps se trouve en contact avec les deux autres , l’électricité dégagée n’est plus perdue ; elle sert à donner une nouvelle énergie aux affinités, de sorte que d’effet qu’elle était , elle devient cause. Citons pour exemple la réaction de l’acide sulfurique sur le carbonate de chaux. L’acide peut être anhydre ou renfermer de l’eau. Dans le premier cas, il y a formation de sulfate anhydre, et dégagement de gai acide carbonique qui reste dans les cavités, s’il n’a aucune issue pour s’échapper. Dans cette réaction, l’a- Cide sulfurique prend l’électricité positive ^ le carbonate l’électricité négative; et si par hasard il se trouve quelques substances métalliques telles que des pyrites, ou bien des substances organiques qui se carbonisent promptement, il en résulte une foule de courants électriques partiels qui activent l’action chimique, et font naître de nouveaux composés dont la nature dépend de celle des corps environnants ou intermédiaires. Dans le second cas , les effets sont analogues, si ce n’est qu’il se produit du sulfate hydrdié. D’un autre côté, l’acide carbonique, en se dégageant, possède un ex-

ÉLÉMENTS d’ÉLECTBO-CHIMIE.

cès d’électricité négative ; l’eau vaporisée par suite de la chaleur dégagée dans les diverses réactions chimiques, emporte avec elle un excès d’électricité qui dépend de la nature des substances qu’elle tenait en dissolution. Si le gaz et cette vapeur se dégagent par de simples fissures, les effets électriques sont peu sensibles; mais si le dégagement s’opère par l'orifice des cratères, la quantité trèsabondante de l’électricité est indiquée par la présence des éclairs qui sillonnent cet amas de vapeurs.

Indiquons le procédé électro-chimique à l’aide duquel on obtient des cristaux de soufre, dont les dimensions peuvent croître pour ainsi dire indéfiniment quand l’opération est bien conduite. On prend deux bocaux en verre, dans l’un on verse une solution de sulfate de cuivre , et dans l'autre une solution alcoolique de sulfocarbonate de potasse; puis on établit la communication entre les deux liquides , d’une part avec un tube de verre recourbé rempli d’argile humectée d’une solution de nitrate de potasse , et de l’autre , avec un arc métallique composé de deux lames , l’une de cuivre, l’autre de plomb ; la première plongeant dans le sulfate , la seconde dans le sulfocarbonate. Dans cet appareil , le plomb est le pôle positif, et le courant a assez d’énergie pour décomposer le sulfate de cuivre : le cuivre est réduit; l’oxygène et l’acide sulfurique sont transportes sur le plomb. L’acide, dans son trajet, décompose le nitrate de potasse par suite d’une plus forte affinité pour la potasse que l’acide nitrique. L’acide nitrique et l’oxygène réagissent sur le plomb et le sulfocarbonate de potasse ; il se forme alors différents produits dont nous n’avons pas à nous occuper pour l’instant. Nous dirons seulement qu’une partie du soufre est mise à nu et cristallise en octaèdres à base rhomboidale sur la lame de plomb. Dans une expérience que nous fiines et qui dura un mois, ces cristaux avaient atteint un millimètre de longuéur. On obtient également de Jolis cristaux sur des lames de platine, au moyen d’un appareil dont nous donnerons la description , en faisant connaître un procédé pour obtenir cristallisés les sulfates insolubles.

SULFUEE DE BOBB. —

Sdlfübe de silicium. —

SULFUBE DE CABBONE.

— de sa vapeur 2,670

CHÀPITBB IV.

Sa tension à 22°,5 est de 0,3184

Indice de réfraction de sa vapeur (Du-

long) 1,001500

— du sulfure de carbone (Brews-

ter) 1,678

— ( Wollaston). . . . 1,645

Poids atomique d’après M. Berzélius. j

Le sulfure de carbone est tellement combustible , que lorsque l’on fait passer une étincelle électrique dans un mélange de sa vapeur et d’oxygène, il y a inflammation subite et détonation très-violente ; et crainte d’accident, il faut opérer sur le mercure dans un eudiomètre à parois épaisses, l’eau dissolvant la vapeur. Pour que toute la vapeur du sulfure de carbone soit décomposée , il faut que le mélange, à la pression et à la'température ordinaires, soit composé d'un volume de vapeur et d’un volume d’oxygène. On retrouve dans l’eudiomètre du gaz acide] sulfureux, du gaz acide carbonique et de l’oxygène en excès.

SüLFÜBE DE PHOSFHOBE. — '

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