‹ Elements d'electrochimie appliquee aux sciences naturelles et aux artsChapitre 52 sur 111 · MAGNÉSIUM · texte numérisé non relu

MAGNÉSIUM

Poids atomique.

Ce métal, radical de la magnésie, est d’un blanc argenté et a beaucoup d’éclat ; il est susceptible d’être limé et étendu sous le marteau. A la température à laquelle se ramollit le verre vert, il s’enflamme et brûle avec un grand éclat, en produisant de la magnésie.

Poids atomique. „ ’

Davy, et les physiciens qui le suivirent , ont obtenu ce métal au moyen de l’électricité, et en employant l’action du mercure. Â cet effet, il faut préparer un sel de magnésie avec de l’hydrate magnésique, qui est presque entièrement insoluble dans l’eau avec laquelle on le délaye. La séparation du mercure par la chaleur s’opère lentement, et plus difficilement que lorsque l’on opère sur les amalgames des métaux alcalins, attendu que le magnésium décompose le verre avant que tout le mercure ne soit volatilisé. Le magnésium, qui renferme encore du mercure , est plus pesant que l’eau , et se décompose à ses dépens quand on l’y plonge pour former la magnésie; celle-ci étant très-peu soluble , la décomposition est très-lente , mais l’addition d’un acide l’accélère. Exposé à l’air, le magnésium ne tarde pas à se couvrir d’une couche blanche de magnésie. Davy, qui le premier eu a préparé l’amalgame, a reconnu qu’il fallait beaucoup plus de temps pour l’obtenir que pour produire ceux des métaux des terres alcalines.

On peut encore obtenir le magnésium en suivant la méthodeque nous avons indiquée en parlantdu silicium, oucelledeM. GoldingBird,qui n’est que la nûtre avec addition d’un couple; et, pour bien faire comprendre notre procédé, quelques détails nous ont paru nécessaires pour l’intelligencedesméthodes d’expérimentation électro-chimique.Quand on verse dans la branche négative d’un appareil électro-chimique simple, disposé comme nous l’avons dit et qui n’est autre qu’un tube de verre recourbé eu U , uue dissolutiou de chlorure de magnésium

CHAPITBE IV.

saturée , et dans la branche positive une solution de chlorure de sodium , et lorsqu’on met ensuite ces deux branches en relation avec une pile voltaïque, au moyen de lames de platine , on n’obtient aucune réduction du magnésium , mais bien dans la branche négative de la magnésie avec de la soude. Si l’on ajoute à la solution de chlorure de magnésium un dixième environ de son poids de protochlorure de fer, il y a réduction de fer à l’état métallique sans mélange on combinaison de magnésium ; il n’y a donc aucune affinité entre ces deux métaux, comme entre le fer, le silicium , le zirconium, le glucinm.

Il n’en est pas de même en opérant avec du chlorure de magnésium préparé dans une bassine d’argent; dans ce cas, le sel magnésique renferme une petite quantité de chlorure d’argent. Quand on se sert de l’action voltaïque sur une solution de cette nature , il se dépose sur la lame négative un dépôt gris , puis des tubercules de même couleur, enfin des cristaux octaèdres d’un blanc argentin qui possèdent toutes les propriétés du magnésium. Le dépôt gris parait être un alliage d’argent et de magnésium, tandis que les tubercules qui, sous le brunissoir, acquièrent un brillant métallique, sont du magnésium pur. On voit donc que la présence de l’argent a déterminé la réduction du magnésium , laquelle a continué même lorsque tout l’argent a été réduit. L’expérience, telle que nous venons de la décrire, ne réussit pas toujours; il est des circonstances, des causes qui, H l’observation, échappent. Mais quand l’expérience réussit, l’hydrogène se dégage en très-petite quantité, et pour ainsi dire d’une manière presque insensible. Dans ce cas, tout le gaz qui provient de la décomposition de l’eau est employé à la réduction de la magnésie.

Nos expériences ont été faites avec des piles de 30 , 60 éléments, chargées avec une dissolution légère de sel marin , et dont chaque élément présentait une surface de 16 centimètres carrés. Pour diminuer la vitesse du courant , on s’est servi d’un entonnoir de verre dont le bec, qui avait on décimètre de long , renfermait de l’argile légèrement humectée. L’entonnoir renfermait la dissolution de chlorure de magnésium , et son hec plongeait dans une solution de sel marin. Néanmoins, en opérant comme l’a fait M. Golding Bird on n’a besoin que d’un seul couple.

ALDMINIUU.

