CHAPITRE IV
tituent un couple capable de décomposer l'eau ; l’oxygène se porte sur le métal et l’oiyde ; l’hydrogène se rend sur l’oxyde et réagit sur les matières organiques absorbées, d’où résulte de l’ammoniaque. Il peut même sc former de l'ammoniaque par l’effet de la simple oxydation d'un autre métal.
Les oxydes de fer , à l’instant où on les retire de la terre , et avant même qu'ils aient été touchés ou qu’ils aient séjourné dans les maisons habitées, renferment également de l’ammoniaque, comme M. Boussaingault l'a reconnu par les moyens employés ordinairement. Ce fait tendrait à prouver que les oxydes de fer naturels proviennent du fer qui était primitivement à l’état métallique. Les expériences suivantes prouvent la formation de l'ammoniaque dans l’oxydation des métaux, et par suite dans les actions lentes. On prend des lames polies de zinc, de fer, de plomb ou d’étain, et l’on verse dessus une petite quantité d’eau, en y appliquant des bandes de papier de curcuma ; une demiheure après , il se manifeste déjà sur le papier à réactif des taches rouges qui prennent peu à peu de l’accroissement et disparaissent par l’action de la chaleur. Ces caractères sont tellement significatifs , que le fait annoncé est suffisamment prouvé. Nous aurons occasion dans le cours de cet ouvrage de citer plusieurs exemples de formation d’ammoniaque dans les décompositions électro-chimiques lentes.
^J)es tentatives faites pour isoler le radical de l’ammoniaque.
Nous sommes amené naturellement à parler de l’amalgame d’ammoniaque et de l’ammonium, que M. Berzéiius considère comme un métal constituant le radical de l’ammoniaque.
Après avoir découvert le potassium et le sodium , dont nous parlerons plus loin , Davy chercha dans l’ammoniaque un radical semblable. Il crut d’abord que le gaz ammoniac décomposé par l’étincelle électrique donnait une certaine quantité d’oxygène, mais cct effet ne provenait que de ce que le gaz n’était pas parfaitement privé d’eau ; car on prouva plus tard qu’on n’obtenait que de l’hydrogène et de l’azote dans les proportions voulues pour la décomposition de cet alcali.
Dans le but de rechercher si réellement il était possible d’isoler le radical de cet alcali , MM. Berzéiius et Pontin firent l’expérience suivante. Après avoir mis un peu de mercure au fond d’une capsule ' < de verre, ils y plongèrent un fil de platine eu relation avec le pôle négatif de la pile ; ils versèrent sur ce métal de l’ammoniaque caustique concentré, dans lequel ils firent plonger un fil de platine communi-
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