Ce métal, radical de l’alumine, base des ailles qui sont très-ré-

ÉLÉMENTS D’ÉLBCTBO-CHIHIE.

pandaes à la surface do globe , et dont l’abondance ne le cède peutêtre qu’à la silice , peut se préparer avec facilité à l’aide des forces électriques.

Poids atomique. „ ’

Tous les physiciens , en tête desquels on doit placer Davy , qui avaient essayé de retirer l’aluminium de l’alumine , au moyen de l’électricité à forte tension , n’avaient pas réussi ; et cependant , s'ils se fassent servis d’appareils simples fournissant de l’électricité à petite tension, ils auraient vu apparaître, non pas l’aluminium sous la forme de poudre grise comme l’obtiennent les chimistes , mais bien sous forme de cristaux dont l’éclat peut rivaliser ayec celui de l’acier poli.

Davy , dans ses Éléments de philosophie chimique , t. II, p. 406, s’exprime ainsi :

« Cette terre (l’alumine) ne se laisse pàs décomposer par son élec- « trisation avec le mercure, comme les autres terres. La première ex- «périencc dans laquelle j’obtins des marques évidentes de sa décomn position, fut faite en 1808, en fondant du fer électrisé négativement, « avec lequel l'alumine se trouvait en contact. Je mouillai la terre et «je la soumis à l’action d’une grande force voltaïque. Le globule de « métal obtenu était plus blanc que le fer pur; il produisit une légère « effervescence et se couvrit d’un poudre blanche ; sa dissolution dans « l’acide muriatique étant décomposée par un alcali , donna de l’alu- « minium et de l’oxyde de fer. »

On obtient l’aluminium en chauffant un mélange de chlorure d’aluminium anhydre avec du potassium, dans un creuset de porcelaine ou de platine, au moyen d’une lampe à alcool. Il s’opère dans l’intérieur du creuset un dégagement de chaleur dont on doit se garder, si l’on ne veut faire rompre le creuset quand il est en porcelaine. Quand l’opération est terminée , la masse fondue qui est au fond du creuset est d’une couleur gris noirâtre. Après le refroidissement, on plonge le creuset dans une grande quantité d’eau. La masse saline se dissout en laissant dégager du gaz hydrogène, ayant une odeur fétide, et il se dépose une poudre grise , qui, vue au soleil, parait composée de petites paillettes métalliques. On liltre, on lave et l’on faitsécher cette poudre, qui ressemble beaucoup à celle du platine , et qui n’est autre chose que l’aluminium. Les plus grandes paillettes ont l’aspect et le brillant métallique de l’étain. Au moyen de la pression, les parties se réunissent comme celles du platine , non pas précisément au même degré , mais en quantité suflisante pour former des parcelles douées de l’é-

CHAfllHK IV.

clat métallique. Dans cet état , ces paillettes ne conduiseut pas l’électricité, ce qui est un des caractères des métalloïdes ; néanmoins, quand toutes les parties sont fortement comprimées , le métal est conducteur : nous avons obtenu cristallisé raluminium en suivant le même procédé que pour le silicium , p. 154.

GLUCIUM.

Le glucium est, comme son nom l'indique , le radical de la glucine.

Poids atomique.

Et avant nous il n’avait pu être obtenu au moyen des forces électriques.

Davy, dans Philosophie chimique trad. franc., t. II, p. 40, s’exprime ainsi à cet égard.

« On a de grandes raisons de croire que la glucine soit composée « d’une substance particulière que l’on peut appeler glucium et d’oxy- « gène. J’ai acquis la preuve de cette nature de la glucine en chauffant «cette terre avec le potassium; ce dernier fut presque entièrement « converti en potasse , et il se trouva dans la masse des particules de « couleur sombre ayant un aspect métallique. Ces particules, par leur « échauffement à l’air, ainsi que par l’action de l’eau, reprirent une «allure de terre, et, dans ce dernier cas, l’hydrogène fut fort lente- « ment dégagé. »

Le procédé dont nous nous sommes servi est le même que celui pour obtenir l’aluminium, et nous l’obtinmes à l’état métallique cristallisé, combiné avec un peu de fer, ou sans fer, comme l’a fait depuis M. Golding Bird.

ZIBCOMUH.

Le zirconium est le radical de la zircone. Il se présente, quand il est préparé par le procédé chimique, sons la forme de petites masses d’une poudre noire comme du charbon, étayant de la cohérence, susceptible, sous le brunissoir , de prendre un éclat gris foncé. Il est mauvais conducteur de l’éleotricité , et par conséquent de la chaleur.

Poids atomique.

Page 1